« Si un club me désire, il sait où me trouver »

« Si un club me désire, il sait où me trouver »

Absent des terrains depuis la fin abrupte de son contrat avec Stade Nyonnais, Vittorio Bevilacqua a toujours faim de football.

Malgré des diplômes UEFA reconnus, des entraîneurs continuent d’être au « chômage » en Suisse, des fois par envie, parfois à la suite d’une reconversion professionnelle, ou encore par dégoût pour le football, mais également par manque de réactivité. Il est vrai que dans nos contrées, avec dix équipes en Super League et dix en Challenge League, il est difficile de se faire une place au soleil, surtout que le principal intéressé n’a pas sa langue dans la poche.

Sans football depuis 18 mois

Cela fait un an et demi que Vittorio Bevilacqua n’a plus entraîné, et sa langue, autant le dire tout de suite, est toujours bien pendu. Mais, l’ex-dirigeant, entre autres du Stade Nyonnais, est nostalgique. « Je suis encore motivé par le terrain, je veux donner mes consignes, encourager mes gars et pousser des coups de gueule, confie-t-il. Le football, c’est comme une maladie, tu ne la maîtrises pas, et elle prend une place très importante dans ma vie et dans celle de tous les passionnés. »

Il défend la vieille école, celle qui ne veut pas faire le « lèche-cul » pour obtenir un poste. « Je suis tout de même étonné de ne pas avoir reçu de coup de téléphone depuis novembre 2016, lâche-t-il. En plus, quand cela s’est terminé avec Nyon, Yverdon ou encore La Chaux-de-Fonds, l’équipe jouait les premières places du championnat. Chaque fois que j’ai dirigé un club, j’ai tout donné pour celui-ci, j’en ai même perdu ma famille. » Et le temps passe, l’Italien est proche de la soixantaine, mais il a encore soif de football.

« Je ne demande pas tant »

Quels sont les nouveaux défis attendus par l’expérimenté entraîneur ? « Franchement, je n’ai pas besoin de grand-chose, juste de bonnes infrastructures, un ambitieux projet avec des exigences évidemment. Les joueurs, dans chaque club dans lequel je suis passé, m’ont estimé. Malgré mon sale caractère, je suis quelqu’un d’apprécié et d’appréciable. Le motif économique ne m’intéresse pas plus que cela, je ne demande pas tant, c’est les gens qui parlent. J’aimerais quand même que le président me laisse travailler en paix », sourit Vittorio Bevilacqua. Le football des talus ? « Non, sauf si le club cherche vraiment à monter et possède le petit plus pour me motiver. Il faut aussi que les joueurs forment un groupe et qu’ils aient un état d’esprit irréprochable. »

Alain Geiger comme exemple

Vittorio Bevilacqua garde espoir de trouver un nouveau défi. Il peut prendre exemple sur Alain Geiger, de deux ans son cadet, et fraîchement nommé à la tête du FC Servette. « Je suis vraiment heureux pour lui, c’est un ami. Il y a aussi Jacobacci qui entraîne Sion, c’est très bien de faire confiance à notre génération. Mais cela me plaît également de voir des gars comme Celestini, Seoane, Magnin ou encore Wicky qui sont jeunes, mais qui font du très bon travail. »

Pas de place comme entraîneur principal, est-ce que le poste d’assistant l’intéresserait ? « Non, pas vraiment, j’ai besoin de diriger mon équipe, être le chef. Je pourrais éventuellement faire des concessions pour trois hommes que j’admire : Lucien Favre, Michel Descastel et Alain Geiger. Pour eux, je pourrais faire le pas. » Les autres postes ne l’intéressent pas non plus : « Je suis entraîneur de football, pas responsable technique ou directeur sportif », dit-il en tapant du poing sur la table.

22 ans d’expérience sur un banc

Vittorio Bevilacqua n’est pas hors circuit et a des arguments à faire valoir, mais il n’est pas là pour plaire, comme à son habitude. « Si un club me désire, il sait où me trouver, ce n’est pas moi qui vais chercher à faire des téléphones. J’ai mes qualités, mes défauts et plusieurs joueurs prêts à me rejoindre au cas où… » Son expérience parle pour lui avec 22 ans en tant qu’entraîneur, dont notamment six, en Challenge League. Le talent, il l’a, il ne manque plus qu’à lui trouver un banc qui sied à celui-ci, même s’il n’y est assis que quelques secondes par match.

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