Trop facile pour Genolier-Begnins à Renens

Trop facile pour Genolier-Begnins à Renens

« Le début de match, ça m’a un peu rappelé Brésil-Allemagne… » Alves Claudemir, l’entraîneur brésilien du FC Renens, n’avait pas tout à fait perdu son sens de l’humour samedi soir, quelques minutes après la gifle reçue par le FC Genolier-Begnins. Les Canaris menaient en effet 0-4 après 20 minutes et Alves a pris la seule décision qui s’imposait: se faire entrer. A 41 ans, il est encore largement le meilleur joueur de son équipe et cela en dit malheureusement long sur le niveau de ses troupes pour ce deuxième match de championnat de 2e ligue. Genolier-Begnins, qui avait besoin de se rassurer après avoir été battu par Prilly en ouverture de saison, l’a donc fait, de belle manière, même si Marc Studer ne pourra pas tirer de vrais enseignements de ce match. Pourquoi? Parce que Renens n’avait rien d’une équipe de 2e ligue samedi.

Il y aura du nouveau très bientôt au FC Renens. Heureusement.

On est trop sévères. Non. La preuve? Alves Claudemir lui-même le dit: « Ce match et son résultat ne signifient pas grand-chose pour moi. Sur le terrain aujourd’hui, il y avait cinq joueurs sur lesquels je vais compter durant toute la saison. Six sont destinés à aller jouer avec la II en 4e ligue, sans compter les juniors. » Soit. Mais le FCR, tout juste relégué de 2e ligue inter, se trouve face à un gros défi, celui de reconstruire de zéro, ou presque. Sont restés au club, parmi les titulaires de l’an dernier? L’attaquant Christopher Cibran et le défenseur Luis Da Silva. C’est tout. Les renforts qui vont arriver? Des contacts pris par Claudemir lui-même. Le Brésilien connaît passablement de monde dans la région et a notamment pu attirer Lambert Njo Lea (Pully), qui sera qualifié bientôt. « On va montrer un autre visage face à Nyon II la semaine prochaine, je vous le promets », continue le sympathique Alves, qui a l’énorme avantage d’être apprécié de tout le monde au Censuy.

Alves Claudemir et Renens ont « un projet sur trois ans en 2e ligue »

On continue un peu sur le FC Renens, parce que ce club est en pleine phase de mutation. La page « Celestini » est tournée, Manuel Gonzalez est parti entraîner la II d’Azzurri 90 et Pino Varquez ne fait plus partie de l’organigramme, lui qui entraîne désormais les gardiens du FC Le Mont, entre autres attributions. Les actifs sont désormais placés sous la responsabilité de Manuel Cibran, qui travaille donc étroitement avec Alves Claudemir. « Et il y aura d’autres bonnes nouvelles bientôt. On va tout clarifier, à commencer par le président », continue l’entraîneur brésilien. En clair, ce qu’il y aura sur football.ch va correspondre à la réalité du terrain. « On va travailler sur trois ans. Cette saison, on veut rester en 2e ligue. L’an prochain, faire un peu mieux. Et la troisième saison doit être celle des ambitions, mesurées. On a reçu de bonnes nouvelles de la Commune de Renens, on va avoir un président et un comité qui veulent entretenir de bonnes relations avec tout le monde. Je sais que ça fait bizarre de dire ça après une relégation, le départ de tous les joueurs et un match perdu 0-7, mais je suis optimiste. Je ne suis pas fou, je n’aurais pas lâché mes juniors B, avec lesquels j’étais super bien, si je n’avais pas confiance en ce que je vois », termine Claudemir.

C’est fou comme cet homme-là a l’enthousiasme communicatif: en l’écoutant cinq minutes, on avait presque envie de signer à Renens et de faire partie de ce projet de reconstruction d’un club dont la richesse, encore et toujours, est son mouvement juniors. Samedi, ils étaient une vingtaine, ces gamins, à assister au match. Des ramasseurs de balles aux simples spectateurs, en passant par ceux qui tenaient la caisse sous la surveillance de leur entraîneur Toni Sinani, tous ces gamins-là parlaient avec bienveillance du FC Renens et supportaient leur « équipe de grands ». On appelle cela l’avenir.

Deux ailiers de 1997 pour entourer le meilleur buteur de 2e ligue

Enfin bref, retour au présent, ce qui permet de prendre une baffe brutale en regardant le tableau d’affichage. Le FC Renens a peut-être des lendemains prometteurs, mais là, il a surtout un 0-7 dans les dents. L’affaire était déjà pliée après 30 secondes de jeu, le temps qu’il a fallu à Alban Selimi pour inscrire le 0-1 et mettre son équipe sur la voie d’un succès facile. En parlant de jeunesse, le FC Genolier-Begnins fait fort, lui aussi. Une preuve? Ses deux ailiers, Alban Selimi et Nathan Gervaix, sont tout simplement nés… en 1997! De quoi réjouir Marc Studer: « Alban marque, Nathan a des occasions, ils ont fait des passes de buts… Je suis content d’eux, ils ont déjà progressé par rapport à la semaine dernière face à Prilly, ils ont des qualités intéressantes. » Deux ailiers tout jeunes, donc, pour servir un buteur hors-pair, Julien Jemmely.

