La Sarraz-Eclépens a déjà fini sa saison

La Sarraz-Eclépens a déjà fini sa saison

“Un cauchemar!” Mikael Duperret a résumé en deux mots la soirée du FC La Sarraz-Eclépens, mercredi sur le terrain du FC Perly-Certoux. C’est là, tout près de la frontière française, que son club a enterré ses dernières illusions de promotion, s’il en restait encore, perdant 5-2 face à une équipe genevoise loin d’être transcendante. Le constat est inhabituel, mais il est juste: nous sommes en octobre et le FC La Sarraz a déjà fini sa saison. Avec 11 points de retard sur UGS (et, c’est vrai, un match en moins), les Vaudois ne peuvent déjà plus espérer rattraper UGS, leader de ce groupe 1 de 2e ligue inter. “Vous avez raison, c’est fini”, lâche, fataliste, Jean-Philippe Karlen. L’entraîneur sarrazin n’est pas du genre à baisser les bras, mais là, il ne peut que se rendre à l’évidence: 2014-2015 ne sera pas sa saison.

Quatre absents de marque, un par ligne

Le FC La Sarraz de cette année est un peu étrange. On sent un énorme potentiel dans cette équipe, laquelle a largement de quoi, sur le papier, rivaliser pour la première place avec des clubs qui ne semblent pas intouchables. Aujourd’hui, UGS est premier, Perly-Certoux deuxième et Collex-Bossy troisième. Un trio genevois, donc, dont aucun ne fait vraiment figure de cador incontestable. Il y avait la place, donc, cette saison, mais La Sarraz, il faut le dire, a trop d’absents pour qu’on le passe sous silence. Ce n’est pas une excuse? Peut-être, mais mercredi, il manquait Cédric De La Loma, Hervé Rickli, David Geijo et Damien Warpelin, soit quatre éléments ayant tous fait leurs preuves en Challenge League. Cela ne peut pas être anecdotique et chaque équipe en souffrirait. Mais, même diminués, les visiteurs auraient largement pu repartir de Perly avec les trois points de la victoire. Il n’en a rien été et, comme depuis le début de saison, la défaite a été au rendez-vous au point que le club sarrazin doit presque commencer à regarder derrière. On n’ose pas parler de lutte contre la relégation, évidemment, mais il serait bon de marquer quelques points pour se rassurer complètement.

Trois coups de pieds arrêtés, trois buts encaissés

A quoi tient une saison? Et si c’était à son premier match? “Vous pouvez rigoler et ne pas me croire, mais je suis convaincu que si l’on avait gagné notre premier match à Veyrier, cela aurait été une autre saison qui se serait jouée. Notre dynamique aurait été différente”, estime Jean-Philippe Karlen. Peut-être. Mercredi, à Perly, on a vu une équipe de La Sarraz peu en confiance et beaucoup trop fébrile pour espérer quoi que ce soit. Ainsi, la première mi-temps de Guillaume Salvi et de ses coéquipiers a été plutôt bonne… mais ils se sont retrouvés menés 3-1 en raison de trois coups de pieds arrêtés mal négociés! Un coup-franc qui transperce le mur de Kris Abatantuono pour le 1-0 et deux erreurs de marquage sur le 2-1 et le 3-1 ont permis aux Genevois de mener au score de manière inespérée.

A chaque fois, La Sarraz a eu l’occasion de marquer avant de se faire poignarder

“C’est incroyable! Tous les voyants étaient au vert avant le match. J’ai senti les gars bien pendant la théorie, ils étaient concentrés et motivés. L’échauffement a été très bon… et on prend ce vieux but après cinq minutes, lequel change tous nos plans”, pestait “Charly” Karlen. Son équipe est pourtant bien revenue dans le match. Valon Hysenaj, très bon, s’amusait côté gauche et crochetait son défenseur avant d’adresser un centre parfait pour Jérôme Barrier. 1-1 après 10 minutes. Un joli numéro de Dylan Martini aurait même pu offrir l’avantage aux visiteurs, mais Jason Brunet tentait une talonnade compliquée plutôt que d’inscrire le 1-2. Sur le contre, Perly marquait le 2-1… Il y a des soirs comme ça. La galère allait même empirer quelques minutes plus tard, lorsque le ballon venait mourir à quelques centimètres de la ligne sur une nouvelle belle action de Martini (37e). De nouveau, au lieu d’avoir encaissé le 2-2, Perly allait mettre le 3-1 quelques secondes plus tard. Un cauchemar, pour reprendre les termes de Duperret.

