Yverdon va devoir encore attendre

Yverdon va devoir encore attendre

La partie vient d’entrer dans les arrêts de jeu lorsque Juan Parapar se présente seul face à Jacques Zingg, légèrement excentré sur la gauche. Martigny mène 2-1 depuis la demi-heure de jeu et l’ailier yverdonnois a l’occasion d’offrir un point à son équipe. Le point du maintien? On ne le saura jamais, car l’Espagnol a échoué face à Zingg, qui pouvait serrer le poing. Martigny, à l’agonie il y a quelques semaines, est en train de ressusciter sous l’impulsion de son nouvel entraîneur Freddy Darbellay. Celui-ci a crié pendant 90 minutes contre tout le monde: l’arbitre, ses joueurs, les adversaires et n’importe qui passait devant lui et on doit dire qu’on a trouvé Vittorio Bevilacqua très calme lorsque ce même Darbellay exultait un peu trop exagérément à chaque fois qu’il en avait l’occasion, que ce soit un but, un corner ou une touche bien placée. On mettra ça sur le compte de la passion et le Martignierain a eu le mérite d’amener de la vie à une équipe qui en manquait avant son arrivée.

Les projecteurs s’éteignent au début des arrêts de jeu: nuit noire à Martigny!

Martigny s’est donc imposé de manière méritée face à Yverdon mercredi, mais aurait bien pu tout perdre en fin de match. Avec l’occasion de Parapar, déjà, mais aussi en raison d’un fait de jeu bien particulier. Les lumières se sont en effet éteintes d’un coup à la 91e minute! Une plongée subite dans le noir qui a surpris tout le monde. Une panne de courant? Pas du tout, non. Les projecteurs sont simplement programmés pour s’éteindre exactement à 22h15! Le match ayant commencé à 20h30, personne du côté de Martigny n’a pensé à ce « léger détail ». Panique à bord, donc, Martigny souhaitant absolument disputer les arrêts de jeu au plus vite. Le règlement de l’ASF semble en effet clair: « Quand un match officiel ne peut pas être terminé, l’autorité compétente de l’organisateur de la compétition le déclare perdu par forfait 0:3 par l’équipe fautive, indépendamment d’un protêt de l’adversaire ceci dans les cas suivants (article 59 chiffre 2): f) l’éclairage du terrain est insuffisant ou fait défaut pendant plus de 30 minutes, en raison d’une négligence. »

Le maintien pourrait être acquis ce week-end… sans jouer

Heureusement pour Martigny, la lumière est revenue après dix minutes environ et les arrêts de jeu ont pu se disputer sans aucun souci et sans occasion de part et d’autre. Yverdon s’est donc incliné et n’est pas mathématiquement sauvé. Avec sept points d’avance sur la barre, il n’y a pas trop à craindre, mais enfin, rien n’est encore fait et Vittorio Bevilacqua aurait bien aimé s’épargner le moindre suspense pour les dernières journées. Ce match, avancé de trois jours en raison du repas de soutien du MS ce week-end, aurait pu être celui du sauvetage: tant pis. Le maintien pourrait cependant être acquis ce week-end, sans jouer. Si le FC Bavois ne perdait pas face à Monthey, YS serait assuré de jouer en 1re ligue Classic la saison prochaine.

Aziz Demiri: « On n’arrive jamais à enchaîner »

Pas de quoi faire plaisir à Aziz Demiri, cependant: « C’est décevant de perdre ici, vraiment. Le problème, c’est qu’on n’arrive jamais à enchaîner. On ne peut pas gagner deux matches de suite! C’est frustrant et on n’arrive pas à s’expliquer pourquoi. Aujourd’hui, nous avons décidé de changer de système, en jouant avec deux ailiers. On voulait mettre de la vitesse sur les côtés, ce qu’on a réussi à faire, mais on a craqué ensuite. » Vrai. YS a pris l’avantage dès la première minute, sur une belle ouverture en profondeur parfaitement conclue par Juan Parapar. L’Espagnol, placé à droite dans le 4-3-3 de Vittorio Bevilacqua, a devancé la sortie de Jacques Zingg pour marquer le 0-1 et placer YS sur la voie du succès. Mais après, pardon, quel naufrage! Yverdon, privé de ses deux attaquants Bruno Valente et Astrit Hyseni (suspendus), n’a fait que subir. Aziz Demiri: « Nous n’avons aucune excuse. C’est vrai qu’on a modifié notre système en raison des absents, mais l’équipe qui était sur le terrain tenait largement la route! Avec les joueurs qui ont commencé le match, on ne doit pas craquer comme ça, on le sait. »

Martigny se crée plusieurs occasions avant la pause et fait tourner le match

Car YS, après l’ouverture du score de Parapar, a reculé d’une manière spectaculaire. Manuel Mvuatu et Marco Orsi, les deux attaquants valaisans, se sont amusés dans une défense aux abois et n’ont dû qu’à leur maladresse et un peu de malchance de ne pas égaliser dans le premier quart d’heure déjà. Il y avait à chaque fois un Yverdonnois pour intervenir en catastrophe, que ce soit le gardien Marc Ummel ou un défenseur. Martigny, qui avait aussi quelques absents, était la meilleure équipe sur le terrain et a fini par concrétiser sa domination. Franck Toye perdait un ballon à 30 mètres de ses buts, sous la pression de Manu Mvuatu et voyait le grand attaquant s’en aller défier Marc Ummel pour le 1-1. Deux minutes plus tard, Dorian Zambaz reprenait un ballon repoussé par ce même Ummel. Le match avait tourné en deux minutes, et, pour tout dire, on voyait mal comment cet Yverdon Sport-là avait une chance de revenir à la marque. Les actions nord-vaudoises en première période, en dehors du but de Parapar? Rien. Absolument rien.

