Stade-Lausanne remporte un choc magnifique

Stade-Lausanne remporte un choc magnifique

Quel match! Ce choc au sommet de 2e ligue inter a tenu toutes ses promesses, au Stade de Copet, samedi soir. On attendait beaucoup de cet affrontement entre les deux premiers du groupe 1 de 2e ligue inter, mais le spectacle et le niveau de jeu ont été à la hauteur, c’est une certitude. Au final, c’est Stade-Lausanne qui s’est imposé (2-3) au terme de 90 minutes époustouflantes et riches en rebondissements. Les Stadistes, parfaits pendant 45 minutes, menaient logiquement 0-2 à la pause, avant que Jonathan Caeiro n’égalise en cinq minutes. Alors que l’on pensait Vevey revenu dans le match, Luca Micheli, entré en jeu dix secondes avant, offrait la victoire aux Lausannois. Le cri de joie dans les vestiaires du SLO, interminable, à été à la hauteur de l’enjeu et du match. Retour sur une partie qui restera comme l’un des temps forts de ce championnat, quoi qu’il arrive.

Fabio Provenzano: « Quand on manque d’intensité et de gnac dans un match au sommet… »

« Je ne sais pas pourquoi, mais on rate nos débuts de matches, depuis le début de l’année. Que ce soit face à UGS ou à Perly, on est passés au travers en première mi-temps. Et aujourd’hui, la même chose. Et quand on manque d’intensité et de gnac durant 45 minutes dans un match au sommet, on ne peut pas prétendre le gagner. » L’analyse de Fabio Provenzano, le très bon gardien veveysan, est lucide. Vevey a mis du temps à entrer dans la partie, et n’a pas en tout ças pas réussi à faire douter Stade-Lausanne, qui avait entamé cette année 2014 avec deux défaites (Signal-Bernex et Sierre). Car ce sont bien les hommes d’Andrea Binotto qui ont imposé leur jeu dès la première minute. « On a montré du football exceptionnel en première mi-temps », s’enflammait Mickaël Castejon, qui n’a, c’est vrai, vu le ballon que de très loin durant les 45 premières minutes. On va tout de suite faire le décompte des actions veveysannes en première période: une tête de Cyril Barnabo sauvée sur la ligne par Dilhan Karac (28e). C’est tout? C’est tout. Stade, de son côté, avait déjà ouvert la marque par son buteur en série Quentin Rushenguziminega (17e réussite de la saison).

« QR 19 » contre Le Neün: duel au sommet

L’avant-centre du SLO a reçu une merveille de balle en profondeur pour s’en aller défier Provenzano. Il a juste eu le temps de contrôler le ballon et de se faire percuter dans la foulée par le gardien veveysan, qui jugeait le penalty justifié: « Il n’y a rien à dire, je le touche. » Penalty pour le Stade, transformé par « QR19 » lui-même, d’une frappe parfaite en lucarne. 0-1! « Rushen », très bon en ce début de partie, avait fort à faire, puisque Sébastien Le Neün avait reçu la consigne de jeter un oeil, voire les deux, sur lui. Et Zoran Djukic n’était jamais très loin de ce duo… La lutte entre les deux hommes a été une des clés de la partie. De l’autre côté, Jonathan Caeiro avait lui aussi fort à faire contre Fabian Geiser et Bionic Luyeye. Ce qui s’appelle des « matches dans le match ».

Le coup-franc magnifique de Brice Ngindu

Les Lausannois, qui avaient perdu leur première place au profit de Vevey la semaine précédente, marquaient ensuite le 0-2 grâce à un coup-franc merveilleux de Brice Ngindu. La description? De 28 mètres, dans… la même lucarne que le penalty de son copain Rushenguziminega. Mais c’est un peu plus facile depuis 11 mètres que depuis 28! Alors, plat du pied, ou cou de pied? « Entre les deux! Je la prends à moitié intérieur et à moitié cou de pied. On aime bien rester après les entraînements, avec Alexandre Badibanga et Piero Arena, et ça a payé aujourd’hui. C’est bien, ça compense le manque de réussite que l’on a connu dans les deux premiers matches », expliquait Ngindu, l’auteur de cette magistrale mandale en pleine toile.

Andrea Binotto: « On a pris le 1-2 au pire moment »

0-2 à la pause, match plié? Avec Vevey, jamais. On a tellement vu souvent cette équipe revenir de nulle part (face à Champvent, Collex-Bossy, Dardania…) que l’on se doutait bien que le match n’était pas fini. Mais Stade dégageait une telle impression de maîtrise et de sérénité, même sans Nicolas Tebib (suspendu), qu’on voyait tout de même mal Vevey y parvenir sur ce coup-là. C’était sans compter sur le caractère de cette équipe, et sur son buteur Jonathan Caeiro. Deux face-à-face parfaitement maîtrisés contre Mickaël Castejon, et le VS était revenu à 2-2 à la 56e! De quoi faire douter Stade-Lausanne, comme le reconnaissait son entraîneur Andrea Binotto: « C’est vrai, à ce moment-là, on aurait pu penser que l’équipe allait voir revenir le fantôme des deux premiers matches. On a montré un très beau visage en première mi-temps, avec une belle entame. Et on a pris le 1-2 au pire moment, dès le retour des vestiaires. Là, on a senti que l’on n’était plus aussi sereins et que Vevey avait un petit ascendant psychologique. » Lequel s’est donc concrétisé par le 2-2.

