Val-Bal est en tête, mais réfléchit à son avenir

Val-Bal est en tête, mais réfléchit à son avenir

Auteur d’un départ canon avec sept victoires en 11 rencontres, le FC Vallorbe-Ballaigues occupe la tête du groupe 2 de 2e inter. Confronté à la réalité d’une éventuelle promotion en première ligue et ses contraintes concernant les joueurs formés localement, le club doit réfléchir.

Deuxième meilleure attaque de son championnat, Val-Bal cartonne depuis le début de la saison. Son trio offensif composé de Marvyn Matip (5 buts), Samir Benkreira (4), Sofyen Tahri (5) terrorise les clubs de 2e inter. Abba Coly, qui évolue en soutien de ce trio de feu, est le réalisateur le plus prolifique de l’équipe avec six goals. Ces statistiques affolantes prouvent l’efficacité de la formation dirigée par Jean-Yves Bonnard.

La défense est plus problématique avec près de deux buts encaissés par partie. Samedi, lors du duel au sommet contre Colombier, elle a subi sa première défaite en championnat depuis le 7 août et son revers initial contre le CS Romontois. Elle avait aligné une série de neuf matchs sans connaître la défaite.

« Je ne pensais pas être si bien placé »

La barque, menée par Jean-Yves Bonnard depuis cinq ans, navigue à vue. Reprise en troisième ligue, elle continue à se laisser emporter par le courant, qui devient de plus en plus fort. En effet, après deux premiers exercices compliqués en 2e inter, ponctués d’un dixième et un huitième rang, la saison actuelle est une réussite avec cette place de leader. « Je ne m’imaginais pas être si haut, s’étonne l’entraîneur. Notre recrutement a été efficace, mais avec les mouvements de l’été, je ne pensais pas que nous serions aussi vite performants. »

Le staff du FC Vallorbe-Ballaigues

Entraîneur de Vallorbe, Jean-Yves Bonnard (deuxième depuis la droite): « Je connais les critiques (le nombre de Français dans son équipe) dont nous sommes victimes. Je peux les comprendre, mais il faut bien être conscient que ce n’est pas un choix que l’on a délibérément fait. »

La promotion de Pontarlier en National 2 (quatrième division française) a eu son effet de l’autre côté de la frontière. En effet, des joueurs se sont retrouvés sans équipe. Pour la plupart, ils sont installés dans la région, donc n’ont pas envie de faire de longs trajets. « J’ai reçu entre 50 et 60 appels cet été, détaille le responsable de la succursale de Crissier de Max Studer Interim. Ils veulent faire du foot à un bon niveau et à proximité. Après Pontarlier, Val-Bal est le meilleur club. Nous avons sélectionné le profil de ceux qui nous correspondaient le mieux. » Pas de salaire fixe, mais des primes, « très peu », selon les dires de l’entraîneur. Par contre, et au vu de la situation professionnelle de ce dernier, du travail peut être inclus dans le « deal ».

Dans l’attente d’un miracle

Cet afflux venu d’Hexagone, 15 au total sur un contingent de 18, poserait un problème en cas de promotion. En effet, la Première Ligue a des conditions strictes : une équipe a le droit d’aligner simultanément un maximum de cinq joueurs, non formés localement*. « Je connais les critiques dont nous sommes victimes. Je peux les comprendre, mais il faut bien être conscient que ce n’est pas un choix que l’on a délibérément fait. Ça fait des années que je milite pour la venue de joueurs suisses à Val-Bal, mais rien n’y a fait jusqu’à présent. J’aimerais vraiment y arriver, car ça devient urgent. Mais je préfère utiliser le conditionnel mes propos, car on n’est de loin pas promu… Mais il faut penser au futur et espérer un miracle, sinon on va devoir tirer le frein… »

L’arrivée de joueurs « suisses » ou formés dans le pays serait la solution, mais il serait nécessaire d’en voir débarquer au moins 10.

Ces propos, sortis de la bouche d’un entraîneur de foot sont difficiles à entendre. « Et très compliqués à dire. On n’est pas là pour faire de la figuration. On n’en est pas encore là, mais il faut réagir, anticiper pour s’éviter des ennuis plus tard dans la saison. Au cas où… » L’arrivée de joueurs « suisses » ou formés dans le pays serait la solution, mais il serait nécessaire d’en voir débarquer « au moins 10… »

La formation est chancelante

Une autre solution serait à chercher auprès de la formation. Cependant, elle n’est pas top. La « deux » navigue en 4e ligue, soit trois divisions d’écart avec la 2e inter. « Il y a du travail, beaucoup de travail. Nous avons la chance de profiter de magnifiques infrastructures, mais il faut remotiver les jeunes à revenir ou grimper les échelons chez nous ». Par contre, est-il facile de s’identifier auprès d’une équipe fanion qui ne compte aucun footballeur de la région? Le joueur le « plus » local vient de Cossonay, Olivier Paltenghi. « Oui je connais cette problématique », soupire Jean-Yves Bonnard. De surcroît, la pyramide de la relève est chancelante. Il n’y a ni A, ni B ni C.

Quoi qu’il arrive jusqu’au mois de juin, les méninges auront du travail, mais le football reste roi et celui pratiqué par Val-Bal est et sera beau à voir, productif, technique et spectaculaire. Le chemin est encore long avant d’être sûr de rester en tête. « Surtout que nous ne sommes pas les grands favoris. Terre-Sainte a une très belle équipe. On s’est imposé 2-1, mais c’était vraiment un hold-up », conclut Jean-Yves Bonnard en pensant, déjà, au derby de ce week-end face à La Sarraz-Eclépens.


Définition venu de site de la Première ligue*: Un joueur localement formé est un joueur qui – indépendamment de sa nationalité et de son âge – a été inscrit entre l’âge de 15 ans et de 21 ans, soit pendant 3 saisons complètes (même si elles ne se suivent pas), soit pendant une période de 36 mois pour un club de l’ASF. Les joueurs qui n’ont jamais été qualifiés antérieurement dans une fédération étrangère et qui ont résidé au moins trois ans en Suisse sont, en cas de qualification pour un club de l’ASF entre l’âge de 15 ans et de 21 ans, considérés d’emblée comme joueurs formés localement)

 

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