«Oui, j’aime bien vanner aussi dans le vestiaire…»

«Oui, j’aime bien vanner aussi dans le vestiaire…»

MC Terkuït? C’est lui. André Delacrottaz? Toujours lui. Yoann Provenzano, de son vrai nom, joue à Montreux, en 2e ligue inter, et prépare son premier one-man-show. Son public? Il l’a déjà, puisque sa page Facebook compte plus de… 70’000 fans! Ses talents d’humoriste dépassent donc ceux de footballeur, même s’il a un joli parcours à l’échelon régional. Il adore vanner ses collègues et manie les accents à merveille, lui qui peut passer de l’albanais au portugais en quelques secondes à peine. Il excelle dans les vidéos très courtes et « punchy », qui sont instantanément partagées de manière virale sur les réseaux sociaux. Il y a un peu de François Silvant chez ce jeune homme de 23 ans, dans la manière d’interpréter divers personnages à la suite.

Formé à Team Vaud, il a rejoint Vevey, puis Azzurri Riviera, avant de signer à Montreux lorsque l’équipe était en 2e ligue inter. Alain Baré parti à Monthey, le MS s’est retrouvé en difficulté et Yoann Provenzano a passé quelques mois… aux buts! Depuis, il a connu bien des aventures avec Montreux, de la relégation en 2e ligue à la promotion l’été dernier, et, surtout s’est affirmé au poste de latéral, où il est régulièrement titulaire.

Rencontre avec un Universitaire bien dans ses baskets, pour le deuxième volet de notre série consacrée aux humoristes-footballeurs vaudois.

Yoann, comment fait-on pour avoir 70’000 fans sur Facebook? On est un peu jaloux, là!

Moi-même, je ne sais pas! C’est venu comme ça, sans que je m’y attende vraiment. En fait, j’ai commencé par mettre des vidéos, j’avais quelques fans. Un jour, j’ai eu 100 likes, je me sentais comme le roi du monde! Et puis il y en a eu toujours un peu plus, jusqu’au mois de septembre, où j’ai gagné 30’000 fans en un mois!

Y a-t-il eu un événement spécial pour justifier cette hausse? Un passage à la télévision?

Non, non, rien de tout ça. Uniquement via internet. Des gens qui aiment, leurs amis qui aiment, les amis des amis qui découvrent… De la folie.

Vous avez commencé avec ces vidéos?

Pas exactement. En fait, j’ai toujours fait un peu de scène, comme ça, pour rigoler. Et un jour, j’ai fini deuxième du Banane Comedy Club, derrière Thomas Wiesel. Du coup, j’ai pu faire un deux trucs sympas, mais j’ai pris du recul après ça.

Ca ne vous plaisait plus?

Oui, oui, toujours, mais il y a eu un ou deux événements dans ma vie, dont ma troisième année de gymnase, qui ont fait que j’ai mis l’humour de côté un moment. Et tout a recommencé avec les vidéos, sans que je m’y attende vraiment.

Vous avez un one-man-show en préparation, c’est juste?

Oui, pour janvier normalement! Je me réjouis, c’est un gros défi.

On retrouvera les personnages traditionnels? Le mythique MC Terkuït, notamment?

Oui, mais tout le défi, justement, est de convertir ces petits sketches d’une trentaine de secondes en vrai spectacle d’une heure. Il y aura les personnages que vous connaissez, mais aussi d’autres choses. Je vais essayer de vous surprendre un peu (rires)!

Ces personnages, vous les créez en regardant autour de vous?

Exactement. MC Terkuït, à la base, c’est le cousin de Granit, il est Albanais. Bon, voilà pour le jeu de mots, hein (rires)! A la base, c’est un serveur du restaurant de mon père. J’adore ça, observer et imiter, en ajoutant une touche d’humour. J’exagère, hein, tous les Albanais ne lui ressemblent pas. Mais ils se reconnaissent tous un peu en lui…

Vous êtes Italien, c’est juste?

Oui, d’un village près de Lecce.

Du coup, vous pouvez vanner les Italiens ou pas?

Ah oui, à fond! Dans le one-man-show, je vais d’ailleurs parler du restaurant de mon père, c’est prévu. Obligé, même!

Vous êtes aussi drôle dans le vestiaire ou vous êtes plutôt du genre à vous concentrer à fond?

Ah oui, j’aime bien mettre l’ambiance, vanner les autres. Ils m’entendent, ça c’est clair (rires). J’imite les autres gars de l’équipe, les Portugais, les Albanais… Et maintenant qu’on est en 2e ligue inter, on a des arbitres suisse-allemands, ça m’inspire aussi.

