La Sarraz-Eclépens face à son histoire

La Sarraz-Eclépens face à son histoire

La Sarraz-Eclépens a deux balles de match, deux balles de promotion en 1re ligue, un niveau jamais atteint dans l’histoire du club. L’exploit est là, à portée de main. Il suffit d’arracher un nul face à Portalban/Gletterens (2e à quatre points), ce samedi à 18h, pour que le rêve devienne réalité. Et même, si les hommes de Jean-Philippe Karlen perdaient, ils seraient encore en position de force avant d’aller à Lyss (8e) lors de la dernière journée. Une victoire en terres bernoises et la promotion serait tout aussi officielle. Alors, en route pour la 1re ligue? Ce n’est pas encore fait et, de toute façon, on n’a pas envie de trop fâcher Pierre-Alain Porchet et Jean-Jacques Borgeaud.

A La Sarraz, on n’est pas adepte de grandes phrases pour les journaux

Le président et son adjoint n’aiment en effet pas trop en parler. Les deux hommes ne sont pas forcément superstitieux, mais « quand c’est pas fait, c’est pas fait ». Le bon sens paysan, comme on l’aime, qui fait qu’on compte ses vaches quand elles sont toutes rentrées à l’écurie, pas avant. Mais nous, comme on aime bien taquiner un peu les gens qu’on aime bien, on leur demande souvent, à ces deux excellents personnages, ce qu’ils ont prévu pour la montée, de la mise aux normes du stade au renforcement du contingent, en passant par les primes de promotion, un sujet évidemment tabou. « On verra ça en temps voulu », coupe court Jean-Jacques Borgeaud, avant de nous proposer un café, histoire de détourner la conversation. Donc, non, pour l’instant, on n’en sait pas plus. Et, de toute façon, vu que les deux hommes ne sont pas adeptes de grandes phrases pour les journaux, on ne s’attendait pas à de folles envolées. A La Sarraz, on a les pieds sur terre, ce qui n’empêche pas l’ambition.

Une politique sportive confiée à Jean-Philippe Karlen

Si les moyens sont mis à disposition par le président et son vice-président, la politique sportive du club est le fait de Jean-Philippe Karlen. L’homme qui monte d’une ligue quasiment à chaque voyage (une fois avec Orbe, deux fois avec Azzurri) a construit son équipe comme il la voulait: jeune, dynamique, rapide et travailleuse. Il y a les hommes d’expérience, bien sûr, avec David Geijo, Lyazid Brahimi et Veselin Georgiev, mais ces trois cadres-là, auxquels on peut ajouter le gardien remplaçant Damien Warpelin, sont entourés de jeunes éléments chargés d’apporter de la vie à cette équipe. Ils ont tous leur carrière devant eux, certains ont des rêves plein la tête, d’autres un peu moins, mais tous font partie de ce collectif et ils s’y sentent bien.

La jeunesse avec ses qualités et ses défauts

Bien sûr, cette jeunesse peut irriter parfois, quand elle décide de partir en vacances (ou en week-end dans une capitale d’Europe centrale) en plein milieu du championnat. Jean-Philippe Karlen a dû parfois se retenir d’en étrangler un ou deux, mais en fin meneur de groupes, il a su retourner ça de la meilleure des manières. « Tu veux partir? Ok, mais tu l’assumes. Et si un autre prend ta place et est meilleur que toi, tu t’assieds à côté de moi sur le banc ». Là est une des forces du blond entraîneur, un coach que ses joueurs adorent, parce qu’il va un peu dans leur sens, mais surtout, il les fait tous aller dans le sens du collectif.

Un entraîneur qui a la bonne formule pour monter

Il y a des équipes, comme Vevey, qui sont en position de force grâce à la politique de leur président et au choix des joueurs, qui portent le collectif. Et il y a un club comme La Sarraz-Eclépens, qui doit une grande partie de sa réussite à son coach. Oui, Jean-Philippe Karlen est un faiseur de miracles, mais au fond, il ne fait qu’appliquer des recettes qui fonctionnent: l’amour de ses joueurs, une énorme implication, de la franchise et beaucoup de remise en question de lui-même. Combien de fois nous a-t-il dit: « Aujourd’hui, je n’ai pas été bon »? Et, plus important, combien de fois l’a-t-il dit à ses joueurs? C’est aussi pour cela qu’ils l’aiment et qu’ils donnent tout pour lui. Cet homme-là sait mieux que quiconque se mettre en retrait et créer une ambiance d’équipe.

La franchise, la base de tout

La franchise? Elle est à la base de tout. Il aime ses joueurs et les protège, mais dit toujours la vérité, y compris pendant les matches et y compris à ses cadres. David Geijo, l’homme qui a connu les batailles de la ligue nationale et qui porte le brassard quand il joue, n’a pas besoin de pratiquer l’auto-critique: son coach est là pour lui dire s’il est bon ou pas, et « Charly » n’a pas besoin d’utiliser beaucoup de formules de politesses pour faire passer le message.

Oui, ce groupe-là veut entrer dans l’histoire du club

Alors, ce samedi, Jean-Philippe Karlen va trouver les mots pour sublimer ses troupes, une fois de plus. Va-t-il leur demander de jouer leur jeu et d’attaquer à tout va? Les trois dernières sorties à la maison n’ont pas été très convaincantes (Bulle 0-1, La Tour 4-3 et Thierrens 2-1), mais elles ont tout de même rapporté six points. A quel La Sarraz s’attendre? On n’en sait rien, mais ce dont on est sûr, c’est que l’ambiance ne peut pas être plus belle. Cette semaine, on est passé à l’entraînement, on a entendu la musique à coin dans les vestiaires, des joueurs avec le sourire et une détermination sans faille, tout en décontraction. Oui, ce groupe-là veut monter en 1re ligue et entrer dans l’histoire du club.

Un choc au sommet, un vrai, à prendre au sérieux

Attention, quand même, cette équipe de Portalban l’a emporté 4-1 à l’aller et n’a pas dit son dernier mot, loin de là. Il ne faut pas s’y tromper, ce match de samedi est un choc au sommet, un vrai. S’ils s’imposent ce samedi, les Broyards n’auront plus qu’à battre Béroche/Gorgier (déjà relégué) lors de la dernière journée pour prendre trois unités de plus. Et La Sarraz, de son côté, devra dans ce cas-là aller gagner à Lyss, une équipe qui pourrait jouer sa vie sur ce dernier match. Et il reste une inconnue, quand même: La Sarraz-Eclépens a une équipe jeune, avec tout ce que cela comporte d’insouciance et, peut-être, de manque d’expérience dans l’appréhension d’un grand événement. Samedi, dès 18h, il y aura sans doute un peu de monde En Gravey, un adversaire très expérimenté (Manu Bühler, Julien Chammartin, Cyril Letellier…) et une équipe de La Sarraz qui devra être à la hauteur moralement. La position de Portalban est en effet presque plus confortable: les Broyards doivent tout gagner et n’ont aucun autre choix possible. La Sarraz le sait bien: même en cas d’échec, il y aura une séance de rattrapage la semaine prochaine. Et ça, inconsciemment, cela peut jouer un peu…

Alors, finalement, on va opter pour la méthode « Porchet-Borgeaud », la plus prudente et la plus rationnelle: attendre avant de parler. C’est encore comme ça qu’on est sûr de dire le moins de bêtises.

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