Stade-Lausanne-Ouchy comme dans un rêve

Stade-Lausanne-Ouchy comme dans un rêve

Furieux, Antonio D’Attoli. Le président d’Azzurri avait le sentiment d’avoir fait tout juste avant le match pour placer ses joueurs dans les meilleures conditions possibles. Réunie depuis vendredi soir pour préparer la réception de Stade-Lausanne-Ouchy, son équipe a reçu la visite d’Eric Mamin, personnalité malvoyante connue pour son courage et son optimisme à toute épreuve. « Ils ont été touchés par son message. On a passé des moments forts », commentait le président avant le match, confiant dans la qualité de son groupe: « On a fait ce qu’il fallait. A eux de finir le travail durant ces 90 minutes ». Son équipe a répondu présent sur le plan de l’état d’esprit, c’est sûr. L’envie était présente, la motivation aussi. Mais au final, c’est bien Stade-Lausanne-Ouchy qui est venu s’imposer « en terres ennemies » sur le score sans appel de 0-3. Azzurri avait pourtant tout pour bien faire: un public qui avait répondu présent (420 spectateurs) et une équipe ultra-offensive préparée par Patrick Isabella, lequel avait titularisé Ayoub Rachane, Nicolas Marazzi et Lyazid Brahimi au milieu de terrain, derrière une ligne de trois M’Futi-Caeiro-Martins!

Stade a été solide et réaliste

Pourquoi une telle débâcle, alors? Parce que Stade a été solide, déjà, et réaliste. Les visiteurs ont livré une bonne prestation, mais il faut être clair: ils ont été avantagés par des faits de jeu. Lorsque deux équipes sont à égalité de points en tête du classement, il est normal que le match se joue sur des détails et Azzurri a eu le sentiment d’être lésé par l’arbitrage dans ce derby, qui faisait office de match de l’année tant la rivalité est réelle entre les deux clubs.

Quatre scènes litigieuses

On aurait préféré parler de jeu et uniquement de celui-ci, mais la vérité nous oblige à dire qu’il y a eu quatre scènes litigieuses, dont trois ont tourné en faveur de Stade. Impossible de prétendre qu’elles n’ont eu aucune incidence sur le résultat final et on est forcé de les détailler, car, sans elles, le match n’aurait pas été le même. Cela n’enlève rien au mérite des Stadistes, mais si un homme a bien été au centre des débats, samedi, c’est de M. Zgraggen dont il s’agit.

Mickaël Castejon, dernier défenseur ou pas?

Les quatre scènes? On va aller dans l’ordre. A la 8e minute, une longue balle en profondeur est jouée en direction de Brice Ngindu. L’attaquant arrive avant Mickaël Castejon et a le temps de le lober avant de se faire percuter, tout à l’angle des seize mètres. La faute est indiscutable et le gardien d’Azzurri s’est d’ailleurs tout de suite excusé. Le ballon? Il a été dégagé par un défenseur avant d’entrer et la question n’est donc pas de savoir s’il y avait but ou non. M. Zgraggen a estimé que la faute était en dehors des seize mètres et qu’elle méritait le carton jaune. Castejon s’en sortait bien sur ce coup-là et le SLO a crié au scandale pendant de longues secondes, estimant que son ancien portier faisait office de dernier défenseur.

Un penalty bien généreux pour le 0-1

La deuxième scène allait mener au penalty du 0-1. Julien Ruchat, légèrement touché dans les seize mètres, tombait… à genoux (31e) et le contact n’avait rien de bien méchant. M. Zgraggen, clairement, a compensé l’action de la 8e en sifflant penalty. Quentin Rushenguziminega a trompé Castejon d’un contre-pied parfait et Stade-Lausanne menait donc au score sur cette action plus que litigieuse. La colère d’Azzurri a ensuite commencé à sérieusement enfler lorsque Matheus Fungilo a touché le ballon du bras à la 43e dans sa surface de réparation. Penalty? Pas pour l’arbitre, lequel a indiqué de suite qu’il estimait que la main n’était pas volontaire, mais là aussi, le sujet est discutable.

Micael Martins n’a pas fait grand-chose de mal

La quatrième scène était de loin la plus sensible, puisqu’elle a conduit à l’expulsion de Micael Martins alors que le score était encore de 0-1. Les faits? Sorti se soigner, Martins était à côté de l’arbitre-assistant, lequel a appelé le central pour faire rentrer l’attaquant d’Azzurri. Celui-ci ne l’a pas entendu. Martins insiste, met un pied sur le terrain et l’assistant ne fait clairement aucun signe pour le retenir. Implicitement, il l’a autorisé à rentrer, mais… dénonce immédiatement le cas à l’arbitre central, qui inflige un deuxième jaune à Martins, synonyme d’expulsion. Sèvère, très sévère. Dès lors, le match était terminé. Azzurri, à 10 contre 11, avec un but de retard, encaissait deux contres absolument meurtriers.

Deux buts en contre parfaits pour Stade

Sur le premier, Stevo Gasic servait Stéphane Cando (81e), dont la finition, de près, était parfait. Tous deux remplaçants au coup d’envoi, les deux hommes ont livré une entrée convaincante, unissant donc leurs forces pour le 0-2. En toute fin de match, Brice Ngindu réalisait le même genre d’action, en rupture, pour offrir le 0-3 à Quentin Rushenguziminega, auteur d’une frappe parfaite du gauche, là aussi de près. Avec ce but, le 21e de sa saison, « QR19 » rejoint Ridge Munsy en tête du classement des buteurs de toute la 1re ligue. Munsy étant parti à Thoune, Rushenguziminega est donc le mieux placé pour remporter ce titre honorifique.