Genre avant un match?

Oui, c’est arrivé (rires). Une fois, je me mets devant toute l’équipe et je dis avec l’accent: « Bonjour, mon nom est Zimmermann, je vais faire le contrôle ». La porte s’ouvre, l’arbitre entre et dit exactement la même chose, avec le même accent: « Bonjour, mon nom est Röthlisberger, je vais faire le contrôle ». La moitié du vestiaire était pliée de rire, moi je me cachais le visage avec les mains…

Et pendant les matches?

Les adversaires me parlent souvent avant ou après, mais rarement pendant. L’année dernière, en 2e ligue, on jouait contre Forward. Estefan Alvarez vient vers moi avant, me dit qu’il aime beaucoup ce que je fais et me demande pour faire une photo. On la fait, bien sûr, et après, pendant le match, il m’a cassé tout le long. J’étais latéral droit, lui ailier gauche, il est passé dans tous les sens. Les gars de l’équipe m’ont vanné, je vous dis même pas… Bon, je me suis vengé, j’ai posé un coup-franc en pleine toile à la fin!

On vous reconnaît dans la rue?

Oui, franchement, ça m’arrive. Je fais une ou deux photos, c’est sympa. Ça ne va pas plus loin, mais il y a une petite reconnaissance. Enfin bon, vous savez ce que Thomas Wiesel dit de mes fans?

Qu’ils sont tous largement mineurs!

Exactement (rires). C’est pas tout faux, hein. J’ai une base de fans assez jeune. Du coup, ils partagent beaucoup sur les réseaux sociaux. Un selfie et c’est parti! Pour ça c’est pratique, j’ai vite beaucoup de monde qui est au courant de ce que je fais.

Thomas Wiesel, c’est quelqu’un d’important pour vous? Cela fait déjà deux fois que vous le citez…

Oui, c’est un peu mon parrain dans ce monde-là. Il m’apporte un soutien logistique, par ses contacts, mais il me donne aussi son avis sur des sketches. Quand j’écris quelque chose, en général, je lui envoie et il me donne son avis. C’est important pour moi.

Vous arrivez à vivre de l’humour?

Ah non, pas du tout! Avec quelques scènes, quelques petits boulots, j’arrive à gagner un petit peu d’argent en marge des études, mais rien de régulier et rien qui me permette de planifier quoi que ce soit.

Même avec Youtube, vous ne gagnez rien?

Non, c’est vraiment à partir de millions de vues que l’on peut monétiser. J’en suis vraiment loin.

Du coup, vous compensez avec les primes de matches?

Oui, un peu! Avec la promotion en 2e ligue inter, j’ai pu me payer des vacances, mais cette saison c’est plus compliqué. On ne gagne pas assez de matches, c’est chaud (rires). Mais si on se maintient, on aura droit à quelque chose. Sinon, je crois bien que les vacances, ce sera à la maison!

Vous allez vous en sortir?

Ça dépend de nous. C’est mental, je pense. On a fait un bon match à La Sarraz, vous étiez là d’ailleurs, mais après on a perdu un gros match face à Plan-les-Ouates. Là, on a pris un coup sur la tête. En plus, lors du match suivant on en prend 6 à la maison contre Thierrens. C’était en Coupe, mais quand même, ça fait mal. Après, on a les qualités pour relever la tête, c’est sûr. On l’a encore prouvé en battant Dardania, d’ailleurs.

Vous avez envie de continuer longtemps dans le foot?

J’aimerais bien, mais ça va vite être chaud avec l’humour, les études… Déjà, là, j’ai des dates en commun. Ça peut arriver que le même soir il y ait un spectacle et un match, ou un entraînement.

Et vous faites quel choix?

Le foot, clairement. Pour se sauver, on doit être tous ensemble. La priorité est claire. Mais après, il va peut-être falloir que je fasse un choix différent. Il va bien falloir que je pense à ma vie. On verra bien. La 2e ligue inter, c’est un joli niveau, mais qui demande quelques sacrifices quand même.

Bon, on va mettre un lien vers cet entretien sur Facebook, mais on s’excuse déjà…

Pourquoi?

Parce qu’on ne va pas pouvoir augmenter votre nombre de vues, on en a 25 fois moins…

On va faire l’inverse, alors, c’est moi qui le partagerai pour faire connaître Footvaud (rires).

 

Le nouvel hymne national vu par Yoann Provenzano

 

https://youtube.com/watch?v=7uzkHou1gkYframeborder%3D0allowfullscreen

Categories: 2e ligue inter

Ecrire un commentaire

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*