Stade-Lausanne-Ouchy va devoir vite effacer cette déception

Stade-Lausanne-Ouchy va devoir vite effacer cette déception

Mené 1-2 à la pause ce samedi à Vidy par United Zurich, Stade-Lausanne-Ouchy avait des raisons d’espérer. La raison? Il y a exactement une année, au même stade des finales, le FC Gossau menait ici-même 1-2 au même moment, avant de s’incliner 3-2 devant la folle remontée des Stadistes. Il y avait donc comme un air de déjà-vu au Stade Juan-Antonio Samaranch. Mais malheureusement le dénouement n’a pas été le même puisque cette fois, malgré un résultat presque similaire à l’aller (1-1 à Gossau en 2015, 0-0 à Zurich en 2016), le SLO s’est fait éjecter.  Le SLO n’ira donc pas affronter La Chaux-de-Fonds au tour suivant, pour une place en Promotion League. Non, ce soir, les Lausannois sont éliminés des finales, trois jours seulement après les avoir commencées. Le coup est rude, alors que cette place en finale leur était assurée depuis plusieurs semaines, déjà. Pour Stade Lausanne, la saison s’arrête là, et il faut bien avouer qu’il s’agit d’une déception, puisqu’elle se termine en 2016 une semaine plus tôt qu’en 2015.

Le SLO a été qualifié… neuf minutes

Neuf minutes! C’est le temps qu’auront passé les Stadistes en position de qualifiés ce samedi. On ne connaît pas les mots d’Andrea Binotto à ses joueurs avant que ceux-ci soient entrés sur le terrain, mais il a été plus efficace que l’an dernier. Il y a douze mois, Stade en avait pris deux d’entrée en onze minutes, se mettant dos au mur avant même que la partie n’ait vraiment commencé. «C’est vrai que le coach nous a parlé de l’aventure de la saison passée, avouera Sonny Kok, de ce qu’il s’était passé ici à ce même stade de la compétition. Il nous a dit que, suivant comment évoluerait le score, il faudrait s’en souvenir.»

Naturellement, donc, on a pensé que les locaux s’étaient mis à l’abri du mauvais sort, lorsque Brice Ngindu était accroché fautivement dans les 16 mètres, suite à l’excellent travail de pression de Fabian Geiser, lequel forçait une relance zurichoise suicidaire dans l’axe. Ahmed Mejri s’élançait et transformait son penalty sans trembler. 18e minute, le SLO était virtuellement qualifié, et l’impression qu’il dégageait ne laissait présager que le meilleur. United? Pas vu.

Deux erreurs défensives qui coûtent très cher

Jusqu’ici, une seule équipe était donc présente dans la partie, faisant circuler le ballon dans le secteur offensif avec pas mal d’aisance et mettant à mal la défense adverse à de multiples reprises. Oui mais voilà, cette certaine facilité devant avait permis au SLO, jusqu’alors, de soulager sa défense, qui n’avait pas encore eu d’interventions chaudes à effectuer. Et quand celle-ci a dû se mettre en évidence, tout est devenu beaucoup plus compliqué. En une quinzaine de minutes, United Zurich s’est ménagé trois énormes occasions, les seules de la première mi-temps et, à chaque fois, soit sur balle arrêtée, soit sur long ballon. Le problème? Elles ont suffi à faire basculer le score de 1-0 à 1-2. Une énorme mésentente sur un long coup-franc rentrant à la 27e ainsi qu’un ballon en profondeur dix minutes plus tard et une sortie un peu tardive de Robin Enrico et tout était à refaire pour Stade, à double. Le SLO était capable de se montrer dangereux d’à peu près toutes les manières imaginables devant, mais était victime de deux énormes lacunes défensives. Comme en 2015…

Sans briller, Stade était la meilleure équipe sur le terrain

Alors, à notre tour, à la pause, on a voulu se rappeler aux bons souvenirs de l’an dernier, en jetant un œil à l’article d’alors et à ce retournement fou de situation, faisant passer le score de 0-2 à 3-2 (lire ici). Il faut bien dire qu’on ne voyait pas ce Stade Lausanne Ouchy-là quitter la compétition après un tour seulement. Certes, les hommes d’Andrea Binotto n’ont pas délivré tous les gages de sérénité avant le thé, mais ils n’en restaient pas moins, et de loin, la meilleure équipe sur le terrain et, surtout, la plus à même de faire la différence.

Il y eu d’abord ce changement à la mi-temps, tout comme Andrea Binotto l’avait fait, à deux reprises, face à Gossau, l’an dernier. Nicolas Tebib est entré pour amener sa technique et sa grinta, toujours dans l’idée de reproduire le miracle de Samaranch. Mais les échéances passaient les unes après les autres, sans de réussite, comme à la 58e et à la 61e. Les vainqueurs du championnat réguliers tentaient tout ce qu’ils avaient en réserve pour réparer ces deux malheureux incidents de la première période, mais rien n’y faisait.

