Team Vaud M21 peut-il y arriver?

Team Vaud M21 peut-il y arriver?

Depuis sa 8e place en 2009/2010, Team Vaud M21 passe tout près de la montée en 1re ligue Classic. Il y a trois ans, Bulle et Lerchenfeld avaient précédé les jeunes Lausannois, finalement troisièmes. Köniz leur avait barré la route en 2011/2012 et Bavois, on s’en souvient, les avait distancés il y a quelques mois de cela. Et cette année? Sera-t-elle enfin la bonne pour les hommes d’Alexandre Comisetti? Les questions sont nombreuses. On tente d’y apporter quelques réponses.

Team Vaud M21 est-il plus fort que les saisons précédentes?

Oui. Pour une bonne raison, déjà: plusieurs de ses joueurs ont acquis de l’expérience en Super League. Bashkim Sukaj, Romain Dessarzin, Numa Lavanchy et Gabriel Cuénoud ont tous progressé depuis quelques saisons et entrer en Super League, même dans une équipe en difficulté, est forcément une bonne nouvelle pour eux et pour Alexandre Comisetti. C’est vrai, Christophe Debluë et Halit Sabedini (Echallens), tout comme le gardien Signori Antonio (LS) ne sont plus là, mais l’équipe de cette année est largement compétitive.

Son gardien Kevin Martin est très bon, et la solidité défensive est au rendez-vous. Avec 9 buts pris en 9 matches, pour 7 victoires, le bilan est bon. Les deux défaites? Lors de la première journée à La Sarraz-Eclépens (2-1, lire ici), et à domicile face à Colombier (0-2).

Quel sera leur atout gagnant?

Bashkim Sukaj a connu un début de saison compliqué, notamment en raison de l’attitude équivoque du staff du LS envers lui. Il a joué les matches de préparation, et plutôt bien, marquant notamment le seul but de la victoire du LS face à Sion (lire ici). Mais Laurent Roussey n’a absolument pas compté sur lui, alors que beaucoup de clubs de 1re ligue (Promotion et Classic) s’étaient intéressés à lui. Pas forcément facile à digérer, mais « Bashko » semble revenu à son meilleur niveau. Il marque toujours autant, et est redevenu le leader de l’attaque lausannoise. A son meilleur niveau, il peut amener Team Vaud tout en haut.

Ses adversaires peuvent-ils le contrer?

Oui, mais aucun n’est aussi fort que Köniz et Bavois. C’est vite vu, il n’y a que trois équipes qui peuvent terminer devant Team Vaud: La Sarraz-Eclépens, Colombier et La Chaux-de-Fonds. Mais aucune de ces équipes n’atteindra le total de points de Bavois l’an dernier (70!). Le FC La Sarraz-Eclépens peut, bien sûr, aller chercher la 1re place, car toutes les équipes entraînées par Jean-Philippe Karlen sont des favoris logiques. Après avoir fait monter Orbe en 2e inter, puis les Azzurri LS en 2e inter et en 1re ligue, « Charly » peut obtenir une quatrième promotion en quatre saisons, avec trois équipes différentes. Ce qui serait plus qu’exceptionnel, mais il faudrait inventer un nouveau mot. Le FC Colombier, entraîné par Pascal Oppliger, est venu s’imposer à Lausanne (0-2) et peut notamment compter sur Bruno Valente, un excellent attaquant pour ce niveau. Et La Chaux-de-Fonds a bien sûr de grosses ambitions, mais a déjà perdu trois fois, dont deux en terres vaudoises (La Sarraz et Lutry). Le déplacement de Team Vaud à La Charrière (le 10 octobre) sera très instructif…

Ces trois équipes ont un avantage: elles ont les moyens de recruter et le feront cet hiver, si elles sont au contact. Renforcer Team Vaud est plus compliqué, mais ce désavantage est bien sûr compensé par les joueurs venant du LS pour un match ou deux. Durant ce premier tour, les jeunes ont pu compter sur les renforts de Rolf Feltscher, Adriano De Pierro, Fabrizio Zambrella et Michel Avanzini.

L’intérim d’Alexandre Comisetti au LS peut-il les perturber?

Peut-être un peu. D’autant qu’il est peu clair combien de temps leur entraîneur va être mis à la disposition du Lausanne-Sport. Dans l’intervalle, c’est Ilija Borenovic, l’adjoint de « Comi » qui va s’occuper de l’équipe. Marc Hottiger va lui donner un coup de main pour les matches, Frédéric Thomas étant absent quelques temps. « Bobo » est un excellent entraîneur, apprécié de ses joueurs, et un ancien joueur de haut niveau. Mais il est clair que les jeunes de Team Vaud ont l’habitude de travailler avec Alexandre Comisetti, qui les connaît mieux que personne. Reste que s’ils ambitionnent de réaliser une carrière professionnelle, les joueurs de la réserve lausannoise doivent s’habituer aux changements d’entraîneur.

Doivent-ils absolument monter?

Officiellement, aucune pression n’est mise. Mais il est clair qu’une équipe de Super League, ce que le LS est encore, ne peut pas avoir une réserve en 2e inter. Et, on a parfois tendance à oublier, mais Team Vaud M21 n’est pas qu’un fournisseur de talents pour le LS, mais bien pour tout le football vaudois. Font partie de la structure Team Vaud, le LS, Yverdon, Nyon, Stade-Lausanne, Montreux, Vevey, Gland, Echallens et Le Mont. Chacun d’eux a intérêt à avoir une formation forte, en 1re ligue Classic. Même s’il est vrai, et cela nous semble logique, que les meilleurs éléments sortis de Team Vaud vont rejoindre les rangs du LS.

Quel est le danger principal qui les menace?

Comme chaque année, Team Vaud peut avoir un problème: celui de ne pas avoir assez « faim ». On s’explique: Köniz devait monter. Le FC Bavois avait cette ambition aussi, sans qu’elle soit aussi essentielle que pour les Bernois. Et Team Vaud a lâché chaque fois, en partie mentalement. Le FC Bavois s’est arraché à chaque match l’an dernier, sous l’impulsion d’un formidable leader comme Nicola Zari. Team Vaud n’était pas prêt à tout donner pour une promotion, en tout cas pas autant que Köniz et Bavois. Et cette année, justement, La Chaux-de-Fonds a « la dalle », comme on dit, celle de retrouver une ligue plus en rapport avec son glorieux passé. Le FC La Sarraz-Eclépens aura la rage de vaincre de son entraîneur, un peu comme Colombier, même si Pascal Oppliger n’a pas (encore?) les mêmes références que Jean-Philippe Karlen à ce niveau. Et Team Vaud? C’est une inconnue.

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