Yverdon Sport peut énormément s’en vouloir

Yverdon Sport peut énormément s’en vouloir

Surprise au coup d’envoi dans le magnifique et tout nouveau Birchhölzli de Guin, où Julien Marendaz avait décidé d’opter pour un audacieux 4-4-2. L’entraîneur d’YS a simplement jeté un coup d’oeil aux statistiques avant cette 13e journée. En deux phrases? Yverdon a la deuxième meilleure défense des 42 équipes de 1re ligue (10 buts encaissés) et la… 34e meilleure attaque (15 buts marqués). Priorité a donc été donnée à l’offensive, avec ce dispositif porté vers l’avant, où Ange Nsilu et Matias Chavarria occupaient la pointe, soutenus par Blake Smith et Allan Eleouet, deux vrais ailiers, sur les côtés. Florian Gudit et Shqiprim Morina étant chargés de verrouiller l’axe du milieu de terrain, Julien Marendaz a fait le choix fort de se priver de Sacha Margairaz d’entrée de jeu. Il fallait oser.

3-0 après 13 minutes!

La deuxième surprise du soir, en Singine? Guin menait 3-0 après… 12 minutes! Un coup-franc puissant d’Elvis Corovic (5e), une reprise de Fabian Brügger sur corner (11e) et une frappe soudaine d’Yves Schlapbach (12e) ont coulé Yverdon Sport d’entrée, sans que personne n’ait rien vu venir. Il serait difficile, voire même complètement malhonnête, d’attribuer ce naufrage de début de match au changement tactique de Julien Marendaz et on ne s’y risquera donc pas. Même, on pourrait retourner la situation en arguant du fait que l’entraîneur d’YS avait choisi la bonne tactique pour remonter un tel handicap, mais ce serait tout aussi malhonnête. La vérité est forcément quelque part entre les deux, mais disons qu’il est difficile de juger ce 4-4-2 vu la configuration du match.

Yverdon a eu quelques occasions de revenir

Après avoir mis le feu pendant un quart d’heure, Guin a en effet géré son avantage jusqu’à la mi-temps. YS a alors eu le ballon et s’est procuré quelques jolies occasions. Matias Chavarria a frappé de peu à côté (20e), avant qu’Esteban Rossé ne croise à peine trop son coup de tête (29e). La dernière action de la première période a d’ailleurs été pour l’Argentin Chavarria, dont la frappe est passée au dessus après une remise très subtile d’Ange Nsilu (42e). 3-0, score à la pause.

Deux changements de suite après la pause

Julien Marendaz a décidé de conserver son dispositif tactique en deuxième période, effectuant deux changements poste pour poste à la pause, Lianel Lauper remplaçant Isaac Bamele comme latéral droit et Sacha Margairaz entrant pour Shqiprim Morina. L’entraîneur d’YS ne voulait pas rester passif et voulait montrer à ses troupes qu’il y croyait encore. Guin, avant la partie, était 8e, cinq points derrière YS et il y avait bien une raison à cela, quand même! Cette équipe singinoise vaut peut-être mieux que son classement, mais elle n’a rien d’un cador. Et cela, il fallait quand même s’en rappeler parce que durant le premier quart d’heure, on avait l’impression de voir le Real Madrid dévorer une équipe de quatrième division espagnole à Santiago Bernabeu.

Comment a fait YS pour ne pas marquer?

Non, le SC Guin n’a rien du Real et Yverdon a mis les lacunes fribourgeoises en lumière après la pause. La seule question étant: comme les Yverdonnois ont-ils fait pour ne pas marquer, eux qui se sont procuré six occasions ultra-nettes en six minutes! Dans l’ordre? Une belle frappe d’Allan Eleouet, déviée en corner par un défenseur (61e). Une superbe frappe du même Eleouet, déviée en corner par le gardien (62e), après un passement de jambes magnifique du milieu de couloir yverdonnois. Dans l’enchaînement, sur le coup de coin, un cafouillage avec une immense occasion pour Babacar Dia Mbaye et Steve Samandjeu (63e). Ensuite, une tête splendide en arrière de Sacha Margairaz, déviée en corner par le gardien (64e), puis une tête de Dia Mbaye sauvée par le même portier (64e)! On finira cette série avec une frappe d’Ange Nsilu détournée par Roger Wingeier, encore lui (67e)!  Après cette tempête yverdonnoise, Florian Brügger a frappé sur le haut de la transversale (74e) avant que Ludovic Zwahlen ne gagne son face à face à Qendrim Makhsana (77e). 3-0, score final.

