Un label pour protéger les clubs formateurs?

Un label pour protéger les clubs formateurs?

« Cette décision a provoqué une sorte de tsunami dans le football amateur. » Dominique Blanc, président de l’ACVF probablement appelé bientôt à d’autres fonctions (lire ici), a pris acte, impuissant, de la décision du Tribunal Arbitral du Sport, l’année dernière, de supprimer les indemnités de formation pour les clubs. En clair? Le TAS a estimé que le système pratiqué pendant de longues années dans le football suisse amateur « violait les droits de la personnalité des joueurs transférés et de leurs nouveaux clubs ». Pour rappel, jusqu’à l’année dernière, si un club amateur souhaitait transférer un joueur formé dans un club, il devait s’acquitter d’une somme qui pouvait atteindre plusieurs milliers de francs (600 francs par année), cela dans le but de protéger les clubs ayant des juniors.

Dominique Blanc veut protéger les clubs formateurs

Depuis l’année dernière, plus rien. Un joueur amateur qui souhaite changer de club peut le faire gratuitement, et cela ne plaît pas forcément au président de l’ACVF. Dominique Blanc ne remet évidemment pas en question le jugement du TAS, mais veut tout de même trouver un moyen de protéger les clubs formant de jeunes éléments. « Il faut être prudent avec cela. Evidemment, nous respectons le droit de la personne. Chaque joueur peut aller dans le club où il souhaite jouer. Mais la réalité, aujourd’hui, c’est que des clubs forment des jeunes et d’autre pas. » L’ACVF a une arme, déjà, celle qui consiste à obliger chaque club jouant en 2e ligue à posséder au moins deux équipes de juniors.

Une, deux ou trois étoiles?

Assez? Non. Le président nous révèle qu’une commission de l’ASF est actuellement en train de plancher sur la question de savoir comment mieux protéger les clubs formant les joueurs de demain. « Il y a plusieurs pistes. L’idée, c’est de reconnaître ces clubs, et de les valoriser. Puisqu’ils ne peuvent plus toucher d’argent sur un transfert, le risque existe qu’ils arrêtent de former. Nous ne le voulons pas. Nous voulons les récompenser, les encourager. » Concrètement, comment faire? « Notre idée serait de créer un label spécial, lequel donnerait droit à des subventions. » En clair, des clubs « 1 étoile », « 2 étoiles » et « 3 étoiles ». Suivant le nombre de juniors, le nombre d’entraîneurs diplômés ou les infrastructures mises à disposition du football de demain, les clubs pourraient être encouragés financièrement.

Augmenter le montant des cotisations, une autre piste

« On peut imaginer un système où tous les clubs contribuent à un pot commun, d’où nous prendrions les fonds destinés à récompenser ceux qui forment beaucoup.En clair, tout le monde cotise et on redistribue en fonction du label. C’est une piste. Une autre est de pousser les clubs à augmenter le montant des cotisations. Aujourd’hui, un jeune paie entre 100 et 150 francs par année pour jouer au football. Ce n’est pas adapté à la réalité des coûts! Ces montants sont dépassés, désuets. Avec la qualité de la formation dans nos clubs, payer 150 francs pour trois entraînements par semaines, c’est dérisoire. On arrive à un montant d’un franc par séance d’entraînement… », continue Dominique Blanc. A comparer avec le tennis ou le hockey sur glace, le fossé est énorme, en effet.

Un nouveau système mis en place pour la saison 2015-2016?

Quand le président de l’ACVF espère-t-il mettre en place ce « label de formation »? Dans les mois à venir, déjà! « J’aimerais que ce soit en place pour le nouveau championnat, en juillet 2015, mais ce sera compliqué. On doit coordonner tout cela au niveau national, donc cela risque d’être un peu court. Le message que je veux faire passer aujourd’hui, c’est que le problème a été identifié, que des solutions sont en route et qu’on espère qu’elles pourront se mettre en place rapidement. Je le répète, la formation est au coeur de nos préoccupations. Protégeons les clubs qui forment les joueurs de demain! »

Categories: Divers

Auteur

Ecrire un commentaire

Only registered users can comment.