La victoire de l’espoir pour le FC Ecublens

La victoire de l’espoir pour le FC Ecublens

Condamné au retour immédiat en 3e ligue, le FC Ecublens? Non! Dimanche matin, à Chavannes-près-Renens, Hervé Perret et ses coéquipiers ont prouvé qu’ils ne voulaient pas couler. Ils ont mis de l’envie et beaucoup d’intensité dans ce qui était déjà le match de la dernière chance. Face à Benfica, qui pouvait faire un pas gigantesque vers le maintien en cas de victoire, Ecublens s’est imposé (2-3), montrant tout ce que l’on peut attendre d’une équipe qui joue sa survie: du jeu, de la grinta et une solidarité de tous les instants. Quel contraste avec les derniers matches…

Jean-Michel Perret, leur entraîneur qui a démissionné cette semaine (lire ici), a aimé ce qu’il a vu, lui qui a fait le déplacement et a été fortement ému par les marques d’affection de ses joueurs. Après le 0-2 et en fin de match, tous se sont précipités vers lui pour le remercier du travail accompli. « Cette victoire est pour toi », lui a même glissé le nouvel entraîneur, Carmine Gelato. Des moments forts pour une belle victoire, survenue au bon moment. Ecublens restait en effet sur neuf défaites consécutives!

Carmine Gelato: « La différence? La grinta »

Carmine Gelato est donc le nouveau technicien du FC Ecublens. Serviteur du club depuis 20 ans, il connaît bien la maison. Ancien joueur de 2e ligue sous ces mêmes couleurs, il entraînait les E1, avant de répondre à l’appel du comité pour les quatre derniers matches. « La différence? Vous avez vu des joueurs qui avaient la grinta aujourd’hui, voilà tout. J’ai amené ça dans le discours, je voulais qu’ils se bougent et c’est ce qui s’est passé ce matin. » Une certitude: l’attitude entre l’équipe que l’on avait vu perdre face à Bursins-Rolle-Perroy il y a une semaine (lire ici) et celle qui a battu Benfica n’avait rien à voir. Même sans Daniel Alvarez et Julien Stoller, ses deux défenseurs centraux, Ecublens a été solide et tranchant en contre. C’est vrai, Benfica a raté des montagnes et aurait très bien s’imposer, avec un peu plus de réalisme, mais Ecublens n’a en tout cas rien volé. Ces trois points relancent complètement la course au maintien et Benfica ne peut pas encore se considérer comme sauvé. De le relégation directe, oui, sans doute. Mais l’ombre du match de barrage plane encore…

Cinq équipes sont en effet encore concernées par la relégation, à trois matches de la fin. Benfica (23 points), Orbe (20 points), SLO II (18 points), Concordia (16 points) et Ecublens (16 points). Benfica a donc de la marge et a les trois derniers matches suivants: à Pied du Jura, à Concordia et à domicile face à Bex. Ecublens, de son côté, recevra Concordia, ira à Bex et recevra Orbe. Trois finales.

Les buts splendides de Mattias Musco et Hervé Perret

Si le FCE les aborde de la même manière que son match de dimanche matin, il s’en sortira. Après une première demi-heure assez équilibrée, mais lors de laquelle Benfica aurait pu ouvrir la marque à plusieurs reprises par Luis Cabacas et Tiago Agostinho notamment, Ecublens a inscrit un premier but absolument superbe. L’action? Un débordement de Robi Papadia côté droit et un centre ultra-précis au deuxième poteau où l’attendait Mattias Musco. Celui-ci a repris, du plat du pied, ce ballon aérien pas forcément facile à négocier et l’a transformé en reprise imparable pour Joao Cardoso. 0-1 et une explosion de joie à la hauteur de la frustration ressentie ces dernières semaines.

L’allégresse allait être encore plus forte quelques minutes plus tard, lorsqu’Hervé Perret envoyait une jolie frappe de 25 mètres dans le petit filet du gardien lusitanien. 0-2 et une course folle pour le buteur… dans les bras de son père! Suivi par toute l’équipe, il traversait tout le terrain pour dire tout le bien qu’il pensait de « Titine » au moyen d’un t-shirt préparé, de son propre aveu, le matin même du match. 0-2, score à la pause.

