Pied du Jura et la «génération 95»

Pied du Jura et la «génération 95»

Le seul transfert de l’été a été très spectaculaire pour le FC Pied du Jura, puisqu’il s’agit de l’arrivée de Michaël Martinez. L’ancien attaquant de Gland et de Genolier-Begnins, entre autres, a besoin de retrouver la forme et monte en puissance. Face à Thierrens vendredi soir (défaite 0-1), il a montré de belles choses, associé à Samy Laubhscher et Michaël Matthey en attaque. Au point d’aider le club à faire mieux que sa 6e place obtenue il y a quelques semaines en 2e ligue? Ce n’est pas impossible, tant ce trio offensif semble de qualité. Mais si le FC Pied du Jura peut compter sur ces trois joueurs pour espérer faire mal à quelques défenses, il n’oublie pas d’intégrer des jeunes, et plutôt massivement.

Bruno Chappuis croit aux qualités de ces jeunes

Bruno Chappuis, revenu au FCPJ à l’été 2013, peut en effet compter sur une génération de joueurs nés en 1995, qui montre gentiment qu’il est possible de compter sur elle. Ils ne sont pas encore identifiés comme de redoutables joueurs de 2e ligue, mais ils ont déjà montré, ponctuellement, qu’ils pouvaient jouer à ce niveau. Leur nom? Robin André, Tanguy Lugon Moulin, Florian Golay, Gaëtan Mange, Roan Fiechter, Victor Azombo et Matthias Mesot, sans oublier Philippe Ganshof et Loïc Romanens, qui sont, eux, nés en 1996. Un autre jeune homme né en 1995, Gilles Perrinjaquet, a joué quelques minutes face à Thierrens, mais devrait plutôt disputer le prochain championnat avec la II. Certains d’entre eux se sont déjà fait un petit nom en 2e ligue, notamment lors d’un très joli match en fin de championnat dernier à Montreux. Le MS devait absolument gagner pour conserver sa première place et s’était imposé in extremis 5-4! Tanguy Lugon Moulin avait notamment marqué, dans une équipe où Philippe Ganshof, Matthias Mesot, Victor Azombo et lui étaient titulaires. De quoi prendre confiance.

Ils ne vont évidemment pas tous jouer, tout le temps, et peut-être même qu’aucun d’entre eux ne sera aligné au coup d’envoi du premier match de championnat. A cet âge-là, on doit penser à faire ses preuves avant de revendiquer quelque chose, mais Bruno Chappuis entend bien continuer à leur donner leur chance: « A quoi cela servirait de les inclure dans le contingent et de ne pas les faire jouer? Il faut bien les lancer! C’est le projet qu’on a ici, on doit penser à renouveler l’effectif et à consolider l’identité du club. » Tout en restant compétitif. Les joueurs expérimentés sont toujours là et hors de question pour eux de laisser leur place sans combattre. Les valeurs du coin, sans aucun doute.

Entraînés en juniors par leurs coéquipiers d’aujourd’hui

Ces jeunes-là ne sortent pas de nulle part et sont le fruit d’une vraie politique identitaire du FC Pied du Jura. Cette « génération 95 » a fait toutes ses classes au club, ou presque, et s’est notamment retrouvé entraînée par des joueurs de la première équipe comme Benjamin ou Simon Fuchs. Aujourd’hui, ils se côtoient à l’entraînement et cela, forcément, c’est une fierté et la récompense du travail bien fait. « Pour être tout à fait honnête, il faut préciser qu’un ou deux de ces jeunes viennent de l’extérieur. Un vient d’Aubonne et un autre d’Echichens, où j’ai entraîné », précise Bruno Chappuis. Les autres? Ils sont du club et portent les couleurs d’une première équipe qu’ils ont toujours rêvé de rejoindre. A Pied du Jura, pas question de faire partie d’un groupement et de se battre pour avoir les juniors une fois sortis des B ou des A. « Le groupement, il a été fait quand le FC Pied du Jura a été créé. L’identité, elle est là. Ce choix était le bon », précise Bruno Chappuis. Pour rappel, le FCPJ regroupe les anciens clubs de Colombier-Pampigny et Apples-Ballens, et ses membres proviennent de 16 communes de la région.

Un jeu de plus en plus attractif

Evidemment, la perspective de jouer en 2e ligue permet à ces jeunes de rester au club et de ne pas partir à 17 ou 18 ans. Etre entraîné par Bruno Chappuis, assisté de l’excellent Pierre-Alain Girard, avec la promesse de recevoir sa chance et du temps de jeu, voilà qui a de quoi motiver un jeune footballeur, en plus de l’ambiance régnant dans un club familial, mais qui n’oublie pas d’être ambitieux. D’autant que le jeu pratiqué est de qualité et ne repose plus sur une solidité à toute épreuve. Jean-Marc Dupuis, l’entraîneur de la première année en 2e ligue, l’a toujours assumé et le dit encore aujourd’hui: pour se maintenir, il fallait commencer par bien défendre, ce que Pied du Jura a admirablement fait. Parti sur ses fondations-là, Bruno Chappuis a bâti une équipe qui n’hésite pas à prendre le jeu à son compte.

Un contingent de 22 joueurs

Avec tous ces jeunes, et vu que personne n’est parti cet été, le contingent se monte désormais à 22 joueurs et l’idée est également de faire monter la deuxième équipe de 4e en 3e ligue. Il est donc évident que certains éléments de cette « génération 95 » iront en 4e ligue un week-end de temps en temps, voire régulièrement. A eux de le prendre comme une expérience intéressante et de prouver au staff de la I qu’ils méritent de jouer deux crans au-dessus. Durant cette préparation, le FCPJ a choisi de débuter face à trois équipes de 2e ligue inter. Le résultat? Trois défaites (La Sarraz 2-0, Payerne 5-1 et Thierrens 1-0), mais l’essentiel est ailleurs. « On a choisi de commencer comme ça pour acquérir du rythme et progresser plus vite », explique l’entraîneur.

Bruno Chappuis: « Avec cette politique, on est dans le juste »

La conclusion de Bruno Chappuis? « Avec cette politique, on est dans le juste. On peut espérer faire mieux que la saison précédente, mais si l’un d’entre nous croit que ce sera facile, on n’y arrivera pas. Il faudra mouiller le maillot, se donner à fond, et travailler encore et toujours, sans relâche. Si on le fait, et seulement si on le fait, on finira à une meilleure place que sixième. Si on se prend pour des autres, on se cassera la gueule. » Pied du Jura n’a pas de marge, mais de l’espoir et de la volonté.

Categories: 2e ligue

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