Luca Micheli: il entre en jeu et marque sur son premier ballon

Mais, pour la deuxième fois consécutive (le 1-1 à Perly le week-end dernier), Vevey a encaissé un but quelques dizaines de secondes après avoir marqué. De quoi irriter tout le monde, et en particulier le gardien Fabio Provenzano: « On ne peut s’en prendre qu’à nous-mêmes. Deux fois de suite, ce n’est pas normal. » Car Vevey, pour une erreur de marquage sur corner, a ruiné tous ses efforts. Luca Micheli, entré en jeu quelques secondes auparavant, a donc inscrit le but potentiellement le plus important du championnat sur son premier ballon! A noter que Micheli, défenseur de son état et de loin pas un titulaire indiscutable, a marqué trois buts cette saison: les trois face à Vevey. Ce qui s’appelle choisir son moment.

Le héros du jour, c’était donc lui, et bien lui, même si Andrea Binotto, désireux de ne mettre personne en avant, et surtout pas son coaching, préférait insister sur le caractère de son groupe: « C’est tous ensemble que l’on est allés chercher cette victoire. » Certes.

Penalty ou pas sur Caeiro? Les deux camps pensent que oui

2-3, score final? Oui. Mais avant que Stade-Lausanne ne puisse exulter et « mettre le feu à son vestiaire » (pour la brigade anti-hooliganisme du canton de Vaud, ceci est une image, pas la réalité), il s’en est encore passé des choses dans ce match. Le moment le plus chaud? Trois minutes après le but de Micheli, soit à la 62e, Caeiro s’échappait et allait défier Castejon. Le Portugais piquait son ballon par dessus l’ancien gardien de Baulmes et du LS, qui le faisait tomber de manière indiscutable. La réaction de l’arbitre? Rien. Pas de penalty, mais pas de carton pour simulation non plus à Caeiro, qui en a récolté un quelques secondes plus tard pour être allé demander quelques explications à M. Cornuz. Ce qu’en a pensé Ugo Raczynski? « Bien sûr qu’il y avait penalty. J’ai dit à l’arbitre qu’il aille regarder la vidéo sur footmag.ch, pour se faire une idée. » Mickaël Castejon, aussi fort que fair-play, a également son avis sur la question. « Il pique le ballon, ça me surprend, et je le percute. Sincèrement, il y avait penalty. Mais bon, je l’aurai arrêté », rigole-t-il de bon coeur. Pas sûr toutefois qu’il aurait encore du être sur le terrain après cette faute, puisqu’il aurait pu s’agir de dernier recours. Jonathan Caeiro: « Le carton rouge, je ne sais pas, et ça m’est égal. Ce que je sais, c’est qu’il y avait faute. » Le mot de la fin dans cette histoire est pour Andrea Binotto, lui aussi toujours très classe (sans surprise): « Cette décision arbitrale nous est favorable, je ne vais pas dire le contraire. Cette fois-ci, elle est pour nous. Je ne vais pas me plaindre, mais, lors des deux premiers matches de l’année, les décisions nous ont été vraiment contraires. En ce qui nous concerne, cela s’équilibre aujourd’hui. ». Fin de l’épisode, et l’arbitre a toujours raison. Sur ce coup-là, disons simplement qu’il est le seul à avoir raison, face à beaucoup de monde qui pense exactement le contraire de lui, tous camps confondus.

Mickaël Dogbé a eu une immense occasion d’inscrire le 3-3

Vevey, pas découragé par cet épisode, a continué à presser et s’est créé une occasion monumentale par Mickaël Dogbé. Le Togolais, tout juste entré en jeu, s’est retrouvé seul à dix mètres de Castejon, et le gardien stadiste a réalisé une jolie parade. Il l’a tellement bien faite qu’il a même eu le droit à un dégagement en six mètres juste après, aucun membre du trio arbitral n’ayant vu son arrêt. La vie est injuste.

Ugo Raczynski, très calme, a tout de même pris le temps de commenter la soirée du trio: « Il y a un penalty non sifflé pour une faute de main, et il y a cette action invraisemblable sur Caeiro, qui n’est même pas litigieuse, mais évidente. Le trio était très jeune ce soir, et il s’agissait d’un choc au sommet. Je suis pour promouvoir la jeunesse, mais aujourd’hui, je pense qu’un autre choix aurait dû être fait. » Fabio Provenzano n’a pas voulu en rajouter: « Il y a des choses que je ne comprends pas ce soir. Mais ce n’est pas à cause de l’arbitrage que nous avons perdu. Les premiers fautifs, c’est nous. »

La fin de match? Des contres pour Stade, qui aurait pu marquer le but de la sécurité, mais aussi quelques situations chaudes pour Vevey, notamment depuis la droite où le latéral Thomas Pavlik a multiplié les débordements. Dans les cinq dernières minutes, Vevey a eu quelques corners, une tête de Dogbé, mais pas de quoi faire trop peur à Mickaël Castejon, toujours aussi fort, mais c’est tellement une évidence qu’on n’est même pas obligé de l’écrire.

