«Terre Sainte en finale, une surprise pour vous? Pas pour moi»

«Terre Sainte en finale, une surprise pour vous? Pas pour moi»

Président de l’US Terre Sainte depuis neuf ans, Ali Gökok est, de l’avis unanime de ses pairs, un « grand monsieur » du football vaudois. Cet économiste de métier est un homme dévoué pour son club, qui sait s’entourer. Il vaut mieux: avec 460 juniors (sans compter les 114 juniors F) répartis dans 34 équipes, l’USTS est l’un des plus grands clubs du canton, sinon le plus grand. « Si l’on compte les autres sports (badminton, hockey sur glace, tennis de table, hockey sur gazon), nous avons 800 membres », sourit Ali Gökok. Encore un chiffre? Chaque année, l’USTS organise 3600 entraînement. A ce titre, le synthétique des Rojalets fait du bien, en période d’hiver notamment.

L’actualité de l’US Terre Sainte tient pourtant à ses deux premières équipes. La deuxième garniture, entraînée par Adriano Zacchei, est leader du groupe 1 de 3e ligue, à deux journées de la fin. Et la première, bien sûr, s’apprête à disputer les finales de promotion, après une très belle saison de 1re ligue Classic. Ali Gökok n’est pas un homme, pourtant, qui se contentera de presque réussir les objectifs. A quelques heures de recevoir Cham, pour le premier tour aller de finales (ce soir, mercredi, à 20h, voir tableau en bas), le président fait le point sur la saison de son club. Avec élégance, fermeté et l’envie de continuer à incarner l’image d’un club formateur, et très apprécié. Interview.

Ali Gökok, quelle saison! 

Et elle n’est encore pas terminée (rires)!

Quelle sacrée surprise, quand même, de retrouver votre équipe en finales de promotion…

Une surprise pour vous, peut-être, mais pas pour moi. Au premier entraînement de cette nouvelle saison, j’ai dit aux joueurs que l’objectif était d’aller chercher la quatrième place. Ils ont fait un peu mieux que de m’écouter en finissant troisième (sourire). J’étais convaincu que cette équipe pouvait y arriver, vraiment.

On sait que le FC Le Mont a l’objectif de monter. Il est clairement défini du côté du Châtaignier. Et chez vous? Ces finales sont-elles une fin en soi? 

Mais bien sûr que non. A Terre Sainte, la philosophie est claire, des juniors F jusqu’aux vétérans. On joue avec deux valeurs: le fair-play et la victoire. Point. On va bien recevoir Cham, parce que l’on accueille toujours bien nos visiteurs, mais on va aussi tout faire pour les battre. Le foot, c’est ça.

Que savez.vous de cette équipe de Cham? 

Très peu de choses. J’ai entendu dire que c’était une équipe jeune, technique, fair-play, mais aussi très solide. Ils ont deux bons attaquants, mais nous avons terminé avec la meilleure défense du groupe 1, alors…

Cette 1re ligue Promotion vous conviendrait-elle?

Oui. Mais la 1re ligue Classic nous convient bien aussi. Quoi qu’il arrive, on ne va rien révolutionner, ce n’est pas le style de la maison. Chaque année, trois ou quatre joueurs viennent « rafraîchir » cette équipe, même si « rafraîchir » n’est peut-être pas le mot adéquat. Nos jeunes trouvent un travail ailleurs, certains font des études, ils partent à l’étranger, ce qui est une fierté pour nous. Alors, il faut les remplacer. Ma philosophie, et celle du comité, c’est que chaque footballeur puisse trouver sa place chez nous. Il faut qu’il soit dans un environnement proche géographiquement de sa famille, de son école, de son milieu social. A ce titre, je serais heureux de voir notre deuxième équipe monter. En étant en 1re ligue, Promotion ou Classic, 2e ligue et 4e ligue, la pyramide serait cohérente.

Comment faire, en tant que président central d’un si grand club, pour contenter tout le monde?

