Thierrens s’installe en tête

Thierrens s’installe en tête

57e minute: Patrick Müller décide de faire entrer Lucien Meylan en numéro 10, alors que Thierrens domine outrageusement ce match à Gumefens, mais n’arrive pas à marquer. L’entraîneur du FCT nous aperçoit, pas très loin de son banc, et nous lance: « Il va faire la différence, vous verrez. Il est très bien entré contre Béroche il y a quelques jours, et il va nous débloquer ce match, croyez-moi. » Huit minutes après, Meylan inscrit le 0-1, du pied gauche. Bon.

Au pire, Thierrens sera co-leader après sept journées

Thierrens a donc gagné ce match avancé du jeudi soir sur le superbe terrain du FC Gumefens/Sorens devant une jolie affluence, grâce à cette ouverture du score de Lucien Meylan, mais aussi grâce au 0-2, quelques minutes plus tard, venu des pieds bienfaiteurs de Jérôme Ruch. Avec ces trois points obtenus très facilement, le FCT s’installe seul en tête du groupe 2 de 2e ligue inter, avec un match et trois points d’avance sur La Chaux-de-Fonds, La Tour/Le Pâquier et Bulle. Le prochain match? A La Chaux-de-Fonds. Un déplacement ultra-compliqué, mais Thierrens va l’aborder au mieux en tant que seul leader, au pire en étant à égalité de points à la première place. Il y a pire…

Ce FCT est vraiment étonnant, on le dit semaine après semaine. Ce club, vraiment, a quelque chose en plus, qui tient de la solidarité, de l’esprit d’équipe, mais aussi de la qualité individuelle de ses joueurs. Beaucoup de monde sourit quand Patrick Müller dit que ses joueurs doivent prendre conscience qu’ils ont le niveau pour monter d’une ligue. L’entraîneur du FCT déteste le manque de constance, disant souvent que c’est tout ce qu’il manque à son équipe pour jouer vraiment le haut du classement. Sincèrement, on va finir par croire qu’il a raison, tant ce FCT est épatant, franchissant un palier saison après saison. Et s’il était permis de rêver?

Patrick Müller a trouvé son bloc défensif

On ne fera pas de Jérôme Ruch et de ses coéquipiers des favoris pour le titre, pas encore. Mais cette équipe a tout ce qu’il faut, en réfléchissant bien. Sur le plan individuel, déjà, on ne voit pas vraiment où est le point faible. Un championnat se gagne derrière? Ca tombe bien, l’organisation défensive du FCT est remarquable. Valentin Piot est un gardien de 1re ligue, sans problème. Ensuite? Patrick Müller a trouvé la formule et change le moins possible de ligne de quatre. Yoann Braun et Renaud Freymond, les latéraux, sont excellents et l’axe Dubey-Burdet est apte à affronter n’importe quel avant-centre. Et comme cette défense est protégée par les deux mêmes milieux défensifs depuis plusieurs saisons (le duo Roder-Pasche), on peut affirmer sans trop de soucis que le bloc défensif est largement en place, avec des automatiques remarquables. Depuis le début de saison, Thierrens prend un but par match, c’est tout. Jeudi soir, c’est bien simple: Gumefens n’a pas eu une seule occasion. Pas une.

Sans Eddison Pineda, ni Fabien Aymon

Et offensivement? Pas mal non plus, merci. Les deux noms qui sautent aux yeux sont bien sûr ceux de Nelson Longo et de Jérôme Ruch, mais il serait injuste et faux d’oublier Thibaud Chevalley, remarquable depuis son arrivée d’Echallens. Le plus fort? Jeudi, Thierrens est allé se balader sur la pelouse de Gumefens sans Fabien Aymon et Eddison Pineda, ses numéros 10, tous deux suspendus. La profondeur de banc est réelle, puisque, même sans ces deux hommes-là, Lucien Meylan, Narcisse Mani et Christophe Hostettler ont été priés de s’asseoir sur la touche. Pouvoir faire entrer ces trois joueurs-là est un signe que les remplaçants sont au niveau, clairement.

Jusqu’où le vent du Jorat peut-il les porter?

