«Gardien de l’Angola, une grande fierté»

«Gardien de l’Angola, une grande fierté»

A 20 ans, Signori Antonio a dû faire un choix entre ses deux pays. Suisse ou Angola? Il a choisi l’Afrique et sa décision est désormais irréversible, puisqu’il a joué deux matches de qualifications avec son pays d’origine, face au Gabon et au Burkina Faso, tous deux perdus. Les deux premiers du groupe à quatre (le Lesotho complète le groupe) partiront au Maroc, au mois de janvier 2015. Pour l’instant, l’Angola, après les deux premiers matches, est dernier, mais n’a pas encore affronté le Lesotho, équipe la plus abordable. « Signo » s’exprime et dit sa fierté d’avoir disputé deux matches en tant que numéro 1 des « Palancas Negras », en exclusivité pour nous.

Signori Antonio, vous êtes désormais Angolais, après avoir porté les couleurs de l’équipe nationale suisse des M16 aux M20. Un choix facile à faire?

Disons que je suis convaincu d’avoir fait le bon. J’en ai parlé avec ma famille et mes conseillers et nous en sommes arrivés à la même conclusion: du moment que j’étais appelé par l’Angola, il fallait dire oui. Et je suis heureux de l’avoir fait. J’ai fait le choix qui me semblait le meilleur et c’est une grande fierté d’être international A.

Vous avez joué ces deux matches face au Gabon et au Burkina Faso en tant que titulaire. Vous êtes le numéro 1 de la sélection, désormais?

En tout cas, je l’ai été pour ces deux matches très importants. J’espère bien le rester.

Vos concurrents sont des gardiens évoluant au Portugal?

Non, ils jouent au pays, en Angola.

On imagine que vous avez reçu des garanties de l’Angola, non? Choisir sa sélection définitive, c’est un pas important dans une carrière…

Je n’ai reçu aucune garantie, je peux vous l’assurer. D’ailleurs, les garanties dans le football…

La perspective de disputer la Coupe d’Afrique des Nations 2015 a-t-elle pesé dans votre choix?

C’est clair que ce n’est pas rien! Mais bon, avant de penser à la disputer, il faut déjà se qualifier. On n’y est pas encore, mais c’est sûr que ce serait une expérience géniale.

Comment s’est passée votre adaptation?

Très bien, sans souci. Tout le monde m’a bien accueilli, mais je connaissais déjà le groupe, ayant joué un super match amical en mai face au Maroc. On avait gagné 2-0 et cela avait facilité mon intégration. Là, j’étais direct dedans.

Cela ne doit pas être facile de passer du français au portugais comme ça, d’un jour à l’autre, non?

Ca va, ça va… Je comprends très bien le portugais et je le parle un peu. Ca va, pas de souci de ce côté-là, en sélection suisse aussi, il faut parler d’autres langues, vous savez (rires).

Bon, venons-en au sujet qui fâche, le FC Le Mont…

Que voulez-vous savoir?

Comment vous gérez le fait d’être numéro 2 désormais…

Bon, la première chose, c’est que ça n’a pas affecté ma sélection, donc je reste positif. Après, c’est sûr que, comment dire…

On vous écoute.

Disons que j’ai le sentiment que des paroles n’ont pas été respectées. J’étais arrivé comme numéro 1, pour avoir du temps de jeu, et je constate que ce n’est plus le cas. C’est clair que cela ne me plaît pas. Mais bon, je continue à travailler et je reste serein. J’ai déjà connu cette situation à Lausanne, où Barroca est arrivé alors que j’étais numéro 1. Là, c’est Leoni. Bon, je dois l’accepter et continuer à travailler. Mais disons que cela fait deux fois qu’on va chercher un gardien d’expérience alors que je suis en place, donc je me dis qu’on fait les choses différemment ici et en Suisse alémanique.

Comment cela?

Regardez mon ami Yvon Mvogo: il est titulaire avec YB et je l’en félicite. Là-bas, ils ont fait le pari de le faire jouer lui et de laisser Marc Wölfli sur le banc, alors qu’il était revenu. Regardez Yannick Brecher, prêté par le FC Zurich à Wil, ou Mirko Salvi, prêté par Bâle à Bienne. Ils jouent. On leur pardonne leurs erreurs et on leur fait comprendre qu’on compte sur eux. Ici, ce n’est pas le cas. J’ai encore des lacunes, je le sais. Je dois encore travailler, progresser et tout faire pour retrouver la confiance du coach. Je me donne à fond et je veux récupérer ma place, même si je ne suis pas encore sûr de l’avoir perdue.

Pardon?

Juste avant le match face à Servette, à la théorie, j’ai appris que je serai sur le banc. Et je n’ai plus joué depuis. Mais je n’ai pas eu de discussion avec l’entraîneur ou le président, rien. Je ne sais pas ce qu’ils me reprochent, s’ils me reprochent quelque chose. Je constate juste que je ne joue plus, mais on ne m’a pas clairement dit que j’étais numéro 2. De toute façon, je vais m’accrocher.

Un départ à Noël est-il envisageable? Retourner à Lausanne, par exemple?

Je ne sais pas. J’en parlerai d’abord avec mon agent et toutes les personnes concernées à ce moment-là. Ce qui est sûr, c’est que j’ai envie de jouer.

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