Vevey s’est donné les moyens d’avoir des ambitions

Vevey s’est donné les moyens d’avoir des ambitions

Korab LimaniLe FC Vevey Sports 05 a terminé troisième en 2e ligue inter l’an dernier, douze mois après sa promotion. L’objectif cette saison? Faire mieux. Vevey est ambitieux et n’hésite pas à parler de 1re ligue. Pour ce faire, les dirigeants veveysans ont décidé de se renforcer assez nettement. Les arrivées des attaquants Jean-Charles Dubois et Bashkim Sukaj, ceux des milieux de terrain Henrique Amorim et du défenseur Mattia Lovato vont dans ce sens. La dernière recrue en date? Korab Limani (photo), ancien international suisse juniors, qui quitte Bavois pour rejoindre Copet. De plus, un dernier « gros coup » est en route, comme nous l’a confié le président William von Stockalper.

Les départs sont ceux de Jonathan Caeiro, Kevin Braichet, Driton Ukic, Mickaël Dogbé, Benjamin Malnati, Sébastien Le Neun, Florian Thibaut et Vito Preite, huit joueurs régulièrement alignés la saison dernière. Certains ont été libérés pour « services rendus », d’autres parce que l’appel de ligues supérieures était le plus fort (Caeiro, Le Neün). Enfin, coup dur, le défenseur central Zoran Djukic sera absent durant plusieurs mois en raison d’un voyage linguistique.

Vevey a donc choisi de changer passablement de choses pour franchir encore un palier. Cette stratégie sera-t-elle la bonne? Ugo Raczynski en est convaincu. Interview.

Ugo Raczynski, pourquoi tous ces changements à Vevey cet été?

C’est vrai que nous avons décidé de remanier un peu l’effectif, mais j’aimerais commencer par tempérer un peu cette affirmation. Quinze joueurs du contingent de l’année passée sont restés, tout de même.

D’accord, mais vous avez perdu quelques cadres quand même. 

Oui, nous avons choisi de nous séparer de plusieurs joueurs et d’autres ont décidé de s’en aller. En tout, une dizaine de joueurs nous ont quitté. Si vous voulez, pour répondre clairement à votre première question, nous étions satisfaits de la saison 2013-2014, mais nous estimons qu’il est possible de faire mieux. On peut faire plus et on doit faire plus. Il y avait un léger problème de mentalité.

Vous avez décidé de vous séparer de joueurs « historiques », comme Driton Ukic et Kevin Braichet. Sur le plan émotionnel, ça a dû être compliqué pour vous, non?

Oui, on peut le dire, vous avez raison. Kevin et Driton, j’ai joué avec eux, avant de devenir leur entraîneur. Bien sûr qu’il y a eu une certaine charge émotionnelle par rapport à cet aspect-là. Mais cela fait partie de la vie d’un club. Ces deux joueurs-là, puisque vous parlez d’eux, étaient en fin de cycle chez nous. Pas en fin de cycle de leur carrière de joueur, attention! Je ne me permettrais jamais de dire cela, mais sportivement, pour nous, nous avons décidé qu’il était temps de changer. C’était mieux pour eux, pour le club. Alors oui, il y a eu une partie émotionnelle, mais elle s’est effacée devant les intérêts du club, qui doivent toujours être prépondérants.

Un autre sujet d’inquiétude pourrait être votre ligne d’attaque, non? 

Comment ça?

L’an dernier, Jonathan Caeiro et Mickaël Dogbé ont marqué les deux-tiers, si ce n’est pas les trois-quarts de vos buts. Cette année, ils ne sont plus là. Il va falloir recréer des automatismes, non?

Je ne suis pas inquiet du tout à ce niveau-là. Nous avons un nouveau duo d’attaque très intelligent composé de Bashkim Sukaj et de Jean-Charles Dubois. Des bons joueurs comme ça, ils ne mettent pas trop de temps à trouver des automatismes, ça vient naturellement. Et on sera plus complets aussi. On ne dépendra pas d’eux deux pour marquer des buts, mais Juan Rodriguez pourra aussi s’illustrer, et les jeunes sont en train d’émerger et d’arriver véritablement au niveau. Par rapport à l’an dernier, on sera plus complets.

Avez-vous le sentiment que votre groupe est vraiment bien plus fort que l’année passée?

« Bien plus forts », je ne sais pas, c’est un grand mot. Mais sur le plan qualitatif, oui, je crois que nous sommes plus forts. Et au niveau de la mentalité également. On a amené des joueurs qui n’ont pas forcément cette mentalité de la Riviera.

C’est quoi, la « mentalité de la Riviera »?

Croire que tout est donné dans la vie, qu’on n’est pas obligé de se faire mal pour y arriver. Pour atteindre ses objectifs, il faut travailler et être présent dans les bons comme dans les mauvais moments. Surtout dans les mauvais moments, en fait. Cet esprit de gagne, on a pu en manquer. On s’est souvent retrouvé avec la possibilité de prendre la première place et on n’y parvenait pas. Après, il n’y a pas que ça. On savait qu’on serait plus attendus au deuxième tour qu’au premier, c’était logique. Au début de la saison, on était les néo-promus… On savait que ce serait plus dur, que les équipes genevoises allaient changer beaucoup de choses. Comme je vous l’ai dit au début, on a réalisé une saison satisfaisante, mais on peut faire mieux.

Votre président, William von Stockalper, nous a parlé ouvertement de promotion la dernière fois qu’on l’a eu au téléphone. Vous partagez cet enthousiasme ou vous tempérez un peu?

La volonté du club est de monter. Le recrutement a été fait dans ce sens, et je crois qu’on doit tendre vers cet objectif. Evidemment qu’on veut faire mieux que la saison dernière. Et comme le premier est monté, il ne reste que le deuxième à dépasser, vu qu’on a fini troisième… Après, il y a tellement de facteurs dans le football qui font qu’une saison peut être ratée ou réussie… Mais la volonté est là, et la base de travail aussi.

Samedi prochain, à Copet, ça commence! Avec la réception de Dardania, un adversaire que vous connaissez bien!

Oui, on commence fort tout de suite! Je suis impatient de savoir où on en est et d’attaquer ce nouveau championnat.

 

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