Benfica n’a pas refait le coup de Champvent

Ecublens se mettait alors à y croire très fort, mais n’oubliait pas que Benfica avait également été mené 0-2 à la mi-temps sur sa pelouse par Champvent une semaine auparavant et avait fini par s’imposer 5-2. La différence? Carlos Cabacas avait pu faire son entrée. Cette fois, le fameux n°7 portugais était malheureusement indisponible, regardant le match depuis la touche. Sans son meilleur attaquant, Benfica est forcément moins efficace, même si Miguel Batista a réalisé une belle prestation dimanche matin. C’est d’ailleurs lui qui inscrivait le 1-2 d’une frappe puissante, mais déviée (54e), pour sonner la révolte des siens. Dès lors, Benfica allait connaître un quart d’heure très intéressant.

Jaime Martinez repousse tout, comme souvent ces derniers temps

Jaime Martinez, le très bon gardien d’Ecublens, allait pouvoir montrer toutes ses qualités durant ces quinze minutes, repoussant plusieurs tentatives de Luis Cabacas, Renato Ferreira, Carlos Moreira et Miguel Batista. Des arrêts de grande classe ont permis au gardien remplaçant de Gian-Marco Tonso de s’illustrer et Ecublens pouvait conserver son avantage. Clairement, la tempête était en train de s’abattre sur ses buts et c’est dans ces moments-là que le reste de l’équipe doit être capable de frapper en contre pour se donner un peu d’air. Ecublens l’a fait.

La longue balle précise d’Yvan Gaudioso, la finition parfaite de Robi Papadia

Benfica cherchait absolument le 2-2 et se déconcentrait un peu défensivement. Le problème? Du côté d’Ecublens rôde un certain Robi Papadia, qui a montré toute sa classe à la 70e. Yvan Gaudioso lui adresse un long ballon parfait, dans le dos de la défense. Papadia contrôle, dribble son défenseur, se met sur son pied droit et envoie une frappe puissante au premier poteau. Joao Cardoso n’y peut rien: 1-3! Celui qui alterne les matches avec Yann Jeanmonod dans les buts de Benfica a passé une matinée bizarre: il ne peut rien sur les trois buts, tous splendides, et n’a pas trop touché le ballon à part ça! Il y a des jours comme ça…

Le penalty de Luis Cabacas n’a pas suffi

Car oui, clairement, Benfica a eu les plus belles occasions dans ce match et doit à son manque de réalisme de ne pas être revenu dans la partie. Mais ce serait réducteur de ne parler que de ça et de ne pas souligner qu’Ecublens a forcé son destin. En se battant sur chaque ballon, en voulant cette victoire, les visiteurs ont mérité de repartir avec les trois points, même s’ils ont eu peur jusqu’au bout. Un penalty de Luis Cabacas (pour une faute de main) a permis à Benfica de revenir à 2-3 et de pousser jusqu’au bout pour l’égalisation. Les esprits s’échauffaient alors un peu, de manière tout à fait normale dans un match important pour le maintien, et sans que la situation ne dégénère le moins du monde.

De la difficulté d’arbitrer des jumeaux…

Il y a eu, en fait, une seule situation un peu bizarre, celle de la 90e minute. Les faits? Pedro Rodriguez et Carmelo Farinato sont à la lutte pour un ballon. Le Portugais le protège et le laisse sortir en touche, mais se prend un coup de pied volontaire de la part du défenseur d’Ecublens. Rodriguez se retourne et vient poser sa tête contre celle de son adversaire en lui demandant comment se porte sa santé mentale en des termes que l’on fera semblant de ne pas avoir entendus. M. Hicham Matni accourt alors et expulse d’abord Farinato. Rouge direct. Il sort ensuite un carton jaune à Pedro Rodriguez, puis le rouge pour un supposé deuxième avertissement. Le latéral gauche de Benfica proteste alors et jure qu’il n’a pas déjà reçu de carton jaune dans cette partie. M. Matni lui indique qu’il le reconnaît parfaitement, qu’il en a bien reçu un et lui montre le n°25 inscrit dans son carnet. Hors, Pedro Rodriguez a le n°20 et M. Matni s’est rendu compte de sa confusion en voyant approcher le n°25, Jose Rodriguez… frère jumeau de Pedro! Tout le monde en a rigolé, les joueurs de Benfica et d’Ecublens les premiers et M. Matni a immédiatement reconnu sa confusion, avec le sourire. Sympa. Et que cet excellent arbitre se rassure: il ne tombera pas sur des jumeaux toutes les semaines!

