Yverdon Féminin jouera son quart de Coupe de Suisse sans pression

Yverdon Féminin jouera son quart de Coupe de Suisse sans pression

«Ce match tombe à pic, on vient d’obtenir des résultats intéressants en amicaux et un bon point en championnat contre Saint-Gall. Si on met de côté la rencontre de ce week-end face à Zurich, qui évolue de toute façon dans un autre monde, on reste sur une série très positive». À l’heure de faire le point sur le quart de finale de Coupe de Suisse de samedi face à Staad, que les Yverdonnoises auront le privilège de jouer à la maison, le discours de Daniel Monney, coach des Nord-Vaudoises, se voulait plutôt rassurant. Réaliste, l’expérimenté entraîneur, passé, entre autre, par le Lausanne-Sports et le FC Fribourg, sait toutefois que ce n’est pas sur ce match que son FC Yverdon Féminin jouera sa saison.

Tirage favorable et équipe au complet

Si les premiers mots de Daniel Monney sont positifs, on imagine bien qu’ils sont, en grande partie, dû au tirage au sort, qui a attribué à ses filles le FC Staad, seule équipe moins bien classée qu’elles, à l’excpetion de Aire-le-Lignon, pensionnaire de 1re ligue. Si les Suisses allemandes ne se trouvent qu’une place et un point derrière les Vaudoises au classement de LNA, c’est bien la satisfaction d’éviter une des trois grandes qui réjouit leur coach: «On a eu de la réussite avec ce tirage. Recevoir une équipe à notre portée, ce n’était pas gagné. Mais maintenant, si on passe, on est quasiment assuré d’affronter une des trois meilleures équipes du pays, et autant dire que nos chances seraient maigres… Concernant samedi, je devrais pouvoir compter sur une équipe au complet, avec le retour de certaines joueuses qui auront un rôle clé à jouer, et qui étaient absentes jusqu’à maintenant, ce tour-ci. C’est une excellente nouvelle!».

La Coupe comme bonus

«L’objectif est cependant clair. On sait qu’Yverdon aime la Coupe, l’équipe l’a remportée à deux reprises ces dernières années, d’ailleurs. Toutefois le championnat et le maintien dans l’élite passent avant tout. Ça ne veut pas dire qu’on ne s’arrachera pas samedi, mais si on regarde le classement, on n’a qu’un point d’avance sur la barre, et ma mission est de nous maintenir en LNA. Cette rencontre, ce sera du bonus». Malgré la prudence de leur coach, nul doute que les «Vertes et Blanches» ne vendangeront pas une chance de passer en demi-finale, surtout contre une rivale qu’elles retrouveront lors d’un avant-dernier match de championnat qui pourrait être décisif.

«Quand je vois que les 1re et 2e ligues masculines reprennent en mars…»

Outres les problèmes que rencontre Yverdon Féminin à l’heure actuelle pour tenir son rang dans la plus haute ligue du pays, Daniel Monney pointe un autre souci du doigt: une reprise des compétitions prématurée, vraiment prématurée: «Bien sûr que le fait de reprendre le championnat début février nous pose un problème. On doit s’entraîner la plupart du temps dans des conditions affreuses. Parfois, on est obligé d’aller en salle, on n’a juste pas le choix, on ne possède aucun synthétique à disposition.  Ce n’est pas facile pour des filles qui doivent s’entraîner quatre fois par semaine. Quand je vois que les 1re et 2e ligues masculines reprennent entre le 5 et le 20 mars… Derrière, on nous dit que c’est pour l’équipe nationale. Peut-être bien, mais j’imagine qu’il y a quand même un meilleur arrangement à trouver à ce niveau-là».

Un football féminin romand en délicatesse

Malheureusement, ce ne sont de loin pas les seuls motifs pour se faire de cheveux blancs côté nord-vaudois. Avec un football féminin romand aux abois, c’est directement le fer de lance qui en pâtit. Et avec Yverdon comme seule représentente en Ligue Nationale A, la Suisse romande n’a pas à chercher bien loin la pointe émergée de l’iceberg: «Il y a de quoi être triste lorsqu’on observe la situation du foot en Romandie. En ligue A, il n’y a qu’Yverdon, et en ligue B, Chênois. On ne va pas bien loin avec deux équipes en ligue nationale… Où est-ce qu’on peut aller chercher des joueuses? En 1re, en 2e ligue? Vous voyez bien le problème. Et malgré ça, on doit lutter dans l’élite, avec des clubs comme Zurich, qui joue la Champions League, Bâle ou Lucerne… C’est pour cela que je peine à être optimiste quant à notre situation. Le maintien serait un véritable exploit!».

Avant de devoir tenter de grapiller des points à domicile face à Lugano et YB en championnat pour se donner un peu d’air sur cette oppressante barre symbole de relégation et sauver sa peau en LNA, Yverdon Féminin aura donc l’occasion de s’offrir un joli cadeau samedi, sur les coups de 16h, et de rejoindre les toutes meilleures équipes du pays dans le dernier carré d’une compétition qui ne laisse personne indifférent au sein du club.

Un article rédigé par Florian Vaney

Auteur

Ecrire un commentaire

Only registered users can comment.