Valon Hysenaj rate le penalty du 4-3… et Perly marque le 5-2

Jean-Philippe Karlen a décidé d’opérer un double changement à la pause. Adrian Falcon et Mikael Duperret ont cédé leur place à Steven Bertrand et Arbesjan Lekiqi et La Sarraz est passé d’un 4-5-1 à un 3-4-3 plus offensif. Le résultat? Le 4-1, dès le retour des vestiaires, toujours sur corner… Mais les visiteurs continuaient à se montrer conquérants, revenant à la marque grâce à une jolie balle piquée de Valon Hysenaj. Perly, vraiment pas serein, reculait face aux offensives sarrasines. Hysenaj avait même le penalty du 4-3, mais sa frappe était détournée par le gardien genevois… avant le 5-2. Cette fois, c’en était trop. Avec quatre buts encaissés sur coup de pied arrêté, un penalty raté et plusieurs occasions loupées, la victoire avait choisi son camp et il était genevois.

Il a manqué un peu de caractère

Que manque-t-il à cette équipe? Franchement, on ne sait pas trop. Les joueurs de classe? Elle les a, même si certains sont blessés actuellement. Mais Elmedin Hasanovic, Arbesjan Lekiqi et Nicolas Vermot ne sont de loin pas les premiers venus. Les jeunes talentueux? Aussi. Dylan Martini, Guillaume Salvi, Jason Brunet, Lianel Lauper, Benjamin Teba, Steven Bertrand (auteur d’une très belle entrée à la mi-temps, alors qu’il n’a pas encore 17 ans!): tous ces jeunes hommes-là ont un vrai potentiel. Alors, quoi, si ce n’est pas un problème de qualité individuelle? L’entraîneur? Evidemment que le problème n’est pas là, et il n’y a même pas besoin d’argumenter pour savoir que Jean-Philippe Karlen est le seul capable de remonter cette équipe là où elle devrait se trouver. En fait, on a trouvé que cette équipe manquait de caractère lorsque certains de ses leaders ne sont pas là et cette lacune a été flagrante mercredi. Il aurait fallu, peut-être, un aboyeur sur le terrain, un patron capable d’amener un peu de vie et de recadrer tout le monde. Elmedin Hasanovic est un peu seul dans ce registre et il aurait mérité d’être un peu plus épaulé mercredi.

Ce match, comme le début de saison, a tenu à peu de choses

Mais il ne sert à rien, il faut bien le dire, de dresser un tableau trop noir de la situation, tant cette rencontre, comme le début de saison du club, a tenu à peu de choses. Avec plus de réalisme offensif et une intransigeance défensive plus importante, La Sarraz aurait gagné ce match, et on aurait écrit un article ultra-positif, expliquant que Valon Hysenaj et ses copains étaient revenus dans la course à la promotion. Victoire et défaite sont deux notions si proches et en même temps si éloignées l’une de l’autre…

Un déplacement à Sierre samedi

Samedi, le FC La Sarraz sera en déplacement en Valais pour y affronter le redoutable FC Sierre. A priori, le seul blessé de retour devrait être Damien Warpelin. Suffisant pour s’imposer? Il faudrait surtout que la réussite revienne… et qu’elle ramène un peu de confiance. Le début de saison du FC La Sarraz-Eclépens est une illustration de ce qu’est le football quand rien ne tourne en sa faveur. Il suffit de peu, parfois, pour que la roue tourne, mais pour cela, il faut travailler, encore et encore. Bien terminer la saison est aussi et surtout le meilleur moyen de préparer déjà la suivante…  C’est affreux de parler déjà ainsi au mois d’octobre? C’est la réalité, malheureusement.

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