Les deux néo-promus espèrent bien obtenir leur maintien

Au final, victoire donc d’Ecublens qui met un terme à son invraisemblable série de défaites et reprend espoir dans la course au maintien. Pour la première fois depuis des mois, il y avait de la joie et des sourires après un match et cela, forcément, doit donner des idées et de la confiance pour les matches à venir. Vivement la suite! A noter que ce match, on ne l’a pas dit, était un choc entre deux clubs néo-promus, qui évoluaient d’ailleurs dans le même groupe de 3e ligue la saison dernière.

Benfica, de son côté, doit assurer au plus vite le maintien pour préparer la saison prochaine, celle de la consolidation. Ricardo Rocha, arrivé cet hiver, a fait de l’excellent travail. A lui de continuer dans ce sens et au club de continuer à se structurer pour s’installer durablement en 2e ligue, un niveau qui lui va bien. De par la qualité de ses joueurs et de son niveau de jeu, Benfica a tout pour jouer un rôle significatif dans cette catégorie.

Les hommes du match

Du côté de Benfica, Miguel Batista a beaucoup tenté. Il protège bien son ballon et a pesé sur la défense d’Ecublens. Il a eu le mérite d’inscrire le 1-2 et a tout essayé pour égaliser. Une volonté sans faille. Mention bien également à Pedro Rodriguez, qui s’est démené sur son couloir gauche, tant défensivement qu’offensivement. Les trois frères, Pedro, Jose et Flavio, sont trois excellents joueurs, qui font le bonheur de Benfica depuis leur arrivée en Suisse.

Cyril Luyet a été le meilleur joueur sur le terrain. C’est bien simple, il a survolé cette partie de sa classe. Il n’a pas l’habitude de jouer défenseur central? Cela ne s’est pas vu un seul instant. Impérial dans l’anticipation et l’interception, il a remporté la majorité de ses duels non pas grâce à son physique, mais grâce à son intelligence et à son placement. Et quelle relance! Le Valaisan a été énorme, tout simplement. Mention très bien également à Mattias Musco. Il a détruit son couloir gauche à force d’accumuler les kilomètres dans les deux sens. Il a défendu de toutes ses forces, mais en a gardé pour percuter offensivement. Son but est splendide, et sa hargne, exemplaire, a déteint sur toute l’équipe. Un lion.

Les prochains rendez-vous

Match très important pour Ecublens, à domicile face à Concordia le samedi 24 mai à 19h. Benfica se déplace à Apples le dimanche 25 mai, à 16h, pour y affronter le redoutable FC Pied du Jura (7e).

Le plan-fixe

SL Benfica – FC Ecublens 2-3 (0-2)
Buts: 31e Musco 0-1; 34e Perret 0-2; 54e Miguel Batista 1-2; 70e Papadia 1-3; 76e Luis Cabacas, pen. 2-3.
Arbitres: M. Matni, assisté de M. Selimovic et de M. Mammoli.

Benfica: Joao Cardoso; Jose Pinto, Jose Rodriguez (51e Flavio Rodriguez), Gavrilovic (74e Gallizioli), Pedro Rodriguez; Tiago Agostinho, Vitor Hugo Da Moura; Renato Ferreira, Luis Cabacas, Baali (56e Carlos Moreira); Miguel Batista.
Entraîneur: Ricardo Rocha.

Ecublens: Martinez; Farinato, Luyet, Corrado, Nidegger; Charbonnet (34e Longo), Gaudioso, Bejar (62e Passaro), Perret, Musco; Papadia.
Entraîneur: Carmine Gelato.

Notes: Chavannes-près-Renens. 90e, expulsion de Farinato (coup de pied sur Pedro Rodriguez).

Categories: 2e ligue, FC Ecublens

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