Un samedi de tous les dangers, maintenant

Cette défaite, si elle fait mal au moral yverdonnois, fait encore plus mal au classement. En gagnant, YS aurait mis la pression sur ses adversaires de haut de tableau ce week-end. Vu que cela n’a pas été le cas, Yverdon tremblera en consultant les résultats des autres équipes de tête, qui ont toutes un adversaire abordable à jouer ce samedi. Azzurri sera à Signal Bernex, Stade-Lausanne recevra Lancy, Bavois accueille Martigny, tandis que La Chaux-de-Fonds aura l’avantage de jouer à domicile face à Terre Sainte. Clairement, le risque est grand de foi YS décroché samedi soir.

Un enseignement positif, au moins

Finalement, le seul enseignement positif de la soirée aura été pour le président Mario Di Pietrantonio, qui a pu admirer le tout nouveau Birchhölzli. « Cela donne des idées », a d’ailleurs commenté le numéro 1 d’YS en effectuant la visite des lieux avant le match. Avec sa tribune toute proche du terrain, sa buvette de grande classe et son immense fitness à l’étage (plus de 50 machines), le Birchhölzli, c’est vrai, a une sacrée allure. Le prochain stade d’Yverdon étant en phase d’amélioration, il y a de quoi s’inspirer pour le président. Mais là, on parle de moyen, voire de long terme. A court terme, il faut penser à finir l’année sportive en beauté avant d’être très intelligent cet hiver dans la gestion de l’effectif, recrutement et départs compris.

Il a dit à Footvaud.ch

Julien Marendaz, entraîneur d’YS

Le 4-4-2 au coup d’envoi? Je voulais mettre de la pression offensive, jouer vers l’avant. Sur ce terrain synthétique, je voulais amener de la vitesse, qu’on pèse devant. On ne saura jamais si ça aurait marché ou pas vu que le match était plié après 12 minutes… J’ai pourtant essayé d’influencer les choses à la pause, en faisant entrer deux joueurs, ce qui était également une manière de secouer tout le monde, de montrer que ce n’était pas fini! Ce n’était absolument pas une sanction contre Shqiprim Morina, mais je voulais amener plus d’agressivité et de jeu direct avec Sacha Margairaz. On a fait une deuxième mi-temps correcte, lors de laquelle on aurait pu revenir si leur gardien n’avait pas réussi des arrêts de folie. Cette défaite fait mal, on constate que nos efforts n’ont pas suffi. C’est le foot, ça continue, et on a une semaine pour préparer le dernier match.

Les hommes du match

On a bien aimé le match de la charnière centrale composée d’Esteban Rossé et de Babacar Dia Mbaye. Les deux hommes sont extrêmement complémentaires et on ne peut pas vraiment leur reprocher le début de match et ce 3-0 d’entrée, puisque deux buts ont été inscrits sur coup de pied arrêté. Allan Eleouet mérite également une mention pour sa deuxième mi-temps, lui dont on ne cesse de répéter les évidentes qualités balle au pied. Son action de la 62e démontre à elle toute seule ce dont est capable ce jeune homme, le seul présent sur le terrain ce soir à pouvoir enchaîner un passement de jambes à toute vitesse et une frappe splendide en pleine lucarne de 25 mètres. Seul Roger Wingeier a empêché d’inscrire ce qui aurait été l’un des buts de l’année.

Les prochains rendez-vous

Joli dernier match pour YS, sur le terrain de Stade-Lausanne-Ouchy samedi prochain, à 17h. Réaction attendue, dès le début du match.

SC Guin – Yverdon Sport 3-0 (3-0)

Buts: 5e Corovic 1-0; 11e Brügger 2-0; 12e Schlapbach 3-0.

Arbitres: M. Stefan Horisberger, assisté de M. Jasmin Hasankovic et de M. Pasquale Tringaniello.

Guin: Wingeier; Suter, Cassara, Corovic (84e Marmier), Gloor; Brügger, Hartmann (65e Mora); Dindamba (76e Adjei King), Piller, Schlapbach; Makhsana.

Entraîneur: Martin Lengen.

YS: Zwahlen; Bamele (46e Lauper), Rossé, Dia Mbaye, Samandjeu; Eleouet (84e Ahamada), Gudit, Morina (46e Margairaz), Smith; Nsilu, Chavarria.

Entraîneur: Julien Marendaz.

Birchhölzli, 500 spectateurs.

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