Ugo Raczynski: « La gestion de l’événement n’a peut-être pas été faite sereinement »

Ugo Raczynski, encore: « En étant objectif, on a montré en 2e période que l’on pouvait faire jeu égal avec eux. C’est cela qu’il faut retenir. Je ne veux surtout pas me focaliser sur ces entames de match ratées, pas que cela devienne une psychose. Ce qui est sûr, c’est que notre groupe manque encore de l’expérience nécessaire pour jouer la première place, avec tout ce que cela implique au niveau émotionnel. Le gestion de l’événement n’a peut-être pas été faite sereinement. Je rappelle simplement que monter n’était pas l’objectif du début de saison, mais forcément qu’en étant co-leader à la 15e journée, on commence à y penser. » Le mot veveysan de la fin est pour Fabio Provenzano: « On ne va rien lâcher. Je rappelle juste que, depuis le début du 2e tour, on a repris un point sur Stade-Lausanne. C’est cela qu’il faut se dire ce soir. »

Andrea Binotto ne veut s’occuper que de son équipe

Andrea Binotto, lui, ne voulait pas parler d’un signal envoyé au reste du groupe, avec cette victoire, qui fait suite à celle, retentissante ,de l’aller (7-2). « Non, il n’y a pas de signal, ou que sais-je. Nous, on sait ce qu’on vaut, on savait très bien qu’on n’allait pas gagner tous les matches. On a aussi le droit d’en perdre. » Va-t-il regarder d’un oeil attentif le résultat de Vevey, la semaine prochaine à Signal-Bernex? « Non. Je n’ai pas d’influence sur les autres résultats. Ce que je sais, c’est qu’il nous reste 10 matches à jouer. » Une attitude de leader. Une place que Stade-Lausanne a reprise ce soir. Et qu’il compte bien ne plus lâcher. Et là, une fois la promotion éventuelle obtenue en juin, l’explosion de joie s’annonce 1000 fois plus retentissante que celle entendue dans les vestiaires de Copet samedi soir. Et elle était déjà pas mal bruyante!

Les hommes du match

Le meilleur Veveysan a été, à notre sens, Julien Dubuis. Il est discret, mais quel boulot à mi-terrain! Il est souvent à la base de la construction du jeu, un travail pas forcément spectaculaire, mais tellement précieux… Il a perdu peu de ballons, en a bonifié beaucoup. Et son jeu long est une merveille. Jonathan Caeiro n’a pas été extraordinaire, mais il marqué deux fois, a provoqué un penalty non sifflé, et, a été le Veveysan le plus dangereux. On l’a connu plus tranchant, mais il a tout de même été décisif. Fort.

Du côté de Stade-Lausanne, on a adoré le match de Fabian Geiser. D’accord, Caeiro marque deux fois, et Geiser pensera sûrement être fautif. Mais franchement, quel match… Dans le placement, il est parfait. Ses interventions sont toujours très propres, sa relance est une merveille. Le défenseur central du Stade est un vrai joueur de foot, qui ne doit qu’à des blessures et à un peu de malchance de ne pas être en Super League aujourd’hui. Brice Ngindu mérite également sa place dans cette rubrique. Pour son but, déjà, mais aussi pour tout le reste: ses débordements sur la droite et son sacrifice en fin de match, lorsqu’il a fallu densifier le milieu de terrain. Lui aussi pourrait largement jouer au niveau supérieur, qu’il a déjà connu à l’époque du Stade Nyonnais, en Challenge League. Brillant.

Les prochains rendez-vous

Stade-Lausanne recevra Chênois, le 29 mars à 16h30 à Vidy. Trois points obligatoires, face à une équipe qui s’est bien renforcée et a notamment accueilli Nicolas Hélin (Azzurri 90) en attaque. Vevey sera le lendemain, le dimanche 30 à 16h, à Signal-Bernex (5e). Déplacement très compliqué.

Le plan-fixe

FC Vevey Sports 05 – FC Stade-Lausanne-Ouchy 2-3 (0-2)
Buts: 19e Rushenguziminega, pen. 0-1; 41e Ngindu 0-2; 52e et 56e Caeiro 2-2; 59e Micheli 2-3.
Arbitres: M. Cornuz, assisté de M. Jancevksi et de M. Kastrati.

Vevey: Provenzano; Pavlik, Le Neün, Djukic, Preite; Dubuis, Barnabo, Braichet (83e Suljik); Franja (60e Protopapa), Caeiro, Teixeira (65e Dogbé).
Entraîneur: Ugo Raczynski.

SLO: Castejon; Kaissi (68e Soos), Geiser, Luyeye (58e Micheli), Karac; Fungilo, Ruchat, Demiri (89e Arena); Ngindu, Rucheguziminega, Danner.
Entraîneur: Andrea Binotto.

Notes: Copet, 400 spectateurs.

Categories: 2e ligue inter

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