Wiiliam Rochat et le sentiment du devoir accompli

Wiiliam Rochat et le sentiment du devoir accompli

Arrivé en juin 2003 au FC Genolier-Begnins, William Rochat va dorénavant s’occuper de la deuxième équipe. "Wils" peut laisser sereinement la place à son adjoint Marc Studer. La "Une" a accompli un beau championnat, terminant cinquième derrière quatre très bonnes équipes (Vevey, Dardania, Forward et Pully), avec un contingent composé de 18 joueurs formés au club, sur 20. Comme toujours à Genolier-Begnins, un club très familial, la transition se fera en douceur. Entretien.

William Rochat, comment êtes-vous arrivé au FC Genolier-Begnins?

C’est une histoire un peu particulière! En fait, j’entraînais Gland, il y a dix ans. Nous nous battions avec Genolier pour le maintien en 2e ligue. Et à la dernière journée, alors que nous étions à égalité de points, on vient gagner ici, 0-1. Le président de l’époque, M. Defferrard, sur le chemin du vestiaire, me demande alors si je ne veux pas venir entraîner Genolier, puisque je quittais Gland. "Tu nous as fait couler, tu peux bien nous remonter!", m’a-t-il lancé! Je lui ai demandé une semaine de réflexion et j’ai accepté.

Pour une saison en 3e ligue, donc !

Oui, nous sommes remontés immédiatement. J’ai été entraîneur de cette équipe durant deux saisons en 2e ligue, et là, j’ai décidé de prendre un peu de recul, notamment pour ma famille. J’ai officié comme directeur technique, puis suis revenu à la tête de la première équipe.

Impossible pour vous de vous éloigner de ce club! 

C’est vrai que c’est un club spécial. Là, je viens d’y vivre quatre belles années en tant qu’entraîneur, dans une atmosphère vraiment idéale. J’irais même jusqu’à parler de club "fusionnel", sans exagérer! En fait, ce que j’aime dans ce club, entre autres, c’est qu’on peut y travailler dans la continuité. Avec mon adjoint Marc Studer, les choses étaient claires: au bout de quelques saisons, lorsqu’il se sentirait prêt, il serait amené à me succéder. On a discuté il y a quelques semaines, il m’a dit que c’était le bon moment pour lui. Pour moi, c’était parfait, et je suis très heureux de cette transition. Je pars avec le sentiment d’avoir fait le maximum, d’avoir été le plus haut possible. L’apothéose aura été les finales de promotion en 2e inter, devant 700 personnes, en 2011.

L’apothéose, cela aurait été de monter, non?

Bien sûr que si on avait pu… Mais ces finales restent un très bon souvenir. Thierrens est venu à cent à l’heure, et on a souffert d’entrée au match aller, perdu 2-4 chez nous. Mais la ferveur, tous ces gens au stade, c’était génial.

Genolier peut-il viser la 2e inter dans les années à venir?

Oui, je pense. J’estime que ce serait un rêve pour Genolier-Begnins d’aller en 2e inter avec ses joueurs, ses jeunes. Il y a de la place dans le district de Nyon. Le Stade Nyonnais et Terre Sainte sont plus haut, mais en 2e inter, il n’y a personne. Ce devrait être la place de Gland, mais s’ils ne veulent pas y aller, on la prend volontiers (sourire). On a une chance ici à Genolier-Begnins, c’est qu’on draine tous les villages du haut. On est un peu un club de montagne (rires). Et c’est vrai qu’en exagérant un peu, on a une mentalité plus villageoise, avec des joueurs qui montrent peut-être plus de solidarité, de cohésion. On a un vrai groupe, et cela se ressent. Notre première équipe est composée de joueurs du coin, formés au club. Les deux frères Jemmely, Julien et Greg, y sont revenus après avoir tenté leur chance ailleurs, et nous avons de bons renforts de l’extérieur, comme Michael Martinez.

Franchement, cette bonne atmosphère se ressent de l’extérieur. Mais le fait de se sentir bien ensemble, sans pression, n’est-il pas un frein à l’ambition sportive? Un certain confort pourrait s’installer. 

Non, je ne pense pas. Cette année, on a posé la question aux joueurs, ils étaient motivés à l’idée de jouer la promotion et de jouer en 2e ligue inter, avec tout ce que cela impliquait en terme de déplacement, d’entraînements…. Ils ont répondu oui à 90%. Ce groupe a du potentiel, et il est encore jeune. Avec 23 ans de moyenne d’âge et la qualité qu’il y a, cela doit être un objectif.

Quels souvenirs allez-vous garder de cette aventure à la tête de la première équipe?

Les finales, on l’a dit. Surtout avant le match (sourire). Sinon, notre victoire à Bex cette année a été un moment fort. On a gagné 8-1 là-bas, contre une bonne équipe, loin d’être ridicule. On a encaissé le 1-0, et après, on a joué comme dans un rêve. Des buts sur des actions de jeu, des centres, des passes précises.. Les garçons m’ont offert 90 minutes de football comme je le prône, en marquant encore à la dernière minute. Un excellent souvenir.

Vous allez donc entraîner la deuxième équipe. Quelle y sera votre mission?

Bon, déjà, il faudra voir en quelle ligue nous nous trouvons. Ce peut être en 3e ou en 4e ligue, suivant le résultat du dernier match. Marc Studer et moi aurions pu inverser les rôles, que je devienne son assistant. On y a pensé, mais j’aime trop coacher. Mon objectif à la "deux", que ce soit en 3e ou en 4e ligue, ce sera de faire jouer les jeunes, d’intégrer les juniors A Inter, qui sont peut-être un petit peu trop juste pour aller tout de suite en 2e ligue. Ils feront la préparation avec la "Une", mais devraient revenir chez moi ensuite pour continuer leur progression. On a un groupement avec Gland qui fonctionne bien pour les A Inter, et on va créer des A régionaux uniquement pour le FC Genolier-Begnins. Il y aura donc du monde à faire jouer dans un avenir proche.

Encore juste une dernière question, si vous permettez… Lorsqu’on vient jouer ici, à Genolier, la première chose que l’on remarque, c’est ce terrain en pente absolument incroyable! Allez-vous le remettre à niveau ou le conserver en l’état, comme une pièce historique? 

Ah, notre mythique terrain, il aura fait parler celui-là (rires)! Vous savez que si vous vous couchez sur la ligne de but du haut et que l’on place un des frères Jemmely en bas, vous ne le verrez pas? Il y a 2m50 d’écart! On a de très belles installations, un terrain synthétique à Begnins, une magnifique buvette, un panneau d’affichage pour le score… On grandit gentiment, on développe nos infrastructures, mais je peux vous rassurer: le terrain en pente de Genolier va continuer à faire partie de l’aventure!

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