Thierrens fait appel aux bons souvenirs pour s’en sortir

Thierrens fait appel aux bons souvenirs pour s’en sortir

« Il m’a toujours dit qu’il serait là si on avait un problème quelconque. Alors, je l’ai appelé dimanche à midi. Je lui ai dit qu’on avait besoin de lui. Dix secondes plus tard, il m’avait dit oui. » Maurice Séchaud est toujours resté en bons termes avec ses anciens entraîneurs, lui qui est président du FC Thierrens depuis dix ans. Alors, quand il a appelé Jean-Benoît Schüpbach pour lui demander de lui donner un coup de main ce dimanche, « JB » n’a pas pu dire non. Ou pas eu envie de dire non, plutôt. « Je le remercie, parce que là, la situation n’est pas facile », admet Maurice Séchaud. Son FC Thierrens est en effet relégable en 2e ligue inter et reste sur un seul point glâné en cinq matches depuis le début de la saison. « On est la moins bonne équipe du groupe en 2016. On devait réagir », explique le président.

Cette saison devait être celle de la « transition »

Les chemins du FCT et de Benoît Pythoud, entraîneur depuis l’été 2015, se sont donc séparés ce dimanche, quelques heures à peine après la défaite thierranaise face à Echichens (lire ici). Celle de trop pour tout le monde. L’atmosphère était en effet différente de d’habitude samedi soir au Marais: Thierrens a déjà perdu des matches, c’est sûr, mais ainsi, sans vraiment combattre, pas souvent. En fait, bien sûr, les problèmes ne datent pas de samedi soir. Le FCT ne s’attendait pas à vivre une saison aussi belle que la 2014-2015, conclue par une brillante 3e place, mais l’objectif n’était pas de lutter contre la relégation. L’équipe a été confiée à Benoît Pythoud, réputé pour ses qualités de formateur, et qui devait voir plus loin que l’horizon immédiat. Cette saison devait être une saison de transition, nous avait-il dit l’été dernier (lire ici), sans se douter, bien sûr, qu’il n’arriverait pas au bout de l’aventure. Elle aura été beaucoup plus compliquée que prévu.

L’état d’esprit n’y était plus

Ce n’est pas la qualité de jeu qui faisait défaut aux Thierranais depuis l’été dernier, mais bien l’attitude, l’esprit. Cette fameuse rage qui leur faisait renverser des montagnes n’existait tout simplement plus. Envolée, en même temps que l’invincibilité à domicile, qui faisait sa force les années précédentes. Benoît Pythoud n’a pas su entretenir cette flamme et les joueurs venus de l’extérieur n’ont pas su s’imprégner des particularités thierranaises, c’est un fait. A Thierrens, on transpire, on se bat pour le maillot. Ces valeurs-là sont supérieures à toutes les autres et c’est après les avoir un peu laissées de côté que Benoît Pythoud a constaté avoir perdu son vestiaire.

Une séparation « d’un commun accord »

Vendredi, vingt-quatre heures avant le match ultra-important face à Echichens, son entraînement n’a pas plu aux cadres de l’équipe, qui le lui ont fait savoir. Pas satisfaits de l’intensité demandée, les joueurs ont eu le sentiment de ne pas être bien préparés pour ce choc. Après la défaite de samedi, de nouveaux grognements se sont faits entendre, l’assistant Gaël Rochat donnant même sa démission. Et dimanche matin, le comité s’est réuni. A l’issue de deux heures de délibération, Maurice Séchaud a appelé Benoît Pythoud et les deux hommes ont convenu de ne pas continuer l’aventure ensemble. « Il s’agit d’une séparation de commun accord », précise le président du FC Thierrens, qui sentait bien que son entraîneur n’était pas dans les meilleures dispositions mentales pour redresser son groupe.

Jean-Benoît Schüpbach, un homme très occupé

L’histoire entre Benoît Pythoud et le FCT, est donc officiellement terminée et il a bien fallu trouver une solution pour continuer. Maurice Séchaud et le comité joratois ont ainsi décidé de se tourner vers une tête connue, un homme qui connaît bien la maison: Jean-Benoît Schüpbach. Celui qui était sur le banc lors de la montée en 2e ligue inter et était parti après avoir ensuite officié comme adjoint de David Tenthorey, avait décidé de prendre un peu de recul. L’homme est en effet très demandé, lui qui est patron d’un magasin de sport à Marnand, tout en officiant dans le staff de l’équipe nationale.

Guy Favre en adjoint

Il est en effet le « Monsieur crampons » de la Nati, qu’il accompagne à chaque rassemblement. Il sera ainsi à l’Euro 2016, bien sûr, et pourrait donc manquer le dernier match de championnat. Vu ses multiples activités, il a demandé un adjoint, qui sera Guy Favre. Lui aussi connaît bien la maison thierranaise et sait bien l’urgence de la situation: le FC Thierrens n’a plus le choix, il doit recommencer à gagner, surtout que son calendrier est (très) loin d’être idéal. C’est justement là que les qualités de coeur doivent parler. Jean-Benoît Schüpbach, qui n’a laissé que des bons souvenirs à Thierrens, est sans aucun doute l’homme de la situation, mais celle-ci n’est de loin pas facile.

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