Payerne a tout fait juste d’entrée

Payerne a tout fait juste d’entrée

Qu’il est difficile de situer ce FC Thierrens après cinq matches cette saison! Le FCT alterne le bon (victoire contre Ticino), le moyen (défaites par un but d’écart face aux solides Bulle et Val-Bal) et le très moyen, pour ne pas le dire autrement (défaite 4-0 face à Genolier-Begnins). Sa performance de samedi soir face au Stade Payerne, à domicile, dans son Marais, devant un public qui n’a pas manqué de jouer son rôle de 12e homme, ne peut, pourtant, qu’être placée dans la dernière catégorie: 0-2 après 9 minutes de jeu, 0-5 à la mi-temps! L’arrière-garde thierranaise a pris l’eau, rendant bien trop facile la tâche de Mobulu M’Futi et ses copains, qui n’en demandaient pas tant. Ce naufrage a même forcé le duo Guy Favre et Cédric Martin a procéder à un double changement le tiers de la partie à peine atteint.

Le sort s’est scellé à la 21e

Si Payerne avait déjà fait un bon bout du chemin en marquant deux fois avant même la dixième minute, le match a définitivement tourné à la 21e minute. Le Marais avait pourtant explosé, et la raison était limpide: à la suite d’un corner, la tête de Loïc Gurtner venait de faire trembler les filets de l’excellent Arnaud Rapin. 1-2? Pas pour Arnaud Bloesch, l’arbitre du match, qui a clairement vu une poussette du buteur sur son vis-à-vis. Et vu l’assurance avec laquelle il a justifié sa décision à la fin du match, on ne va en tout cas pas se risquer à le contredire. Toujours est-il que, sur ce coup-là, son coup de sifflet est lourd de sens. Plutôt qu’un 1-2 avec 70 minutes encore au compteur et la tendance en sa faveur, Thierrens était toujours mené de deux unités, et a même perdu une bonne partie de sa concentration dans l’aventure. Sept minutes et deux cartons jaunes pour réclamation plus tard, le score était passé à 0-4. Le match avait définitivement tourné.

Mobulu M’Futi sera un atout indéniable

Car, pour le reste, Payerne n’a, à aucun instant, laissé les locaux sortir la tête de l’eau. En profitant de deux grosses largesses défensives, Arton Ademaj et Caio Garcia ont mis leurs couleurs sur les bons rails et, surtout, ont permis aux Broyards d’acquérir une confiance qui leur faisait défaut depuis le début de la saison. Bien sûr, la grande fragilité du FCT dans cette première période et son manque de concentration ont bien aidé, mais quand même, tout a semblé sourire aux visiteurs. Si bien que Mobulu M’Futi s’en est donné à cœur joie pour aggraver la marquer, par deux fois, avec la manière. L’ancien attaquant du SLO est en train de trouver sa place à Payerne et cela ne peut que réjouir son nouveau club. Avec sa présence, les pensionnaires du Stade Municipal (qu’ils retrouveront au printemps prochain) ont un atout qui pourrait bien faire très mal à leurs futurs adversaires. Il l’a, en tout cas, prouvé aujourd’hui, en pénétrant, parfois, avec une facilité déconcertante à l’intérieur de la défense thierranaise, à la faveur de certains contrôles impressionnants.

Patrice Sugnaux: «On ne doit pas chercher à forcer le jeu»

Il faut dire que si le buteur peut briller, c’est, non seulement, qu’il a du talent, mais aussi qu’il entre parfaitement dans les plans d’Angelo Caligiuri et de son assistant, Patrice Sugnaux, aux manettes ce samedi en l’absence du premier nommé: «On profite de nos forces. On essaie de jouer un maximum dans la gestion et la possession du ballon à mi-terrain jusqu’à ce qu’une ouverture se crée pour un de nos joueurs offensifs. On a appris de nos erreurs des premiers matches et, on l’a vu face à Dardania la semaine dernière, on ne doit pas chercher à forcer le jeu. On l’avait très bien fait il y a sept jours et on a su le reproduire aujourd’hui. Par deux fois, cela nous mène à la victoire».

L’action d’école signée M’Futi et Ademaj

L’action qui illustre le mieux cette gestion dans le jeu et cette qualité offensive? Probablement celle de la 81e minute, où Mobulu M’Futi et Arton Ademaj ont été trouvés côté gauche. La suite, ils l’ont écrite tous seuls. Un enchaînement de passes en profondeur et dans les pieds millimétré qui a donné le tournis à toute l’arrière-garde locale pour une frappe finale du second nommé terminant sa course sur la latte. Pour le coup, et même si cela aurait été encore plus sévère pour Thierrens, cette action méritait clairement meilleur sort. Arton Ademaj se consolera en repensant à l’ouverture du score, bien moins spectaculaire mais bien plus importante, dont il a été l’auteur.

Thierrens a remporté la seconde mi-temps

Heureusement, d’ailleurs, que le bruit de la latte d’Olivier Glauser est venu secouer le Marais, puisque la seconde mi-temps est très vite tombée dans le remplissage: «Le mot d’ordre était d’être solide les dix premières minutes après le thé, expliquait Patrice Sugnaux. On ne voulait pas qu’ils aient l’occasion d’y croire encore. Et puis, à 0-5, on avait fait notre part du boulot, ça explique pourquoi on a un peu baissé le pied par la suite». Une seconde période qu’a, finalement, remporté Thierrens, grâce à une réussite de Jérome Ruch. Mais, même dans le Jorat où rien n’est jamais terminé, même dans un Stade du Marais qui a assisté aux retournements les plus fous, même avec les quelques minutes d’euphorie qui ont suivi cette réussite, l’écart au score et entre les deux formations était trop important aujourd’hui pour que le résultat prenne une toute autre tournure. Le FCT devra vite oublier, s’en remettre et réagir. On est peut-être qu’aux prémices du championnat, mais les points valent déjà cher.

Les Payernois ont trouvé le bon rythme

Du côté du Stade Payerne, les inquiétudes des premiers matches s’estompent peu à peu. Après avoir empoché un seul point sur ses trois premières sorties et commencé à douter un peu, le FCSP vient d’aligner deux très bonnes victoires dans des derbys vaudois. De quoi rassurer son entraîneur assistant: «Honnêtement, c’est vrai que quelques inquiétudes sont apparues après les trois premiers déplacements (puisque Payerne joue tous ses matches à l’extérieur ce tour-ci). Et c’est bien normal que des questions se posent puisque le staff a changé durant l’intersaison. Donc, plus que des victoires, c’est surtout de la confiance emmagasinée. Il y a un peu d’ego, quand même, dans cette équipe, on travaille là-dessus tous les jours et on sent qu’on commence à aller dans la bonne direction. Maintenant, c’est sûr qu’il n’y a rien de tel qu’une série de victoires pour que l’atmosphère du groupe s’améliore. C’est important, car on compte clairement regarder vers le haut. Même si le début de championnat nous a fait un peu redescendre sur terre, on constate de plus en plus que le potentiel est là et qu’il y a de quoi viser la première partie du tableau, au moins».

Un compte-rendu de Florian Vaney

Categories: 2e ligue inter

Ecrire un commentaire

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*