Stade-Lausanne-Ouchy atteint les finales avec la manière

Stade-Lausanne-Ouchy atteint les finales avec la manière

Un grand soleil, deux belles équipes de 1re ligue, un derby lausannois et un stade qui donne envie de jouer au football: comment espérer mieux en ce samedi de mai qu’un choc entre Stade-Lausanne-Ouchy et Azzurri 90? C’était donc au Stade Juan-Antonio Samaranch qu’il fallait être ce samedi pour cette 23e journée du groupe 1 de 1re ligue, surtout que cette journée a vu le SLO officialiser sa participation aux finales pour une deuxième fois consécutive! Il y a une année, Stade avait battu Gossau avant de plier, de justesse, face à Kriens. Cette fois, les Lausannois y retourneront encore plus fort, avec l’expérience acquise en douze mois et de vraies certitudes acquises dans le jeu, comme ils l’ont prouvé ce samedi en gagnant 2-0 face à leur « meilleur ennemi », sans être inquiétés absolument une seule seconde.

Stade offensif dès la première seconde de jeu

Le match? Stade a commencé très fort, comme pour marquer son territoire, obtenant son premier corner après… quatorze secondes de jeu. L’engagement était pour les Stadistes, qui ont immédiatement joué vers l’avant, et en ont été récompensés, profitant d’une défense d’Azzurri qui a préféré admirer le spectacle plutôt que de tenter de l’empêcher. Claudio Gentile a ainsi été obligé de pousser sa première gueulante du match, laquelle n’a pas été suivie d’effets, en tout cas dans l’immédiat. La première immense occasion a en effet été pour les Stadistes, au terme d’une superbe action collective de la 3e minute. Mobulu M’Futi s’est retrouvé en position de tir après un bon travail de Brice Ngindu, mais sa frappe a été repoussée par Claudio Gentile… dans les pieds d’Ahmed Mejri. Les deux anciens coéquipiers du FC Le Mont se trouvaient face à face et le Tunisien ratait alors complètement son affaire, frappant au dessus alors qu’il était pourtant seul à sept mètres. Une incroyable action gâchée par le SLO d’entrée, donc.

Ahmed Mejri, une saison de haut niveau

La tête sous l’eau, Ahmed Mejri, après ce raté? Pas vraiment, non! Six minutes plus tard, le génial meneur de jeu se retrouvait à nouveau en bonne position et, cette fois, il faisait le geste juste. Il est correct de signaler ici l’excellente saison qu’est en train de réaliser le numéro 23 du SLO, en confiance et capable de tout, surtout du meilleur. Il était excellent au Mont dans un rôle un tout petit peu plus défensif (Sid-Ahmed Bouziane jouait en 10) et là, un cran plus haut, il est vraiment en train d’effectuer un championnat de très haut niveau. On apprécie Julien Ruchat et on l’a souvent écrit ici, mais quand Ahmed Mejri est à ce niveau, il est difficile de venir le concurrencer, d’autant plus quand l’équipe est leader, tourne bien et est (très) séduisante offensivement. Un autre exemple de sa classe? Sa passe en profondeur de la 36e pour Brice Ngindu, lequel n’a pas pu l’exploiter comme il le fallait. Mais l’ouverture, mon Dieu, quel coup d’oeil…

Ange Nsilu retrouve sa place en pointe

Azzurri n’a pas réalisé un mauvais premier quart d’heure, cela dit, même en se retrouvant mené au score d’entrée. Juan Manuel Parapar (6e) a eu une possibilité, Adam Waidi une autre (14e), sans réussir à cadrer leur envoi. Avec Ange Nsilu titulaire en pointe (suspendu, mais sous l’effet d’un recours) en lieu et place d’un Ndiaw Ndiaye très décevant la semaine dernière face à Guin (1-1), entouré par Juan Manuel Parapar et Bradley Bavueza (convaincant face à Guin, lui), les Lausannois avaient des arguments offensifs à faire valoir.

L’offrande de Brice Ngindu à Mobulu M’Futi pour le 2-0

Alors, Azzurri de retour dans la partie? Non! En un contre parfaitement maîtrisé, Brice Ngindu, échappé dans l’axe, a pu servir son copain Mobulu M’Futi sur un plateau. Seul à cinq mètres du but, l’ancien attaquant de Xamax et de Sion n’a eu aucune peine à tromper Claudio Gentile. 2-0 après vingt minutes et des visiteurs qui ne s’attendaient pas forcément à recevoir un tel ouragan sur le coin de la tronche. Stade, leader, entendait bien montrer que le patron de ce groupe 1 c’était lui, et personne d’autre. Sans même parler de la rivalité entre ces deux clubs lausannois que tout oppose et qui donne à chaque fois envie à l’un de surpasser l’autre.

