Le «vrai» Marco Malgioglio est de retour

Le «vrai» Marco Malgioglio est de retour

Le meneur de jeu du FC Bavois est de retour à son meilleur niveau! Après une saison 2011-2012 compliquée, Marco Malgioglio, son pied gauche et sa vision du jeu, régalent à nouveau le public des Peupliers. Si Bavois est en tête, avec potentiellement six points d’avance sur Team Vaud M21, c’est à son collectif qu’il le doit, bien sûr, mais aussi, peut-être un peu, au retour en grande forme de son numéro 10. Entretien sans concessions, alors que Bavois se déplace à Baulmes, dernier de ce groupe 2, mercredi à 19h30, pour un match en retard aux saveurs "historiques" entre deux clubs dont la dernière confrontation remonte à la 1re ligue. Bavois, aujourd’hui, semble tout près de la retrouver, tandis que Baulmes est quasiment déjà condamné à la chute en 2e ligue régionale.

Marco Malgioglio, on a l’impression de vous avoir retrouvé au premier tour, de vous sentir plus heureux sur le terrain. Partagez-vous cette impression ?

Plus heureux, non, je ne dirais pas cela, mais je me suis remis en question, c’est vrai. Je suis arrivé ici après avoir joué en Challenge League et le haut du tableau en 1re ligue, et c’est clair que ce n’est pas la même chose, il faut s’adapter à un nouvel environnement. Avec Le Mont, j’ai fêté la promotion en Challenge League, ici, les six premiers mois ont été catastrophiques, avec la relégation au bout. Il y a eu d’autres choses à côté, avec la naissance de mon fils, le boulot… Les priorités étaient ailleurs, le foot était devenu secondaire, voire même tertiaire. J’ai pris un peu de poids, j’avais moins la tête au jeu. Et quand ta forme n’est pas olympique, le reste peine à suivre. Mon atout numéro un a toujours été ma technique, mais quand tu n’as plus le physique, ni la vitesse…

Quand est arrivé le déclic ?

A la fin de la saison dernière, j’ai fait le point sur ma saison, avec Bekim Uka. Nous sommes arrivés à la même conclusion : ce que j’apportais n’était pas suffisant. J’ai alors décidé de me prendre en main. J’ai effectué une préparation en solitaire et je crois que je peux dire que j’ai réalisé un premier tour satisfaisant. Cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti autant de plaisir en jouant.

Un bon premier tour de votre part, donc, mais aussi de toute l’équipe, leader à la pause. Comment jugez-vous ce FC Bavois 2012-2013 ?

Franchemeent, il y a un bon potentiel, beaucoup de qualités. Le groupe est assez homogène et on s’entend bien, sur le terrain et en-dehors. Cela se ressent au niveau des résultats, de la rigueur aussi.

Vous avez parlé de votre entraîneur Bekim Uka, lequel vit sa première expérience en tant qu’entraîneurs d’actifs, ici à Bavois. Comment le percevez-vous ?

C’était un très bon joueur, c’est un très bon entraîneur. Il connaît l’autre côté, il sait comment mener un groupe, et je le trouve excellent dans sa manière de gérer la concurrence. Il arrive impliquer tout le monde dans le projet commun. Il a clairement un avenir comme entraîneur.

La promotion est-elle un objectif clairement établi?

Oui, bien sûr, tout le monde l’a en tête. Chaque joueur a envie de jouer le plus haut possible, avec de meilleurs adversaires, plus de monde au match. Mais cela ne va pas être facile, on sait très bien que tout le monde nous attend, comme on l’a vu lors du premier match, il y a quelques jours contre Spiez (3-2). Le 2e tour, c’est toujours plus dur, les équipes qui doivent se sauver donnent tout, celles du milieu de tableau préparent la saison prochaine et les chocs sont rudes entre les trois ou quatre premiers.

Comment voyez-vous la lutte avec Team Vaud M21 ?

On a vraiment deux groupes différents. Eux ont tout à prouver, ils espèrent vivre une carrière de professionnel. Ils s’entraînent plus, ont sans doute eu une meilleure préparation que nous, sur des terrains synthétiques, dans des meilleures conditions… Parfois, ils peuvent même faire appel à des joueurs de la 1re équipe, mais ceux-ci ne sont pas toujours très motivés (sourire)…

A titre personnel, avez-vous envie de regoûter au monde professionnel ?

Non. Je l’avais dit à Serge Duperret, lorsque nous sommes montés avec Le Mont. La Challenge League, aujourd’hui, c’est impossible pour moi. Jouer à Locarno le vendredi, à 18h, lorsqu’on a un emploi, c’est compliqué. Allez dire à votre patron que vous n’êtes pas là ce vendredi, ni celui d’après. Ce monde-là est terminé pour moi.

Avez-vous des regrets ? Vous aviez les qualités pour vous y imposer…

Oui et non. J’aurais pu, c’est sûr… La virgule s’est faite lorsque je suis parti à Sion. Nous étions en tête de la LNB avec Yverdon, le club de ma ville, là où j’ai grandi, et je suis parti en Valais à Noël. A la fin de la saison, YS monte, tous mes potes font la fête et moi, je joue en 2e inter avec la réserve de Sion. Un nouvel entraîneur était arrivé, il ne me faisait pas confiance. Le tournant, il est là. Je suis parti à La Chaux-de-Fonds pour me relancer, mais c’était compliqué. Honnêtement, il m’a aussi manqué un peu de chance à ce moment-là.

Resterez-vous à Bavois, même si vous ne montiez pas cette année ?

Je suis bien ici, je ne pense pas que je vais partir, si on a toujours envie que je sois là. Du président aux joueurs, je m’entends bien avec tout le monde et j’espère bien aider le club à atteindre ses objectifs. Il y a un vrai engouement ici, avec un staff motivé. Le club est ambitieux, et progresse année après année, avec de belles infrastructures. Je veux aider ce club à grandir, sans mettre de barrière. Tout est ouvert dans le foot. Il n’y a que les joueurs qui se mettent des limites.

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