« La seule solution? Aller jouer à Baulmes »

« La seule solution? Aller jouer à Baulmes »

La promotion éventuelle du Mont en Challenge League fait d’ores et déjà beaucoup parler d’elle, alors que le deuxième tour n’a même pas commencé. Serge Duperret est bien obligé d’y penser: son club est leader à la trêve, même s’il a perdu trois points sur tapis vert. Avant d’accueillir Kriens le 1er mars pour un match en retard, les Montains comptent trois points d’avance sur le deuxième. S’il faudra gagner la promotion sur le terrain, la bataille devra également se jouer en coulisses. Là aussi, il faudra trouver des solutions.

Le Châtaignier et La Pontaise? Impossible

« Nous avons jusqu’au 22 février pour déposer notre demande de licence pour la Challenge League », explique le président du Mont, bien décidé à retrouver la deuxième division du football suisse. Mais un point est plus épineux que d’autres: celui du stade. Très attaché au Châtaignier, Serge Duperret avait envie d’y rester. « Mais ce n’est même pas envisageable. Il faut 2,5 millions de francs pour le mettre aux normes. Irréalisable, impossible », explique l’homme fort du FC Le Mont. Lors de la saison 2009-2010, la seule de son histoire en Challenge League pour l’instant, Le Mont avait joué à quelques centaines de mètres de là, à La Pontaise. Un déménagement qui n’avait laissé de souvenir impérissable à personne. Le club ne se sentait pas à la maison, et la Ville de Lausanne n’y trouvait aucun avantage, pour ne pas dire qu’elle n’y voyait que des inconvénients. « On a refait une demande pour la saison prochaine, en cas d’accession, mais on nous a répondu poliment que les terrains seraient sur-occupés si l’on venait à La Pontaise », continue Serge Duperret. Et il y a un risque, quand même, que le LS et Le Mont évoluent dans la même ligue l’an prochain. Ce ne sera pas dans le même stade, c’est désormais une certitude.

« On ferait revivre ce stade »

Exeunt donc Le Châtaignier et La Pontaise. Il ne reste donc plus que peu de solutions. « En fait, c’est simple, il y en a deux. Nyon et Baulmes », détaille Duperret. Et sa solution privilégiée? « Nyon, je n’y pense pas, on ne va même pas essayer. On discute avec Baulmes, pour plusieurs raisons. La première, c’est que ce stade doit revivre! Il est aux normes de la Challenge League, et la meilleure qui y joue est en 2e ligue. C’est dommage, même si on ne va pas refaire l’histoire. On serait bien là-bas, on ferait repartir le foot dans cette commune et cette région. Et moi qui suis un enfant d’Yverdon, j’ai des attaches affectives avec le Nord vaudois. » Yverdon, justement, y a-t-il pensé? « Oui, mais le stade n’est plus aux normes de la Challenge League. » Le Stade Sous-Ville de Baulmes semble donc être l’option prioritaire.

Baulmes en hiver, c’est compliqué

Du côté du Nord-vaudois, Julien Cuérel a confirmé l’existence de contacts. Le syndic de la Commune et président du club ne voit pas d’un mauvais oeil l’arrivée des Montains, mais tempère: « Oui, ce serait bien de faire revivre ce stade à ce niveau, et on étudie la proposition. Nous allons aborder le sujet lors de notre séance de Municipalité cette semaine. Le Mont est coincé, on le sait. » Alors, accord en vue? « Je ne peux pas vous dire oui aujourd’hui. Il y a un paramètre important à prendre en compte, c’est l’état du terrain. A Baulmes, il est compliqué de pouvoir jouer d’octobre à mars, même si cette année, ça va. Pour la 2e ligue et la 4e ligue, pas de souci. Mais pour la Challenge League, c’est plus compliqué. Si Le Mont veut venir et prolonger les discussions, il doit s’engager à prendre à sa charge les frais de remise en état du terrain. On va sans doute demander une location pour le stade, pour l’électricité et l’utilisation générale, et on va devoir trouver un arrangement pour la buvette. Mais ce ne sont pas ces montants-là qui vont bloquer la transaction, à mon avis. »

Julien Cuérel: « Ce n’est pas aux citoyens de Baulmes de payer »

Le principal point d’accroche, aujourd’hui, concerne donc ces fameux frais de remise en état du terrain. « Nous avons deux équipes d’actifs dessus, et s’il faut rajouter les 18 matches à domicile d’une équipe de Challenge League, ça devient problématique en hiver. » Le montant que Le Mont devrait ainsi s’engager à couvrir? « On ne va pas parler de chiffre. Mais ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas aux citoyens de Baulmes de payer la remise en état d’un terrain sur lequel aura joué une équipe du Mont-sur-Lausanne. Tant qu’on n’aura pas une garantie écrite, ou le paiement effectif, on ne fera rien », insiste Julien Cuérel. Les choses sont claires: si Le Mont veut aller jouer à Baulmes, il devra payer pour que le terrain soit vert toute l’année. Autre évidence: le club s’entraînerait au Mont et n’utiliserait le Stade Sous-Ville et son unique terrain que les jours de match.

Trois clubs de 1re ligue Promotion intéressés à la montée?

Reste qu’il faut aller vite. On l’a dit, le délai pour le dépôt des demandes de licences est fixé à la fin du mois de février. « D’après ce que j’ai entendu, seuls trois clubs de 1re ligue Promotion sont intéressés », conclut Serge Duperret, sans pouvoir citer les noms des candidats potentiels. Ceux-ci seront connus bien assez tôt, mais il est permis de penser, sans aucune certitude, que Köniz, Carouge et Delémont pourraient être tentés de monter d’un cran dans la hiérarchie du football suisse. Et Le Mont? Réponse dans les prochains jours. Une chose est sûre, toujours selon le président montain: « Sans stade, on reste en 1re ligue Promotion, ça c’est clair. »

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