Oscar Patino, nouveau patron de Lusitano

Oscar Patino, nouveau patron de Lusitano

« Si je parle portugais? Oui monsieur! Je suis espagnol, mais je viens de la région de Saint-Jacques-de-Compostelle, pas loin du Portugal. Et, tout au long de ma carrière de footballeur amateur à Lausanne, j’ai côtoyé beaucoup de joueurs originaires de ce pays. Donc, oui, pas de souci, je le parle couramment. Mais de toute façon, je vais vous dire, les choses sont claires avec mes joueurs: à l’entraînement et en match, on parle français! » Oscar Patino est arrivé cet hiver à la tête de Lusitano Lausanne, très bonne équipe de 4e ligue, et a des principes auxquels il tient. Parmi eux, la défense de la langue française, une condition non négociable pour ses joueurs. Pas de passe-droit! « Ca vous surprend tellement? Pour moi, c’est normal », sourit l’Espagnol, qui débute dans ses fonctions d’entraîneur.

Un superbe pied gauche, mais un manque de volonté

Oscar n’a en effet que 35 ans et vient de mettre un terme à une belle carrière de footballeur régional. Les clubs lausanno-portugais, il les connaît, ayant notamment défendu les couleurs de Benfica et de Porto, avant de finir à Crissier, l’an dernier. « Quel genre de joueur j’étais? Disons que je n’étais pas le plus rapide ou le plus combatif, mais que j’avais un joli pied gauche. A chaque saison, j’étais bon pour 6 ou 7 buts sur coup-franc, et j’ai distribué pas mal de passes décisives. J’aurais cependant pu faire plus, parfois, et des fois je souris aujourd’hui en me rappelant quel joueur j’étais. L’entraîneur que je suis aujourd’hui aurait pété un plomb (rires). Je demande des efforts à mes gars, je les pousse à en faire plus et à ne jamais se relâcher, alors que moi, quand mon entraîneur disait ça, je souriais. » L’aveu est réel et rappellera peut-être des souvenirs aux techniciens qui l’ont côtoyé. « Sincèrement, je pense que ça me sert aujourd’hui dans mon nouveau rôle », rigole-t-il franchement.

La 5e ligue? Oui, mais pour commencer

Car aujourd’hui, oui, il est entraîneur. Après avoir commencé avec la III de Prilly, en 5e ligue, il a voulu voir plus haut. « J’ai apprécié mon passage là-bas et peut-être que vous vous dites que c’est dommage que je n’aie fait que six mois là-bas, mais j’avais envie de plus. J’ai fait les choses en ordre, j’avais averti les gars que je voulais plus d’implication. Après, c’est de la 5e ligue, c’est normal, et je n’en veux à personne. J’ai eu du plaisir et je pense que j’ai apporté des choses à ces joueurs, même en un tour. J’ai essayé de faire des entraînements de qualité et je pense que j’y suis arrivé, en prenant en compte ce que j’ai appris en 2e ligue ». Le bilan de ce premier tour pour Prilly III? Une 6e position avec 3 victoires, 3 nuls et 3 défaites. Bilan équilibré, donc.

Domingos Garcia cherchait un entraîneur compétent

Cet hiver, donc, est arrivée, déjà, la possibilité d’aller plus haut. « Je connais bien Domingos Garcia, qui est un peu l’homme à tout faire à Lusitano. Il s’est occupé de l’équipe durant ce premier tour et cherchait un entraîneur. C’est avec plaisir que j’ai accepté, Domingos devenant mon adjoint. C’est sûr que je vais m’appuyer sur lui, mais j’ai aussi envie d’apporter ma patte. Lusitano est en deuxième position, c’est donc que tout va bien, et on ne va pas tout révolutionner. Mais évoluer, oui, c’est possible. » Surtout parce que l’équipe a envie, et cela, Oscar Patino l’a bien senti: « Oui, c’est vraiment ce qui m’a convaincu. Domingos m’a dit que les joueurs étaient motivés et j’ai pu le constater par moi-même. Il m’a dit que ses meilleurs éléments avaient été contactés par d’autres clubs, qui étaient prêts à les défrayer, mais ils ont choisi de rester. Ca, ça a fini de me convaincre de venir. »

Même pas défrayé!

D’autant que son job à Lusitano est… bénévole! « Oui, c’est vrai. Personne ne touche d’argent, les choses sont claires. Les ressources du club ne sont pas immenses, elles proviennent des sponsors et nous n’en avons pas beaucoup. Il n’y a pas de restaurant portugais qui nous soutient, par exemple, et l’argent que nous avons est investi dans des équipements. » N’est-il même pas défrayé pour les kilomètres? « Non, rien de rien, et c’est très bien ainsi. Ce n’a même pas été un critère de discussion pour moi, je prends ce poste comme une occasion de montrer mes compétences. Je me dis que si on arrive en finale en jouant bien et qu’on arrive à monter, ce sera parfait pour une première ligne dans mon jeune CV d’entraîneur », explique celui qui avait déjà passé ses premiers diplômes dans sa carrière de joueur. Car oui, l’ambition est là, à court et à moyen terme.

Meilleure attaque et meilleure défense du groupe 2

A court terme, clairement, Oscar Patino veut disputer les finales avec son nouveau club. Actuellement 2e du groupe 2, derrière la II de LUC-Dorigny. Lusitano compte 4 points d’avance sur Malley II, 5 sur Veyron-Venoge, 6 sur Tolochenaz et 7 sur Etoy. « Et nous avons la meilleure attaque et la meilleure défense du groupe », souligne le nouveau technicien des Lusitaniens. L’objectif est donc largement réalisable et même la première place est atteignable. Les Universitaires de Didier Léchaire sont quatre points devant, seulement. « Je connais bien Vagner Gomes, l’entraîneur de la I, qui envoie parfois des joueurs avec la II. Je lui ai dit qu’il n’avait pas intérêt à jouer ce jeu-là face à nous », sourit Oscar Patino. Il se verrait en effet bien revenir sur la première place, mais accueillerait volontiers la deuxième. Ensuite? « Lusitano n’a pas eu de chance l’année dernière, tombant dans un groupe compliqué avec Bashkimi Vevey, Genolier-Begnins II et Stade Payerne II. On espère que ce sera plus accessible cette année, si on arrive jusque-là, bien sûr. » Voilà pour le court terme.

Des joueurs toujours là à l’entraînement, malgré le froid et la bise

Et pour le moyen? Il se voit bien entraîner plus haut. « La 3e ligue avec Lusitano, ce serait déjà bien. Ce serait une progression pour moi et je me vois bien continuer avec ce groupe. Je ne suis là que depuis quelques semaines, mais j’ai déjà beaucoup de plaisir avec les joueurs. Ils sont toujours là à l’entraînement, même quand il fait très froid ou que la bise est violente. Pour moi, c’est un signe, cela prouve qu’ils ont envie de monter ». Ca tombe bien, lui aussi.

 

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