Stade-Lausanne montre qui est le patron

Stade-Lausanne montre qui est le patron

7-2! Cela s’appelle mettre les choses au point. Vevey, deux victoires en deux matches, avait effectué le début de championnat idéal (surtout pour un néo-promu), et venait à Vidy défier le Stade-Lausanne, les yeux dans les yeux. Les hommes d’Andrea Binotto avaient eux aussi six points après les deux premières journées, et ce match était donc un duel au sommet. Le vainqueur allait non seulement continuer sa série parfaite, mais aussi envoyer un signal fort au reste du groupe. Le résultat? Impitoyable. Stade-Lausanne a clairement montré qui était le patron et occupe désormais seul la première place, qu’il espère ne plus lâcher jusqu’au début de mois de juin 2014. La leçon de football a été totale, même si, fair-play, Jamel Kaissi tenait à relever les mérites du FC Vevey: « Le score ne reflète pas la différence de qualité entre les deux équipes. On a été très réalistes, et on s’est rendus la tâche facile. Bien sûr que nous avons mérité la victoire, mais elle aurait pu être moins large si nous avions eu moins de réussite offensive. »

Huit goals en trois matches pour Rushenguziminega

Et qui dit réussite offensive, dit Quentin Rushenguziminega, bien sûr. Le numéro 19 du SLO a inscrit les trois premiers buts de la rencontre, avant la pause, mais aussi le septième. Avec son quadruplé, il compte désormais huit goals en trois matches! Pour certains attaquants, une saison à huit buts est déjà réussie. En ce qui concerne Rushenguziminega, il faut donc moins de 270 minutes pour atteindre ce total. Fort. La seule fausse note de la soirée concerne le dernier quart d’heure, un peu bâclé par Stade, à la grande fureur de son gardien Mickaël Castejon. Le Français est un perfectionniste, et n’aime pas prendre de but, comme tous les gardiens (mais peut-être encore un peu plus que les autres). Le doublé de Jonathan Caeiro, alors que le score était de 7-0, l’a donc un peu irrité, mais il s’en remettra. Car, jusqu’alors, quelle démonstration!

Vevey a eu des occasions, mais n’a pas concrétisé

« Soyez patients », demandait Andrea Binotto à ses joueurs en début de match. Le Stade a très bien fait circuler le ballon, une de ses marques de fabrique, mais s’est fait peur d’entrée. Un ballon perdu profitait en effet à Jonathan Caeiro, mais le ballon piqué du Portugais passait à quelques centimètres du poteau de Castejon (3e). Brice Ngindu se procurait la première chance du Stade quelques minutes plus tard (6e), mais Fabio Provenzano sauvait bien, au premier poteau. Le SLO montait alors en puissance et ouvrait la marque par Quentin Rushenguziminega, en face à face, un de ses exercices de prédilection (16e). L’ancien junior de La Sallaz butait alors sur Provenzano (18e), quelques secondes avant une frappe trop enlevée d’Axel Danner.

A ce moment-là, les deux équipes se rendaient quasiment coup pour coup. Vevey répliquait donc, se créant une immense double-occasion à la demi-heure de jeu. Jonathan Caeiro se présentait seul face à Castejon, mais le Français gagnait son duel, se relevant dans l’enchaînement pour dévier la frappe de Mickaël Dogbé en corner. Un double-arrêt splendide, qui permettait au Stade de conserver son avantage. Castejon décisif? Qui sait, tout d’un coup, ce qui aurait pu se passer, si Vevey était revenu à 1-1?

Distribution générale de caviar de la part du milieu de terrain du SLO

On ne le saura jamais, et il est sûrement un peu audacieux de se poser la question avec un score final de 7-2, mais le football et sa dynamique peuvent, parfois, être mystérieux… Toujours est-il que Rushenguziminega mettait tout le monde d’accord en inscrivant le 2-0 et le 3-0 en deux minutes, avant le 4-0, inscrit de la tête par Luca Micheli sur un corner parfait de Julien Ruchat. Car il serait faux, bien sûr, de ne parler que de Quentin Rushenguziminega et d’oublier ses passeurs. Car n’importe quel buteur a besoin de bons ballons pour briller. Si les milieux de terrain d’Echallens avaient l’habitude de distribuer des caviars à leur avant-centre, ceux du Stade ne sont pas spécialement maladroits non plus. Axel Danner et Brice Ngindu sur les côtés sont deux ailiers très altruistes, et que dire de la qualité de passe de Zaku Fungilo, Julien Ruchat et Nicolas Tebib? L’an dernier, on l’a dit et répété, Stade-Lausanne avait le meilleur jeu de 2e ligue inter, devant les Azzurri 90, lesquels ont pourtant terminé en tête. Il ne manquait qu’un buteur au Stade. Aujourd’hui que les Lausannois l’ont trouvé, leur qualité de jeu est encore plus évidente car elle débouche sur des buts. Et cela change tout.

