Quelle démonstration de Stade-Lausanne-Ouchy!

Quelle démonstration de Stade-Lausanne-Ouchy!

Incroyable Stade-Lausanne-Ouchy! Le mot n’est pas assez fort, même. On espérait avoir droit à un joli spectacle samedi aux Peupliers dans le choc au sommet de 1re ligue et on n’a pas été déçu, tant ce match a tenu toutes ses promesses. Menés 2-0 à Bavois, réduits à dix à la suite de l’expulsion de leur gardien Robin Enrico, les Lausannois ont réalisé l’exploit insensé d’aller s’imposer à Bavois  (2-4) grâce à un esprit d’équipe phénoménal et à une prise de risque payante d’Andrea Binotto. L’entraîneur des Stadistes a en effet décidé de passer à trois défenseurs au coup d’envoi de la deuxième période, alors que son équipe était menée au score et qu’elle jouait à dix. Il fallait oser, car on en connaît beaucoup d’autres qui se seraient contentés de verrouiller et d’attendre une défaite honorable, misant éventuellement sur une balle arrêtée pour essayer de revenir, par miracle.

« Bien sûr qu’on aurait pu rester à quatre, mais je ne suis pas sûr qu’on aurait réussi à revenir. J’ai décidé de passer à trois pour tout tenter et appuyer Sonny Kok devant, je ne voulais pas qu’il soit trop esseulé », a commenté Andrea Binotto à la fin de la partie. Un choix payant, puisque Stade a complètement dominé une équipe de Bavois fantômatique après la reprise. Sans exagérer, le SLO donnait l’impression de jouer avec deux hommes de plus, alors qu’il en comptait un de moins.

Un début de match équilibré, jusqu’au tournant de la partie

Le match dans le détail? Bavois a frappé en premier, par l’intermédiaire d’une jolie en frappe en pivot de Boubou Ouattara. Robin Enrico, qui faisait son retour dans le but de la première équipe du SLO après sa grave blessure face à Azzurri en 2015, a parfaitement réagi, se couchant vivement sur son côté droit (9e). La réaction des Lausannois? Une volée largement au dessus de Fabio Rego, pourtant en position idéale face au but à la suite d’un coup de pied arrêté (21e). Une occasion XXL pour Stade-Lausanne, car Marco Grosso, à bout portant, n’avait aucune chance d’intervenir, même miraculeusement, si la frappe du latéral stadiste avait été cadrée. Sonny Kok s’est ensuite bien emmené un ballon dans les seize mètres, mais sa frappe a été détournée par Grosso (29e). Quinze secondes plus tard, sur le contre, le premier tournant du match arrivait.

Robin Enrico expulsé, le SLO à dix dès la 30e

Micael Martins s’échappait en effet côté droit et s’en allait affronter le malheureux Robin Enrico, lequel le crochetait. Faute de dernier recours indiscutable et, donc, carton rouge pour le gardien stadiste et penalty pour Bavois. Muamer Zeneli le transformait en prenant Eren Sahingöz à contre-pied. Le coup était vraiment rude pour Stade-Lausanne, d’autant qu’Andrea Binotto a bien été obligé de sacrifier l’un de ses joueurs offensifs. Il a choisi Ahmed Mejri, lui tapant dans la main à sa sortie, comme pour s’excuser. Stade, dès lors, avait encore une chance, bien sûr, mais sa situation se compliquait sérieusement.

Pire, Aziz Demiri double la mise peu après

Aziz Demiri a ensuite doublé la marque, quasiment immédiatement après l’ouverture du score. Le milieu de terrain bavoisan a en effet pu inscrire le 2-0, après un joli dribble à l’entrée de la surface, frappant à ras de terre au premier poteau. Eren Sahingöz ne s’y attendait pas, en tout cas pas de ce côté-là, et le FCB doublait la mise.

Sonné, Stade-Lausanne? Peut-être un peu, mais les visiteurs ont eu la bonne idée de réagir juste avant la pause, grâce à un coup-franc rentrant de Fabian Geiser. Le capitaine du SLO frappait en direction du but, le ballon passait à travers tout le monde et trompait Marco Grosso, surpris de constater que personne n’avait touché ce ballon, que ce soient ses défenseurs ou les attaquants adverses (38e). De quoi complètement redonner espoir aux visiteurs, qui se créaient encore une immense occasion par Andy Laugeois, dont le coup de tête inquiétait sérieusement le gardien bavoisan, obligé de se détendre sur son côté gauche (44e). 2-1, score à la pause.

L’audace payante d’Andrea Binotto

Andrea Binotto a alors fait preuve d’audace à la mi-temps, en décidant de passer à trois derrière pour la deuxième période. A dix, face à un FC Bavois jouant à trois attaquants, il fallait oser et le coach du SLO a failli en être récompensé d’entrée, mais la tête de Mobulu M’Futi est passée à douze centimètres du poteau gauche de Grosso, archi-battu sur ce coup-là (48e). Le plus fou? Stade a égalisé grâce à un coup-franc de Fabian Geiser, repris de la tête par Sonny Kok! 2-2 à la 55e! Encore plus fou? Léo Morax a bien failli inscrire le 2-3 à la 57e, grâce à une frappe surpuissante de 25 mètres, déviée en corner par Marco Grosso, des poings. Encore plus insensé? Sonny Kok a de nouveau frappé, à la 59e cette fois, en chipant le ballon devant Sébastien Le Neün et en allant défier Grosso, qu’il trompait d’une frappe très habile entre les jambes. 2-3! A dix contre onze, Stade marchait complètement sur un FC Bavois absolument dépassé.

