Patrick Isabella ou la simplicité élégante

Patrick Isabella ou la simplicité élégante

Grâce à son passé de footballeur remarquable et remarqué, Patrick Isabella est un entraîneur écouté. Le FC Sarraz-Eclépens est sa 6e équipe en tant que coach.

Alors footballeur (c’était un faux ailier, à droite ou à gauche), son niveau d’exigence était élevé. Il a joué son premier match en Ligue nationale, c’était avec Yverdon en juillet 1987, il avait 16 ans. Rare sont ceux à avoir eu ce talent et ces dispositions, cette capacité, à cet âge-là. Johann Vogel et Stéphane Chapuisat figurent aussi sur le podium, sur cette boîte des enfants de la balle doués et précoces.

Depuis le début du présent exercice, Patrick Isabella (46 ans) est l’entraîneur du FC La Sarraz-Eclépens. Il a succédé à Jean-Philippe Karlen, parti à Vevey, en Copet. Il n’a pas concrètement d’assistant mais David Geijo (ex-junior à NE Xamax, Baulmes, Yverdon), directeur sportif du club est là, toujours présent et prêt à donner un coup de main quand le coach décide de « splitter » le groupe en 2.

« À ma disposition, j’ai 20 joueurs, dont 2 gardiens et ils travaillent tous », dit Patrick Isabella, entre deux gorgées de Coca. « On s’entraîne trois fois par semaine et lundi,  c’est jour de congé, que nous jouions le samedi ou le dimanche. Du coup, le mardi est un pic de travail. » Les joueurs ne l’ignorent pas, ils savent aussi que l’entraîneur adaptera les séances en fonction de leur état de fatigue. Depuis 14 ans à l’Allianz (assurances), Patrick Isabella sait ce que prendre l’air de bureau signifie.

Sa philosophie du jeu ? « Le système de jeu doit correspondre à la qualité des joueurs à disposition. Au départ, les joueurs sont placés dans une optique défensive, cela ne veut pas dire qu’on évolue de cette manière. Seulement, les joueurs savent où se situer sur le terrain, ça les rassure. Quand on a le ballon, c’est l’animation qui m’importe, ce qu’on va faire de la balle. Le replacement défensif ? C’est dans ce domaine où je suis le plus exigeant. Mon message aux joueurs, il est simple: plus on est compact moins on va donner de l’espace à l’adversaire et moins on va courir dans le vide. »

Pour Patrick Isabelle, le plan de jeu est une zone de confort, qu’il faut quitter au plus vite, selon les situations, au gré des scénarios, souvent imprévisibles de l’histoire d’un match, à chaque fois différente. « Mes joueurs doivent éprouver du plaisir dans le jeu, aux entraînements; au niveau qui est le nôtre, il est essentiel. Du plaisir oui, mais je leur demande d’être des compétiteurs. »

Patrick Isabella est écouté, son passé de joueur parle pour lui. « En tant que coach, j’ai toujours un bon feeling avec les joueurs. Je sais aussi être « dur » quand il le faut, mais cool autrement. Je suis à leur écoute, mais pas trop (il sourit). Je suis une personne humble. Je leur demande beaucoup, parce que je veux les voir progresser. Pour leur futur, c’est important. On aime la compétition, on est là pour gagner des matches. »

Cela fait 11 ans que Patrick Isabella entraîne. Tout a commencé au LS, en novembre 2006. « L’équipe jouait en LNB. Après le départ d’Alain Geiger, je suis devenu le no 1,  même si j’avais avec moi Stéphane Hunziker qui, lui, avait les papiers. »

Aujourd’hui, Isabella a en poche le diplôme A UEFA. Le FC La Sarraz-Eclépens est sa 6e équipe. « À mon avis, souligne en gras Patrick Isabella, après deux ou trois saisons, un coach doit partir, volontairement ou pas; à moins de changer plus la moitié de l’équipe. Son message au fil du temps s’essouffle et une lassitude s’installe. »

Six clubs ou équipes en 11 ans, Patrick Isabella est dans les clous, contrôle ses dires et sa moyenne, sans aucune obsession. « Mais je m’y tiens. » Il sourit encore et il dit cela avec une simplicité élégante.

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