A 4-0 à la pause, et 7-0 à la 75e, Vevey n’avait bien sûr plus rien à espérer de ce match, mais a eu le mérite de ne rien lâcher. Par respect pour ses supporters, venus relativement nombreux à Vidy, mais aussi par fierté. Certes, le SLO s’est relâché en fin de match, on l’a dit, mais c’est aussi parce que les hommes d’Ugo Raczynski ont montré du caractère. Jonathan Caeiro a ainsi inscrit les deux buts qu’il n’a pas pu mettre en première période. Trop tard, bien trop tard, et le Portugais oubliera bien vite ces deux réussites, lui qui sait bien que seuls les buts rapportant des points sont réellement importants. Reste que Vevey a été digne jusqu’au bout, et ceci est un compliment.

Vevey va devoir se relever, mais ne doit pas dramatiser

Stade a fait fort, et, donc, envoyé un signal clair à tout le monde. « On ne doit pas s’enflammer, ce n’est que le début », prévient pourtant Jamel Kaissi. Il a raison: ce serait dommage de tout gâcher par excès de confiance. Mais si le SLO continue sur cette lancée, il sera inarrêtable. Pour n’importe qui. Car cette équipe a tout: un grand gardien et une défense solide, un jeu rapide et précis, à une touche, un milieu de terrain humble et travailleur, ainsi qu’un buteur. Sans oublier une certaine profondeur de banc, qui pourrait être utile toute la saison. Les bonnes entrées d’Andreas Soos (buteur sur le 5-0), d’Alexandre Badibanga et de Ghazi Allouchi (passeur décisif sur le 7-0) en sont la preuve.

Quant au FC Vevey, cette défaite ne doit pas tout remettre en cause, loin de là. Après ces trois premières journées, les Veveysans sont troisièmes, ce qui, en soi, est un bon résultat. Ce qui est un peu plus inquiétant, bien sûr, c’est la façon dont le collectif a pris l’eau. Vevey avait encaissé un but à UGS et un face à Perly-Certoux. Là, il en a pris sept d’un coup. Il faudra se relever de cette claque monumentale et en analyser les raisons. La bonne nouvelle du jour, car il en faut quand même une, c’est que le déplacement à Vidy est désormais derrière. Jamel Kaissi, classe jusqu’au bout, s’est voulu rassurant: « Ils vont faire des points, je ne me fais aucun souci pour eux. C’est une belle équipe ».

Les hommes du match

Le nom de Quentin Rushenguziminega s’impose comme une évidence. Il a inscrit les trois premiers buts du match, et n’a jamais ménagé ses efforts, restant dangereux jusqu’à la dernière minute. Enorme. Si toute l’équipe mérite une mention, on mettra en évidence la belle performance de Luca Micheli. Le latéral droit a inscrit deux buts, tous deux de la tête sur corner, ce qui n’est jamais anecdotique pour un défenseur. Son doublé lui permet de figurer dans cette rubrique, tout comme son match, très bon dans l’ensemble.

Du côté de Vevey, on va vite passer sur le sujet, mais disons que Fabio Provenzano a effectué quelques jolis arrêts. On doute cependant que cela suffise à lui laisser un bon souvenir de ce match. Sébastien Le Neün n’a, lui non plus, pas démérité. Le défenseur central français a fait ce qu’il a pu, mais était un peu le seul à être au niveau, samedi à Vidy.

Les prochains rendez-vous

Les deux équipes disputeront leur match de la quatrième journée le samedi 31 août, à 17h30. Vevey recevra Signal-Bernex, tandis que le Stade sera en déplacement à Chênois. Le bilan des Genevois pour l’instant? Trois matches, trois défaites, zéro but marqué et dix encaissés…

Stade-Lausanne-Ouchy – FC Vevey Sports 7-2 (4-0)

Buts: 16e, 34e et 36e Rushenguziminega 3-0; 44e Micheli 4-0; 49e Soos 5-0; 63e Micheli 6-0; 74e Rushenguziminega 7-0; 77e et 79e Caeiro 7-2.

Arbitres: M. Criblet, assisté de M. Baer et de M. Da Costa.
SLO: Castejon; Micheli, Papa, Kaissi, Karac; Ruchat (65e Allouchi), Fungilo, Tebib (68e Badibanga); Ngindu, Rushenguziminega, Danner (46e Soos).
Entraîneur: Andrea Binotto.
Vevey: Provenzano; Pavlik, Le Neün, Djukic, Preite; Protopapa, Malnati (76e Ukic), Barnabo, Zaccaria (68e Braichet); Dogbé (58e Dubuis), Caeiro.
Entraîneur: Ugo Raczynski.
Notes: Stade Juan-Antonio-Samaranch, Vidy.

Categories: 2e ligue inter