Il a manqué trois centimètres, pas plus, au brillant Sonny Kok

Il a fallu tout le génie et, surtout, la combativité de Sonny Kok pour faire chavirer, dans un dernier espoir, le cœur d’un public unanimement, et même totalement, acquis à la cause de Stade. Le même Sonny Kok qui s’était débrouillé, en première mi-temps, pour obtenir, à lui tout seul, trois corners d’affilée, simplement grâce à son toucher de balle et à son intelligence de jeu. Un «une-deux» de toute beauté avec Nicolas Tebib et le blond attaquant redonnait une bonne raison à ses coéquipiers, qui commençaient à faiblir un peu et à manquer parfois de précision, de relever la tête (69e, 2-2).

Le bon Sonny aurait même pu devenir le héros du jour, le faiseur de miracle, alors qu’il ne faisait pas encore partie du club l’an dernier, à la même époque, mais sa reprise de volée, dans la foulée de son égalisation, choisissait de finir sa course… sur le poteau (71e). Le pire? C’est que l’attaquant ne s’est pas arrêté là, lui qui a provoqué un incalculable nombre de duels dans cette partie. Quelques instants plus tard, il percutait côté droit, à nouveau, il passait, même, avant d’être accroché. Bien sûr, il avait bien joué le coup, le numéro 11 du SLO, et ne s’était pas fait prier pour tomber, mais l’arbitre aurait-il osé siffler un penalty pour la même faute dans la surface? On ne le saura jamais, vu que le coup-franc a dû être tiré… sur l’angle de la surface! À nouveau, une poignée de centimètres avaient fait la différence dans le mauvais sens. Comme si Sonny Kok ne pouvait pas devenir le héros du jour, comme si Stade Lausanne n’aurait, tout simplement, pas de héros aujourd’hui.

Sonny Kok: «L’erreur vient de notre part»

La fin de match? Pas bien différente du reste de la partie. Stade a eu le ballon et a essayé d’en faire quelque chose. Zurich a défendu, très bien défendu, et a profité des certaines largueurs laissées derrière, logiques lorsqu’il faut aller marquer à tous prix, pour se montrer, parfois, très dangereux. «Il faut leur rendre hommage et leur souhaiter bonne chance pour la suite», commentera, amer, mais toujours avec le sens de la formule, l’excellent Sonny Kok. «Malgré tout, l’erreur vient de notre part. On paie cash ce match nul à l’extérieur et, aujourd’hui, on commet deux énormes erreurs défensives, qui n’avaient rien à faire dans un match de cette importance. C’est tellement frustrant, surtout avec ce qu’il se passe en second période, toutes ces occasions…».

Une élimination… sans avoir perdu

Puisqu’une victoire ne s’accorde pas aux points, Stade Lausanne devra accepter cette élimination… sans avoir perdu. 0-0 à l’aller, 2-2 au retour, voilà qui a de quoi rallonger la liste des frustrations de la meilleure équipe de 1re ligue lors du championnat régulier, qualifiée depuis un mois, éliminée sans avoir perdu et en ayant frappé le poteau à un quart d’heure du terme de la rencontre décisive. Il faudra être fort, et Stade Lausanne Ouchy nous a habitué à l’être. Il faudra apprendre de ce cruel échec et rebondir, encore plus haut, encore plus fort.

«J’ai beaucoup d’amertume après cette élimination mais, au moins, les gens ont dû assister à un super match», expliquera Andrea Binotto. On n’ira pas jusqu’à dire que c’était l’essentiel, mais l’entraîneur du SLO finira la saison la tête haute et avec classe. Oui, Stade Lausanne a fait vibrer son nombreux public, lui a vendu du rêve, des émotions et, au final, un dénouement tragique. Le football a été beau et cruel à la fois, cet après-midi, au Stade de Samaranch.

Un compte-rendu de Florian Vaney

FC Stade-Lausanne-Ouchy – FC United Zurich 2-2 (1-2)

Buts: 18e Mejri 1-0; 23e Murati 1-1; 36e Alfred 1-2; 69e Kok 2-2

Arbitres: M. Sven Wolfensberger, assisté de M. Sébastian Küchler et de M. Leroy Hartmann.

SLO: Enrico; Danner, Geiser, Rego, Karac (65e Dindamba); Fungilo, Laugeois, Mejri; Ngindu, Kok, M’Futi (46e Tebib).

Entraîneur: Andrea Binotto.

United: Djukic; Temperli, Sulimani, Sbarra, Haziri (75e Exouzidis); Uzleac, Weiler, Murati (83e Kryeziu); Cabanas (71e Gjergji), Alfred, Barreiro.

Entraîneur: Sawwas Exouzidis.

Vidy, 810 spectateurs.

Andy

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