Stade-Lausanne est tout proche d’une fin de saison de rêve

Stade, dans le sillage de son buteur, est lancé sur la route des finales, mais il est bien trop tôt pour tirer des conclusions. Yverdon Sport (6e) est à cinq points du leader, le SLO, et il en reste quinze en jeu. Absolument rien n’est fait, mais Stade a son destin en main et un joker en poche. Les cinq derniers matches? Martigny à Vidy, Fribourg à l’extérieur, Terre Sainte à Vidy, Yverdon à l’extérieur et Team Vaud à Vidy. Avec 9 ou 10 points, les finales seront acquises.

Azzurri sera finaliste lundi matin quoi qu’il arrive

Azzurri, évidemment, n’est pas loin et rien n’est perdu. Les hommes de Patrick Isabella, d’ailleurs, seront finalistes lundi matin, c’est sûr, preuve que la maison ne brûle pas. Vu que Team Vaud M21 et GC M21 ne peuvent pas disputer les finales, Azzurri serait aujourd’hui le 8e et dernier qualifié si les championnats s’arrêtaient aujourd’hui, derrière le SLO, Bavois, Kriens, Zoug, Cham, Wettswil-Bonstetten et Mendrisio. Reste que le rythme actuel, 8 points en 8 matches, n’est pas celui d’une équipe finaliste, pas plus que le jeu présenté depuis quelques semaines. Et ça, ce n’est la faute d’aucun arbitre…

Une dernière journée avec Bavois-Azzurri au programme!

Le programme pour Azzurri? Un déplacement à Monthey, la réception de Guin, un voyage à Naters, Echallens à la maison avant un dernier déplacement qui s’annonce explosif à Bavois si le match fait figure de finale avant l’heure….

Il a dit à Footvaud.ch

Quentin Rushenguziminega, attaquant du SLO

C’est une grande et belle victoire, pour nous, qui nous permet de rester en tête. Mon total de buts? J’en suis désormais à 21, dont 11 penalties. Cela prouve que Stade-Lausanne est fort et n’a pas besoin de mes buts pour être en tête. Si on obtient autant de penalties, c’est parce qu’on est présents dans les seize mètres adverses, qu’on est dangereux, qu’on produit du jeu. Ils ne sortent pas de nulle part. Aujourd’hui, clairement, les décisions nous sont favorables, on ne va pas dire le contraire. Pour moi, sur le penalty du 0-1, il y a contact. Léger, mais il y a contact. C’est un fait de jeu, pas un scandale, et ce sont des choses qui arrivent dans un championnat. Pour moi, il y a penalty quand même, même si ce n’est pas le plus flagrant. Par contre, l’expulsion est trop sévère, on est tous d’accord. C’est dommage, mais ça n’enlève rien à notre victoire et à notre première place. On a eu les meilleures occasions et on a fait un bon match. Ce n’est pas l’arbitre qui a gagné, c’est nous. On fait un pas de plus vers les finales, on est solides derrière. A nous d’enchaîner et de ne pas lâcher cette première place pour disputer ces finales. Ce serait génial!

Les hommes du match

Roberto Elefante a été très solide pour Azzurri, comme toujours. Il est l’un des meilleurs défenseurs de 1re ligue, sans contestation possible. Dur sur l’homme, combatif, il est le joueur idéal pour la 1re ligue. Bon match également d’Ayoub Rachane, très technique comme toujours. Il a montré des gestes de grande classe.

Du côté de Stade-Lausanne, on aurait pu citer Florian Gudit, très bon en deuxième période, mais on optera plutôt pour Brice Ngindu. Le « Général Tshitumba » a été intenable sur le côté droit et a offert de magnifiques balles à Quentin Rushenguziminega, dont le 0-3. Le meilleur joueur sur le terrain aujourd’hui a été à chercher du côté de la défense centrale de Stade. Son nom? Sébastien Le Neün, énorme à l’impact. Il a gagné l’immense majorité de ses duels et a montré qu’il savait répondre présent dans les grands rendez-vous. Un match XXL.

Les prochains rendez-vous

Le Valais au programme. Le samedi 2 mai, le SLO recevra Martigny à 17h à Vidy. Attention, match-piège. A 17h30, Azzurri se déplacera à Monthey.

FC Azzurri 90 LS – FC Stade-Lausanne-Ouchy 0-3 (0-1)

Buts: 31e Rushenguziminega, pen. 0-1; 78e Cando 0-2; 90e Rushenguziminega 0-3.

Arbitres: M. Zgraggen, assisté de M. Stutz et de M. Hasankovic.

Azzurri: Castejon; S. Meoli, Scalisi, Elefante (82e Walther), Baluzeyi; Marazzi, Rachane, Brahimi; Martins, Caeiro (63e Galokho), M’Futi.

Entraîneur: Patrick Isabella

SLO: Enrico; Danner, Geiser (82e Gomis), Le Neün, Rego; Gudit, Fungilo, Ruchat (78e Gasic); Ngindu, Rushenguziminega, Soos (52e Cando).

Entraîneur: Andrea Binotto

Centre sportif de Chavannes-près-Renens. 75e, expulsion de Micael Martins (deuxième avertissement).

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