Bien sûr, le président a un rôle de représentation, que j’essaie d’assumer. Par saison, j’essaie d’aller voir au moins une fois chaque équipe. Je le fais avec plaisir, mais je suis bien entouré. On se répartit les visites avec la commission technique, mais il est important pour moi de conserver cette unité de club. L’USTS, ce n’est pas que sa première équipe! Celle-ci n’occupe que 10% de notre temps. Elle est autonome, si j’exagère un peu. Nous sommes derrière, on la soutient, bien sûr, mais elle est bien gérée.

On en conclut que vous êtes satisfait de son entraîneur, Patrick Duval?

De lui, de son staff, de tout le monde. Du ramasseur de balle au capitaine, j’en suis content. Dans les points très positifs, je placerais la préparation physique. Dans notre logique amateur, il était important de ne pas se griller d’entrée. Beaucoup d’équipes effectuent une grosse préparation et sont carbonisés en fin de saison, tant physiquement qu’intellectuellement. Nous, on a encore de la fraîcheur, car le staff a vraiment bien géré cet aspect-là.

En trois ans, quelles émotions! La promotion en 1re ligue, la relégation immédiate en 2e inter et la remontée tout aussi immédiate. Et là, comme néo-promu, vous atteigniez les finales! En fait, vous n’aimez pas les saisons tranquilles!

C’est un peu ça (rires). Mais bon, je vous rappellerai juste les conditions de notre relégation en 2e inter il y a deux ans. Il s’agissait d’une magouille pas possible. Tout le monde sait la vérité. Le match Naters-Fribourg se termine avec un quart d’heure de retard, ils gagnent 5-0 et nous dépassent pour un but. Bref. Peut-être que nous allons croiser Fribourg, d’ailleurs, si nous montons…

Ce serait une revanche?

Une revanche sportive, uniquement. On ne parle que de sport. Vous savez, ce qui me fait plaisir, et que j’ai dit aux joueurs, c’est cela. Regardez cette photo… C’est l’équipe qui est montée en 1re ligue en 2001. Vous voyez les gamins, là? Ils ont cinq ou sept ans, ils sont sur l’image. Et aujourd’hui, ils jouent à la Une. Ils sont quatre dans ce cas. Ca, c’est une grande joie.

Que peut-on vous souhaiter pour les années à venir?

Que cela continue comme ça (rires)! Le plus important, c’est que les gens aient du plaisir à venir ici. Sans cela, on ne fait rien. Nous sommes complètement amateurs. Si j’ai une remarque à faire à un entraîneur, il faut avoir un bon contact avec lui. Dans le monde professionnel, c’est différent. Là, chez nous, on essaie de mettre en place une atmosphère, mais aussi des structures, qui nous permettent de travailler le mieux possible, mais dans une ambiance saine. Si vous ne vous entendez pas avec les bénévoles qui vous accompagnent, alors pourquoi le faire?

Vous voyez-vous encore président pour de longues et de belles années?

Si l’équipe en place et moi le voulons, seulement. Vous savez, il y a un dicton que j’aime bien, qui dit: « Le meilleur président, c’est celui dont le départ ne se fait pas ressentir ».

 

Le programme des finales

Mercredi 29 mai, 1er tour aller (20h)
FC Granges – FC Le Mont-sur-Lausanne
FC Meyrin – FC Baden
US Terre Sainte – SC Cham
Zug 94 – FC Köniz

Samedi 1er juin, 1er tour retour (16h)
FC Baden – FC Meyrin
SC Cham – US Terre Sainte
FC Köniz – Zug 94

Dimanche 2 juin, 1er tour retour (16h)
FC Le Mont-sur-Lausanne – FC Granges

Mercredi 5 et dimanche 9 juin, 2e tour aller et retour avec les gagnants du 1er tour
Le Mont/Granges – Baden/Meyrin
Köniz/Zug – Cham/Terre Sainte

Categories: 1re ligue, Interviews

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