Val-Bal dans la cour des grands

Val-Bal dans la cour des grands

Bien sûr, au niveau régional, il y a encore beaucoup d’équipes à ne pas avoir encore connu la défaite. Mais le FC Vallorbe-Ballaigues a quitté le canton de Vaud voilà quelques semaines et il joue désormais au niveau interrégional, là où ça commence à ne plus rigoler. Et, à ce niveau-là, ils ne sont plus que quatre à ne pas avoir encore perdu cette saison: le FC Bâle (Super League), le FC Zurich (Challenge League), le FC Münsingen (1re ligue) et, donc, le FC Vallorbe-Ballaigues (2e ligue inter). Evidemment, Val-Bal n’est pas au niveau des trois autres (quoiqu’on a un doute pour Münsingen), mais son bilan après six journées (4 victoires et 2 nuls) n’en fait pas du tout un néo-promu comme les autres, surtout que ses deux nuls ont été obtenus sur le terrain des cadors du groupe, Portalban/Gletterens et Bulle!

Jean-Yves Bonnard a appris très vite

Alors oui, Val-Bal est en grande forme en ce début de saison, mais ce n’est pas exactement une surprise. Depuis l’arrivée de Jean-Yves Bonnard à sa tête, le club est sur une phase ascendante, avec… 6 défaites en 3 ans! Deux promotions consécutives sont survenues, de la 3e ligue à la 2e ligue inter, et cela pourrait bien ne pas s’arrêter là. Une des grandes forces de Jean-Yves Bonnard est d’être intransigeant en ce qui concerne le terrain. Il était un joueur très élégant et fair-play et il suit cette ligne en tant que jeune entraineur. Il le dit lui-même, il a encore des choses à apprendre et il s’affine dans la gestion des hommes. Forcément, au début, il n’a pas tout fait juste, mais disons qu’il a appris très vite. Et surtout, il ne laisse rien passer.

Une double casquette qui fonctionne bien

Un entraineur qui gagne a toujours la vie plus facile, c’est un fait, mais Jean-Yves Bonnard a une double casquette: celle de garant de la vie professionnelle de ses joueurs, en plus d’être leur entraîneur. Sa méthode pour trouver d’excellents joueurs est simple et efficace: il n’a pas d’argent à offrir, mais il est le responsable d’une agence de recrutement et peut facilement trouver du travail à ses renforts. Pour des joueurs dont le salaire se comptait en centaines d’euros en France, que ce soit en CFA ou CFA2, l’intérêt est réel. Sauf qu’ils doivent vraiment bosser et que, quelquefois, l’entraînement du soir est compliqué pour des hommes qui doivent prendre le rythme de la vie professionnelle au quotidien. Car il ne s’agit vraiment pas d’emplois fictifs ou allégés: ils bossent pour des patrons qui se moquent bien du football et qui ne vont pas leur permettre d’être un peu moins performants entre 7h et 17h pour l’être un peu plus entre 19h et 21h.

Un engagement sur deux ans

Ainsi tient l’équilibre du FC Val-Bal et autant le dire, pour l’instant, le pari est largement gagnant. Jean-Yves Bonnard suit les dossiers professionnels et footballistiques en parallèle et n’hésite pas à trancher lorsqu’un des deux aspects de la vie du joueur n’est plus satisfaisant, mais il le fait avec humanité, toujours, ce qui n’est pas le cas de tout le monde, tout le temps. Le deal est clair: le joueur qui vient bosser en Suisse s’engage à rester deux ans, au moins, au FC Vallorbe-Ballaigues. C’est le cas d’Aurélien Trarbach, notamment, qui impressionne tout le monde depuis son arrivée et aurait pu signer en 1re ligue ou plus haut, mais Jean-Yves Bonnard sait aussi se montrer compréhensif, en libérant des joueurs comme Charly Nolot ou Daniel Ambrus. Bref, pour l’instant, il fait tout juste et ça paie sur le terrain.

Onze Français au coup d’envoi à Bulle

Car Val-Bal joue bien et gagne, ce qui fait quand même deux qualités appréciables lorsqu’on parle de football. En plus, le capital-sympathie du club a grandi ces dernières années, du fait de l’exemplarité de son entraîneur et de ses joueurs. Mais Jean-Yves Bonnard ne s’en cache pas, il a un problème: celui du manque de joueurs suisses. Déjà, pour l’image du club, il aimerait bien attirer quelques bons éléments de la région. Val-Bal a débuté avec onze joueurs français à Bulle samedi dernier et il manque de joueurs emblématiques depuis la retraite de Maurizio Rocca cet été. La deuxième équipe est toujours là pour incarner l’esprit vallorbier, et elle le fait bien, mais Val-Bal est à la recherche de bons joueurs suisses pour sa première équipe, ce qui n’est pas aisé à trouver.

Joueurs suisses recherchés!

La raison est simple: Vallorbe est situé dans une région périphérique et il n’est pas forcément facile d’y venir lorsqu’on habite Yverdon, Lausanne ou Orbe, même si le trajet ne dure pas une heure non plus. Thierrens souffre un peu du même problème et les deux clubs partagent la même particularité de ne pas proposer d’argent. Un bon joueur suisse, dès lors, n’a pas d’intérêt matériel à venir jouer à Vallorbe ou à Thierrens. L’intérêt sportif, par contre, est bien réel, surtout que Val-Bal offre la perspective de jouer en 1re ligue à court ou moyen terme. Et à ce niveau, on le sait, il faut aligner en tous temps six joueurs formés en Suisse . Val-Bal, pour l’instant, en compte deux dans tout son effectif. Alors, c’est clair, Jean-Yves Bonnard veut (et doit) recruter suisse maintenant, ce qu’il a déjà commencé à faire. Rafael Fiorese, laissé libre par Donneloye, a signé et d’autres joueurs ont été contactés et ont manifesté leur intérêt. Mais Val-Bal, bien sûr, se heurte au refus des clubs, qui ne veulent très logiquement pas se laisser piller. Partie remise? Oui et ce n’est pas un secret: cet hiver, il va falloir s’attendre à une offensive vallorbière sur les bons joueurs suisses de la région. Pour continuer la formidable ascension de ce club pas comme les autres.

Categories: 2e ligue inter

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