Si les juniors du FC Renens n’avaient d’yeux que pour lui en début de match (« Moi, si j’étais grand comme ça, je jonglerais avec la tête depuis le milieu de terrain jusque dans le but »), les défenseurs sur le terrain ont eu, eux, un peu de mal à le trouver. Ils le cherchaient à gauche? Il était à droite. Un appel au deuxième poteau? Voilà le ballon au premier et, avant d’avoir compris quoi que ce soit, la balle était au fond des filets du pauvre Emilio Aloise, lequel, durant les vingt premières minutes du match, devait se dire qu’il aurait mieux fait d’aller à la pêche au brochet plutôt que d’accepter de venir garder les buts d’un FC Renens à la dérive.

Marc Studer est satisfait, notamment du fait de ne pas avoir pris de but

Le pire, c’est que Genolier-Begnins ne forçait absolument rien, menant 0-4 en étant particulièrement maladroit à la conclusion. Julien Jemmely a placé un superbe retourné acrobatique quelques centimètres à côté et Nathan Gervaix a raté deux montagnes, avant le 0-4, d’une frappe puissante sous la barre transversale de « JJ », suivie des traditionnelles oreilles de wapiti. Sans exagérer, à ce moment-là, il pouvait largement y en avoir six dans les bois. Après vingt minutes, donc. Le FCGB voulait effacer sa défaite de la première journée, il y est plutôt bien arrivé. Marc Studer: « Tout n’a pas été parfait, notamment dans la gestion du match. Mais je suis surtout content pour les joueurs. Et, sans parler de l’opposition, il s’agit d’un blanchissage. C’est bon à prendre pour la confiance, on a encaissé un peu trop de buts en préparation, en plus des deux face à Prilly la semaine dernière. » L’entraîneur des Canaris l’avoue sans détour: son équipe n’est pas encore prête à 100%: « La saison commence un tout petit peu trop tôt pour nous. Il y a l’été, il y a Paleo… Chez nous, c’est un peu spécial à ce niveau-là. » De quoi monter en puissance gentiment.

Renens est allé un tout petit peu mieux avec l’entrée sur le terrain de son entraîneur à la 28e. Claudemir voulait arrêter le massacre et il y est parvenu grâce à son intelligence de jeu et à son sens du placement. Pas au point d’espérer autre chose qu’une large défaite, mais disons qu’il est tout de même préférable de perdre 0-7 que 0-20, ce qui aurait pu arriver et on n’a même pas l’impression d’exagérer. « Mais moi, je ne veux plus jouer, je suis entraîneur, c’est tout », a rigolé le Brésilien à la fin de la partie. Mais là, sincèrement, il a bien fait de se faire entrer.

Un doublé pour Cyril Favre, un triplé pour Julien Jemmely

La deuxième période? Deux buts d’entrée pour Cyril Favre et Julien Jemmely. Favre rajoutera d’ailleurs le 0-7 à la 63e et la dernière demi-heure n’a pas servi à grand-chose, ni d’un côté ni de l’autre. Signalons simplement une occasion pour Christopher Cibran à la 84e. L’attaquant du FCR a trouvé le poteau des buts de Joakim Elmer, que l’on avait tellement peu vu jusqu’à ce moment-là qu’on s’est même demandé un moment s’il n’était pas rentré chez lui à la mi-temps. Bref, 0-7, score final, et très peu d’enseignements à tirer d’un côté comme de l’autre, on l’a compris.

Les hommes du match

On répète son nom pour la quinzième fois dans cet article, mais Alves Claudemir a bien du mérite… et il reste un sacré footballeur. Sinon? On mentionnera ici Emilio Aloise, le courageux gardien du FCR. Il a été sauvé par ses poteaux, mais il a aussi réalisé quelques jolis arrêts. Un bon point.

Du côté de Genolier-Begnins, Julien Jemmely a inscrit trois buts et prend la tête du classement des buteurs, à égalité avec Salvatore Barbaro (Aigle). Il aurait pu en mettre cinq ou six… Sinon? On a bien aimé Alban Selimi, l’ailier droit. A revoir contre une autre opposition.

Les prochains rendez-vous

Place à la Coupe vaudoise cette semaine. Les Canaris seront à Lonay (4e ligue) le mardi 26, à 19h. Le FCR affrontera, lui aussi, une équipe de 4e ligue, le FC Romanel. Coup d’envoi à 20h. Pour le compte du championnat, Renens se déplacera à Colovray pour y affronter, la II du Stade Nyonnais, samedi 30 août à 15h. Le même jour, à 19h30, le FCGB reçoit la II de l’US Terre Sainte.

FC Renens – FC Genolier-Begnins 0-7 (0-4)

Buts: 1re Selimi 0-1; 10e G. Jemmely 0-2; 16e et 21e J. Jemmely 0-4; 47e Favre 0-5; 49e J. Jemmely 0-6; 64e Favre 0-7.

Arbitres: M. Omerovic, assisté de M. Matias et de M. Bloesch.

Renens: Aloise; Nanzueto, Simeunovic (28e Alves Claudemir), Abadie, Luis Da Silva; Demiri, Sulejmani (28e Cordova Moreno), Mitrovski; Tavares (46e Gustavo), Cibran, Nascimento.

Entraîneur: Alves Claudemir.

GB: Elmer; Bolay (63e Viret), Leonel, G. Jemmely, Martin (75e De Albuquerque); Vez (63e Mennet), Favre, Cloux; Selimi, J. Jemmely, Gervaix.

Entraîneur: Marc Studer.

Stade du Censuy.

Categories: 2e ligue, FC Renens