Bavois a ensuite eu une occasion par Omar Bellagra, lequel a frappé à côté (61e). Une scène a ensuite donné lieu à quelques palabres, le même Bellagra s’étant fait faucher dans les seize mètres par Léo Morax. M. Rothenfluh a alors désigné le point de penalty, mais son assistant lui a signalé un hors-jeu de Bellagra. L’arbitre a alors décidé d’avertir Morax, mais de donner coup-franc pour Stade-Lausanne, une décision à notre avis très correcte.

Quel match de Sonny Kok!

Sonny Kok a alors manqué une immense occasion en contre, frappant au dessus après un très bon service de Mobulu M’Futi (71e). Micael Martina a ensuite eu la barre du 3-3, mais sa volée a passé elle aussi par dessus (75e), alors qu’il se trouvait seul en positon favorable. Bavois avait laissé passer sa chance, Matheus Fungilo marquant très joliment le 2-4 à un quart d’heure de la fin, sur un centre parfait de Sonny Kok, lequel venait de bouger Sébastien Le Neün dans un duel. Quelle folie et quel match de Sonny Kok! Au final, Stade s’est imposé de deux longueurs dans un match absolument insensé et qui montre bien l’état d’esprit de la troupe d’Andrea Binotto, laquelle semblait indestructible ce samedi.

Bavois va-t-il s’en remettre?

Le FC Bavois peut-il se remettre de cette défaite dans le choc au sommet, vu les circonstances? Bekim Uka et son adjoint William Luckhaupt sont restés assis sur leur banc de longues minutes après le coup de sifflet final, se demandant quel ouragan venait de leur tomber dessus. La réaction de Stade-Lausanne a été exemplaire, c’est un fait, mais Bavois s’est quand même sabordé tout seul. Laisser échapper un avantage de deux buts, dans un choc comme celui-là, qui plus est avec un homme de plus sur le terrain, voilà qui a de quoi plomber la semaine d’entraînement à venir. Il va falloir réagir très vite, cependant, et la venue de Terre Sainte, équipe en panne de résultats en 2016, doit servir à se remettre en confiance. Mais une chose est sûre, il va falloir trouver les mots ces prochains jours du côté de Bavois. Le manque d’organisation en deuxième période et la panique à bord sont en effet incompréhensibles, inexplicables. Il va bien falloir rebondir, pourtant.

Le SLO a gagné tous ses matches en 2016

Ce match a-t-il été un tournant du championnat? Pas impossible, car ce succès va sans aucun doute donner un supplément de confiance aux Stadistes, eux qui ont gagné tous leurs matches en 2016. La situation est toujours aussi serrée en tête de ce groupe 1 et ces trois points-là n’ont pas une importance comptable démesurée. Mais psychologiquement, Stade a frappé un énorme coup ce samedi aux Peupliers.

Les hommes du match

Du côté de Bavois, difficile de sortir un joueur en particulier vu le contexte du match. Disons qu’Aziz Demiri a beaucoup donné au coeur du jeu et n’a pas forcément grand-chose à se reprocher. Il a inscrit le 2-0 et globalement, il a été l’auteur d’une prestation satisfaisante. Sinon? Micael Martins a fait une bonne première mi-temps, provoquant l’expulsion de Robin Enrico.

Sonny Kok a réalisé une prestation de tout premier plan. Quel joueur, quand même, quel caractère! ll a inscrit un doublé absolument splendide et a offert le 2-4 à Matheus Fungilo. Seul en pointe, il a énormément bataillé, remportant de manière très nette son duel avec la charnière Le Neün-Bentayeb. Clairement, il a été énorme et est en train de se faire une sacrée réputation en 1re ligue. Comme quoi, on peut passer deux ans entre la 2e et la 3e ligue et ne rien, mais alors vraiment rien, perdre de ses qualités. Quel joueur… Fabian Geiser mérite également une mention. Sa qualité sur coup de pied arrêté a fait la différence sur les deux premiers buts, mais, surtout, il a tenu la défense d’une main de maître même lorsqu’Andrea Binotto a ordonné le passage à trois derrière, à onze contre dix. Son calme, son autorité, sa classe naturelle en ont fait l’un des grands hommes de cette partie.

Les prochains rendez-vous

Les deux équipes rejouent le samedi 9 avril à 17h, toutes deux à domicile et toutes deux face à des adversaires de deuxième moitié de classement. Bavois accueille Terre Sainte. Stade-Lausanne reçoit Naters.

FC Bavois – FC Stade-Lausanne-Ouchy 2-4 (2-1)

Buts: 31e Zeneli, pen. 1-0; 35e Demiri 2-0; 38e Geiser 2-1; 55e et 59e Kok 2-3; 77e Fungilo 2-4

Arbitres: M. Marco Rothenfluh, assisté de M. Thomas Zihlmann et de M. Kevin Blättler.

Bavois: Grosso; Kurtic, Bentayeb, Le Neün, Zeneli; Demiri, Zari, Malgioglio (64e Pitronaci); Martins, Makshana (56e Bellagra), Ouattara.

Entraîneur: Bekim Uka.

SLO: Enrico; Danner, Mabanza (46e Morax), Geiser, Rego; Laugeois (70e Karac), Fungilo, Mejri (30e Sahingöz); Ngindu, Kok, M’Futi;

Entraîneur: Andrea Binotto.

Terrain des Peupliers. 29e, expulsion de Robin Enrico (faute de dernier recours sur Micael Martins).