Alors, Thierrens leader après sept journées, d’accord, mais un leader qui peut le rester? Comment dire… On aimerait y croire, mais on ne peut s’empêcher d’avoir une petite retenue, basée sur le manque de constance et le fait que cette équipe, quand même, est capable d’égarer des points bêtement. En fait, on va le dire comme ceci: on ne sait pas vraiment de quoi ce FCT est capable, et ses joueurs non plus, sans doute. Il n’y a qu’un moyen de le savoir: continuer à gagner des matches et voir jusqu’où le vent du Jorat les portera. En fait, on a été bluffés par une chose jeudi: la maîtrise. Il y a encore une ou deux saisons, Thierrens gagnait ses matches à l’arraché et à l’énergie, quel que soit le terrain. Là, les choses sont claires: le FCT vient, il est meilleur, il a les occasions, il fait tourner le ballon, et à la fin, il gagne facilement.

Nelson Longo a eu trois occasions de la tête en première période

Jeudi, à Gumefens, il n’y a en effet pas eu de match, pour ainsi dire. Le seul tort de Thierrens est de ne pas avoir marqué en première période, c’est tout. Nelson Longo aurait pu, dès la 6e (coup de tête trop croisé sur un centre parfait de Ruch), ou à la 22e (tête contrée par un défenseur sur le dessus de la barre transversale), mais a manqué de réussite. Thibaud Chevalley, très bon sur son côté droit, a provoqué cinq ou six corners à lui tout seul et, sur l’un d’eux, une nouvelle tête de Longo a été bien claquée par le gardien (40e). Les Fribourgeois étaient à l’agonie et ont tenu miraculeusement jusqu’à la 65e et au but de Meylan, on l’a dit. Signe de leur nervosité et de leur incapacité à résister à leur adversaire, ils ont même fini à 9, offrant une fin de match ultra-tranquille aux visiteurs. Ceux-ci ont vécu une soirée absolument parfaite, n’encaissant aucun but et ne prenant aucun carton. Le genre de matches qui donnent confiance, vraiment.

Et maintenant, à l’assaut de La Chaux-de-Fonds

Reste maintenant à enchaîner. En allant gagner à La Chaux-de-Fonds? Et pourquoi pas? Là, le signal serait envoyé et Maurice Séchaud, le toujours prévoyant président du FCT, pourrait commencer à consulter le règlement de la 1re ligue pour voir quels travaux devraient être faits au Terrain du Marais… On rigole un peu, mais on ne sait jamais ce qui pourrait arriver avec ce club décidément formidable. Une chose est sûre: pour continuer ces exploits-là, le FCT ne doit surtout pas changer son état d’esprit d’un seul centimètre. Sa force, elle est là. Sa différence aussi.

Les hommes du match

Enorme match de Jonathan Roder. Ce jeune homme est vraiment incroyable… Il court pendant 90 minutes, se bat sur chaque ballon, fait des fautes utiles et n’est pas du tout maladroit avec le ballon. Le milieu défensif parfait, qui harcèle ses adversaires sans arrêt et rend fou chaque numéro 10 adverse. En en plus, il n’a pas pris de carton. Sans exagérer, il pourrait jouer numéro 6 derrière cinq attaquants qu’il récupérerait tous les ballons. En plus, son entente avec Guillaume Pasche est parfaite. La performance de Dionys Burdet en défense centrale est également à relever. Il gagne tous ses duels. Avec Steve Dubey à côté de lui, il forme la paire parfaite dans l’axe entre un relanceur toujours bien placé et lui, toujours bon dans l’impact. Très fort. En en plus, il ne s’énerve jamais.

Les prochains rendez-vous

Thierrens a congé jusqu’au 4 octobre, date d’un déplacement compliqué à La Chaux-de-Fonds! Pourquoi? Parce que quatre de ses joueurs ont été sélectionnés par Jean-Daniel Tharin pour aller défendre les couleurs de l’ACVF en Serbie. Son match face à Colombier a donc été repoussé au 15 octobre.

FC Gumefens/Sorens – FC Thierrens 0-2 (0-0)

Buts: 65e Meylan 0-1; 67e Ruch 0-2

Arbitres: M. Tishuku, assisté de M. Schiliro et de M. Soares.

Gumefens: Bapst; Michael Monteiro, Messerli (84e Djodji), V. Ropraz, S. Ropraz; Savary, Islami; Pereira Fernandes, Bussard, Doutaz; Sanches (57e Sieber).

Entraîneur: James Zahno.

Thierrens: Piot; Braun, Dubey, Burdet, Freymond; Roder, Pasche (78e Mani); Chevalley, Ruch (82e Hostettler), Carlos Moreira (57e Meylan); Longo.

Entraîneur: Patrick Müller.

Stade des Marais. Gumefens. Expulsions de V. Ropraz (77e, deuxième avertissement) et de Michael Monteiro (79e, insultes à l’arbitre).