YS attaque après la pause, mais Martigny résiste bien

La pause a fait du bien aux Yverdonnois, selon l’expression consacrée. Vittorio Bevilacqua a choisi de sortir Franck Toye pour le remplacer par Hasib Ferhatovic. Afin d’éviter que son défenseur central ne soit trop perturbé? Peut-être. Toujours est-il qu’YS a bien mieux joué en deuxième mi-temps, se créant quelques possibilités par un Juan Parapar très intéressant. Martigny commençait à son tour à reculer, se créant quelques possibilités en contre. YS poussait alors pour aller chercher ce match nul, mais les Valaisans, exhortés par leur entraîneur, tenaient bon. L’expulsion de Daniel Nida-Nida (deuxième jaune) ne brisait pas la belle dynamique yverdonnoise, qui se créait même des occasions à 10 contre 11, dont celle, énorme, de Juan Parapar à la 90e. Mais rien n’y a fait. 2-1, score final, et la bonne opération pour Martigny.

Encore un peu tôt pour tirer le bilan, mais…

YS n’est donc pas encore en vacances, et on aurait aimé écrire que le maintien était acquis pour tirer un premier bilan, à chaud, de cette saison. Ce sera pour plus tard, mais la chute, au moins, a été enrayée, et il serait très étonnant que le club évolue en 2e ligue inter l’an prochain. Après être tombé de 1re ligue Promotion en 1re ligue Classic, le maintien était la chose la plus importante et YS doit maintenant se stabiliser avant, peut-être, de retrouver les ambitions que ce club mérite d’avoir.

L’avenir, avec Vittorio Bevilacqua?

Il ne faut pas oublier que de nombreux changements sont survenus cette saison. Le club a connu trois présidents depuis le mois de juin, avec le départ de Jacky Pittet et « l’échange » entre Enzo Stretti et Mario Di Pietrantonio, le n°1 actuel, sans oublier toutes les péripéties liées au poste d’entraîneur. Aujourd’hui, YS a la chance d’avoir comme technicien Vittorio Bevilacqua. On n’a aucun conseil à donner au directoire d’Yverdon Sport, qui n’en attend sans doute pas de notre part, mais il semble clair pour tout le monde que la meilleure des choses à faire soit de tout faire pour essayer de continuer avec le Tessinois. Il a du caractère et de la personnalité? Ca tombe bien, c’est exactement ce qu’il manque à Yverdon Sport aujourd’hui. Sans même parler de ses compétences, démesurées pour la 1re ligue Classic, Vittorio Bevilacqua doit incarner le « projet YS » pour les années à venir. A-t-il des offres ailleurs? Peut-être. Le club a-t-il envie de le garder? Sans doute. Il est aimé de tout le monde en ville, il apprécie la région et sait comment y faire ici. Sincèrement, on en rêve: un YS porté par un directoire discret, mais efficace, avec un entraîneur qui fasse parler de lui par ses résultats et un coup de gueule de temps en temps, parce que personne ne le changera jamais. C’est aussi ce qui fait sa force. Alors, YS et « Vito », une année de plus ensemble?

Les hommes du match

Juan Parapar a été très bon. Percutant, très bon techniquement, il s’est montré à l’aise dans le 4-3-3 imaginé par Vittorio Bevilacaqua. L’ancien joueur de Serrières est un très bon joueur de 1re ligue et est l’une des satisfactions de la saison du côté d’Yverdon Sport. Anthony Ciavardini a été intéressant, juste derrière lui. Le latéral d’YS était blessé en début d’année, mais monte en puissance. Il n’est pas encore tout à fait à 100% et cela se voit, car on l’a déjà connu plus tranchant. Mais il se bat, défend bien et sa qualité de relance permet à YS de repartir par l’arrière. Son entente avec Parapar a été intéressante et le côté droit yverdonnois a donc fait bonne impression mercredi.

Les prochains rendez-vous

Echallens (6e) accueillera Martigny le samedi 24 mai, à 16h. Yverdon recevra YB II (4e), même jour, même heure.

Le plan-fixe

FC Martigny Sports – Yverdon Sport 2-1 (2-1)
Buts: 2e Parapar 0-1; 32e Mvuatu 1-1; 34e Zambaz 2-1.
Arbitres: M. Skalonja, assisté de M. Dumond et de M. Fiuza.

Martigny: Zingg; Liand, Thévenet, Sarni, Ndongabi (82e Maciel); Zambaz, Mehmetaj, Ambrosio, Alentejano (46e Pasche); Mvuatu, Orsi.
Entraîneur: Freddy Darbellay.

YS: Ummel; Ciavardini, Toye (46e Ferhatovic), Nida Nida, Dimonekene; Momo, Demiri, Pitronaci; Parapar, Charles, Gashi.
Entraîneur: Vittorio Bevilacqua.

Notes: Stade d’Octodure. Expulsion de Daniel Nida-Nida (70e, deuxième avertissement).

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