Réduit à 10, Azzurri arrache un point mérité

Réduit à 10, Azzurri arrache un point mérité

Réduit à 10 durant plus de 40 minutes suite à l’expulsion de Juan Rodriguez, Azzurri Lausanne, à force de travail et d’abnégation, parvint à égaliser dans les arrêts de jeu. La fin de la partie fut émaillée d’incidents. Déplorable. 

Directeur sportif, mais aussi joueur d’Azzurri, Juan Rodriguez en a vu de toutes les couleurs samedi, sur un terrain balayé par une petite bise et où les feuilles mortes n’avaient pas été ramassées à la pelle. Avant la partie, il dit: « Ici on est revenu à un des fondamentaux qui fait la beauté du football, le plaisir. L’équipe est jeune et elle joue pour l’amour du logo Azzurri. On est devant au classement, on demande de la tranquillité, de pouvoir travailler dans la sérénité. On est une famille, un club. » Qui n’aligne plus aucun nom ronflant, mais des jeunes ardents, qui bouffent le gazon.

A la pointe de l’organigramme du club, il y a le nom aujourd’hui du vice-président Michel Gerber. Mais où est donc passé Antonio d’Attoli, le boss qui a tant donné -que de crève-cœurs subis – et payé de sa personne ? « Il a voulu prendre du recul, c’est un supporter maintenant. C’est son choix », répond Juan Rodriguez, près du vestiaire et aux côtés de Metin Karaguelle, qui l’écoute.

A une centaine de mètres de là, près d’une petite maison en bois où est installé le speaker, arrive Antonio d’Attoli. On échange quelques mots, certains sont fragiles, d’autres vont droit au but. « D’Attoli est toujours vivant », lâche-t-il avant la mise en route des projecteurs faiblards, mais aidés par un ciel rouge et rose projetant une lumière supplémentaire et utile.

Superbe coup-franc de Rodriguez

Le match ? On ne sait pas si les acteurs ont éprouvé du plaisir à le jouer,  mais leur engagement a été total. Il y a eu peu de temps mort. Si en première période, Azzurri combina mieux que son adversaire – YB joua beaucoup dans la verticalité -, la suite appartint aux visiteurs, qui évoluèrent une bonne quarantaine de minutes en supériorité numérique.

Auteur du 1-0 -superbe coup-franc de Rodriguez qui trouva le coin droit du portier bernois, 45e-, le numéro 20 d’Azzurri, déjà averti auparavant, commis une faute sur Kronig avec lequel il était au duel, inutile (coup au visage). L’arbitre sortit un carton, le rouge. Ce qui pénalisa aussi son équipe, dès lors obligée de se multiplier encore plus, malgré la fatigue, qui s’était installée dès le soleil finissant. Au terme du débat, le directeur sportif, qui avait passablement rouspété sur le terrain ce qui agaça sans doute le directeur de jeu, peinait à comprendre le pourquoi des deux cartons jaunes, synonyme de rouge.

Mais Azzurri n’est pas un leader d’occasion, de pacotille, ni une équipe quelconque occupant le haut du tableau. A l’heure de jeu, pourtant diminuée, la troupe de Metin Karaguelle, qui opéra désormais en contre, s’offrit une balle de 2-0, via Nkufo, seul face à la cage, au bout d’une action rondement menée. Las, trop précipité il échoua. Le locataire venait de passer à côté d’un break définitif. D’un nouveau succès.

« J’ai honte », déplorait Burno Imondi, entraîneur-assistant d’Azzurri à l’issue de la rencontre.

Comme souvent après ce genre de situation, c’est l’adversaire, qui était pourtant plus en os qu’en chair, qui profita de cette circonstance de jeu pour égaliser. YB jouait plus haut et plus vite, il bousculait l’hôte réduit à 10, logiquement. Alors que l’exercice tirait à sa fin, il y eut une scène de ménage dans les 16 mètres d’Azzuri.

Aux prises, Ciavardini et Mutombo (?). Le Bernois Wehrlin tomba. Penalty jugea M. Rogalla, très entouré sur cette action, et au terme de la partie, sur le terrain, mais dans les arrêts de jeu, sur un contre et profitant d’une mésentente de l’arrière-garde bernoise, Mutombo égalisa. Joie indescriptible. Azzuri était récompensé de ses efforts, de son gros travail, inlassable.

« L’arbitre nous a volés 2 points »

Mais ce qui se passa ensuite devant les vestiaires des joueurs fut insupportable. Des joueurs d’Azzurri portèrent des insultes à l’encontre de l’arbitre, qui avait été escorté par Antonio d’Attoli et ses assistants jusqu’à leur vestiaire. « Il nous a volés 2 points », hurlèrent d’aucuns. Une dispute prit forme entre différents acteurs, une mêlée s’en suivit, il y eut beaucoup d’agitation, répréhensible, des personnes neutres tentèrent de calmer tout le monde ; chose faite mais difficilement. Sous les yeux d’enfants, qui durent se dire que le monde des adultes ne se porte pas très bien.

Sitôt remis de ses émotions, à considérer cette échauffourée, Bruno Imondi, depuis 5 ans entraîneur-assistant d’Azzurri juge à bon de reparler sport : « Réduite à 10, l’équipe a bien tenu, en marquant tout à la fin, elle a montré une grande force de caractère », releva-t-il. « La plupart des joueurs évoluaient la saison passée en 2e ligue et 2e ligue inter. Le groupe est jeune, sa moyenne d’âge est d’environ 23 ans. » Il a dit ça encore sous le choc de ce qu’il avait vu. Scènes de sport déplorables. Où est la notion de plaisir, Monsieur le directeur sportif ?

AZZURRI LAUSANNE -YB II 2-2 (1-0)

Arbitre: M. Rogalla.

Buts: 45e Rodriguez 1-0, 64e Taveira 1-1, 89e Kasai (penalty) 1-2, 92e Mutombo 2-2.

Azzurri Lausanne: Sahingoz; Ciavardini (91e Ramadani), Meuris, Mutombo, Ombala; Gasic; Nkufo (87e Almada), Ukehaxhaj, Brahimi (81e Cando), Rodriguez; Camara. Entraîneur: Metin Karaguelle.

Young-Boys II: Marzino; Seydoux (61e Boss), Hajrizi, Schmied, Kronig; Girod, Marinkovic, Tokam (75e Pürro); Wehrlin, Gollimard (46e Taveira); Kasai. Entraîneur: Joël Magnin

 

Ecrire un commentaire

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*