Claudio Gentile empêche Sonny Kok d’inscrire le troisième

Dès lors, dès ce 2-0 riche de sens, Azzurri a eu de la peine à exister dans cette première période. Il y a bien eu quelques décrochages d’Ange Nsilu, qui a pu jouer en remise avec ses coéquipiers à quelques reprises, mais trop peu, bien trop peu, pour espérer inquiéter Robin Enrico. L’action la plus dangereuse d’Azzurri en première période? Peut-être cette tête d’Ange Nsilu, peut-être, en déséquilibre et largement au dessus. Et sur le contre, quinze secondes plus tard, Sonny Kok s’en allait défier Claudio Gentile, lequel évitait le 3-0 au prix d’une claquette à ras de terre sur son côté droit. Bien joué de la part du gardien d’Azzurri car Kok avait fait tout juste sur ce coup-là. Mi-temps atteinte sur le score de 2-0, un moindre mal pour un FC Azzurri 90 LS dominé dans tous les compartiments du jeu.

La stabilité et la cohérence d’un projet sont génératrices de succès

l faut le dire, ce FC Stade-Lausanne-Ouchy a encore pris une dimension supplémentaire cette saison car non seulement l’équipe d’Andrea Binotto sait très bien jouer au ballon mais en plus, elle met désormais de la percussion dans son jeu. C’est affreux de le dire comme cela en parlant d’un joueur de la qualité de Quentin Rushenguziminega, mais son absence est désormais oubliée. Grâce au très bon deuxième tour de Sonny Kok? Oui, mais pas seulement, car tous les joueurs de Stade ont encore progressé d’un cran par rapport à l’année dernière, que ce soit sur un plan individuel (la progression d’un joueur comme Axel Danner est édifiante) ou collectif. Et cela, bien sûr, est dû à la stabilité mise en place par Andrea Binotto, laquelle peut servir d’exemple à beaucoup de clubs de 1re ligue… à commencer par celui que le SLO affrontait aujourd’hui. En football, la stabilité et la cohérence d’un projet sont génératrices de succès, voilà une des leçons de cette saison.

Une deuxième période sans relief

Stade est reparti très fort en deuxième période, se créant deux immenses occasions d’entrée. Sonny Kok a eu la première (46e), Mobulu M’Futi la deuxième (47e), mais Azzurri s’en est bien sorti sur les deux coups. Depuis cette double occasion, le jeu a alors perdu en intensité, la partie n’étant plus rythmée que par les encouragements nourris des supporters d’Azzurri, lesquels se sont cependant logiquement éteints au fil des minutes. Stade, en deuxième période, n’a fait que gérer son avantage et Azzurri n’avait pas les armes pour pousser. Score final 2-0, en toute logique.

Azzurri pourra-t-il s’en relever?

A trois journées de la fin, Azzurri 90 LS voit les places de finalistes s’éloigner, mais rien n’est terminé. Il reste trois matches aux hommes de Patrick Muller pour jouer les play-off: la semaine prochaine à la maison face à Bavois, ensuite à Naters et enfin, à domicile face à Signal Bernex-Confignon. Cette fois, c’est sûr, il faudra neuf points. Pas un de moins.

Les hommes du match

Du côté de Stade-Lausanne-Ouchy, gros match de Mobulu M’Futi sur son côté gauche, un des meilleurs qu’on l’ait vu faire pour le SLO depuis son arrivée. Il a beaucoup travaillé, pas mal percuté et a été récompensé par le but du 2-0. On l’a écrit souvent, mais une attaque M’Futi-Kok-Ngindu, voilà qui peut permettre de monter d’un cran sans aucun souci. Brice Ngindu, son pendant sur le côté droit, a été très bon lui aussi. Il a amené le deuxième but et a amené, comme toujours, beaucoup de percussion.

Juan Manuel Parapar a lui aussi beaucoup montré, recevant cependant trop peu de ballons pour réellement se montrer dangereux. Sinon, on a eu droit à quelques fulgurances de Bradley Bavueza, jeune homme venu de Servette M21 et pas du tout maladroit techniquement. Il avait déjà été bon face à Guin la semaine dernière, tout comme le latéral droit Nordyn Jaggi. Il a gagné sa place de latéral droit au mérite et est vraiment intéressant sur son côté. Il n’est pas grand, pas forcément rapide, pas le plus imposant physiquement, mais son intelligence de jeu est au dessus de la moyenne, tout comme son sens de l’anticipation.

Les prochains rendez-vous

Echallens accueille le SLO vendredi prochain, le 13, à 20h15. Le lendemain, à 17h, nouveau derby vaudois: Azzurri-Bavois!

FC Stade-Lausanne-Ouchy – FC Azzurri 90 LS 2-0 (2-0)

Buts: 10e Mejri 1-0; 19e M’Futi 2-0

Arbitres: M. Yves Dégailler, assisté de M. Dave Comtesse et de M. Daniel Fluza.

SLO: Enrico; Danner, Mabanza, Geiser, Rego; Fungilo, Laugeois, Mejri (68e Ruchat); M’Futi (74e Tebib), Kok (80e Pianaro), Ngindu.

Entraîneur: Andrea Binotto.

Azzurri: Gentile; Jaggi, Cassara, Elefante, Iyeti (66e Ombala); Fermino (78e Marazzi), Waidi (60e Galokho), Gasic; Parapar, Nsilu, Bavueza.

Entraîneur:  Patrick Muller.

Stade Juan-Antonio Samaranch, Vidy.

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