Philippe Mortgé: «Que l’on se mette autour d’une table et qu’on discute»

Philippe Mortgé: «Que l’on se mette autour d’une table et qu’on discute»

Le président du Stade Nyonnais met certaines choses au point aujourd’hui. L’assemblée générale convoquée par les membres le 28 juillet? Il la juge illégitime, mais assure que le comité en convoquera une dans les règles de l’art pour le 19 août. La situation du club, celle de l’équipe première: Philippe Mortgé dit tout et assure être prêt à discuter avec les bonnes personnes dans les prochains jours. Interview.

 

Monsieur Mortgé, que pensez-vous de l’assemblée générale extraordinaire convoquée par les membres le 28 juillet prochain?

Qu’elle est illégitime, tout simplement. Des membres ne peuvent pas auto-saisir une assemblée. Les statuts sont clairs: seul le comité peut convoquer une assemblée générale, voire un juge. En aucun cas les membres eux-mêmes.

Donc?

Donc cette assemblée ne peut pas avoir lieu. Par contre, nous proposons, nous, le comité en place, élu selon les statuts, une assemblée générale extraordinaire le 19 août. L’avis paraîtra dans la presse ces prochains jours, il a été envoyé. Cette assemblée-là est convoquée dans les délais, tout est conforme au droit suisse.

Vous avez vu que les « résistants » ont proposé leur comité, avec Vartan Sirmakes à sa tête (lire ici)

Oui, j’en ai pris connaissance.

Votre réaction?

Nous sommes ouverts au dialogue. Qu’on se mette autour d’une table et qu’on discute! Ces gens veulent le pouvoir au Stade Nyonnais? Très bien. Nous sommes prêts à discuter, dans un climat serein et courtois. Je ne veux plus de lettre d’avocats. Je demande simplement un peu de courtoisie et de bon sens.

Pourquoi avoir refusé que l’assemblée générale extraordinaire, prévue initialement le 23 juillet, se tienne?

Mais nous ne l’avons jamais refusé! Je tiens à rétablir cette vérité-là!

On vous écoute.

Lorsque la demande a été faite, nous l’avons étudiée et nous avons donné notre accord, dans un premier temps. Nous avons commencé à examiner toutes les signatures des membres demandant cette assemblée et il est apparu qu’il y en avait 57, soit moins d’un cinquième du total des membres du Stade Nyonnais. Or, il faut cette proportion-là pour que les membres demandent la tenue d’une assemblée générale extraordinaire. Voilà pourquoi nous ne l’avons pas convoquée. C’est aussi simple que cela.

Les salaires ne sont pas payés depuis plusieurs mois, ce que personne ne peut vous reprocher vu la situation financière du club. Par contre, pourquoi avoir engagé Jean-Michel Aeby et Diego Sessolo, deux professionnels reconnus, alors que les défraiements des entraîneurs juniors ne peuvent pas être assurés? Vous ne pensez pas que le signal est mauvais?

Non, c’était nécessaire. Jean-Michel Aeby n’est plus là et je dirais simplement que toutes les personnes qui voulaient qu’ils partent ont bien montré leur détermination à le faire s’en aller… En ce qui concerne Diego Sessolo, il fallait, et il faut encore d’ailleurs, une personne de sa qualité pour encadrer le mouvement juniors et la politique globale du club. Des gens qui veulent investir dans le Stade Nyonnais demandent du sérieux et des structures, vous savez. Nyon avait un manque flagrant à ce niveau. On ne s’est pas levé un matin en disant: « Tiens, on va engager Diego Sessolo! ». Evidemment que cela ne s’est pas passé comme cela. Mais un club comme Nyon doit avoir une personne comme lui, j’en suis encore convaincu aujourd’hui.

Les gens qui veulent investir dans le Stade Nyonnais à vos côtés, ils sont encore là? Les Brésiliens sont partis…

Aujourd’hui, il y a de l’intérêt. Demain, après le tour de table, je ne sais pas. Concernant les Brésiliens, ils sont partis parce que le climat général autour du club n’était pas bon. Et cela, c’est plus de la responsabilité des gens qui nous attaquent que de la nôtre.

Quelle équipe sera sur le terrain le 5 août contre Bâle M21? Manifestement, les joueurs ne veulent plus s’entraîner ni jouer…

C’est faux.

Pardon?

Ils s’entraînent et ils jouent, mais refusent de se rendre à nos convocations. Mais ils font des matches amicaux, croyez-moi. Là où on a un problème, c’est qu’ils s’entraînent sous la responsabilité d’un entraîneur qui a été licencié et qui n’a plus le droit d’exercer sous les couleurs du Stade Nyonnais. Mais manifestement, pour reprendre votre terme, l’équipe s’entraîne pour être prête le 5 août.

Lorsqu’on vous a entendu parler, lors de votre assemblée générale d’intronisation à l’été 2014, vous étiez très enthousiastes, Mirko Müller et vous. Aujourd’hui, la situation a radicalement changé. Regrettez-vous d’être venu dans cette galère?

Sincèrement, oui.

A ce point-là?

Si on avait su que tout cela allait arriver, on ne serait pas venus. Ca, c’est clair et net.

N’aurait-il pas fallu mieux se renseigner avant?

Vous savez, on a reçu les compte une demi-heure avant l’assemblée générale d’intronisation. Et après, chaque semaine, on découvrait des cadavres dans les placards… La situation empirait jour après jour, jusqu’à arriver à celle d’aujourd’hui, où on ne peut plus assumer les salaires.

Vous êtes un homme d’affaires respectable, avec une fiduciaire à Genève. Voir votre nom associé à la débâcle, c’est forcément un problème, non?

Evidemment. Les dernières semaines, la violence des attaques a été impressionnante. Franchement, je ne pensais pas que ce serait à ce point-là, en troisième division de football suisse. Oui, j’en ai souffert, et j’en souffre encore.

Que pensez-vous de Vartan Sirmakes?

Il s’agit d’une personne respectable. Je me demande simplement s’il sait exactement où il arrive et avec qui. C’est tout. Aujourd’hui, il ne s’agit pas de polémiquer. Pour le bien de tout le monde, je tiens à ce que la porte soit ouverte avec toutes les personnes désirant parler dans un climat constructif et serein. Certains propos qui ont été tenus par certains de vos interlocuteurs dans vos articles me dérangent et je pourrais y répondre point par point, preuves à l’appui. Aujourd’hui, ce n’est pas ce que je désire et ce n’est pas dans l’intérêt du Stade Nyonnais. Discutons calmement, entre gens bien élevés, et repartons de ce tour de table avec une solution.

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