«Une opportunité incroyable pour moi»

«Une opportunité incroyable pour moi»

A 22 ans, David Kilinc s’est envolé pour la Turquie, y découvrir la vie de footballeur professionnel à Elazigspor, club récemment relégué de 1re en 2e division. Après avoir commencé la saison avec le FC Bavois (1re ligue), qu’il venait de rejoindre en provenance du FC Le Mont, il a décidé d’accepter l’offre qui lui avait été faite, quitte à changer complètement de vie. Interview.

Expliquez-nous comment vous vous êtes retrouvé à Elazigspor!

En fait, un agent turc basé en Suisse me suivait depuis la promotion de 1re ligue Classic en 1re ligue Promotion avec Le Mont, il y a deux saisons. Il s’est de nouveau manifesté à la fin du mois d’août, me proposant d’aller quelques jours en Turquie, à Elazigspor. Je ne m’y attendais vraiment pas et j’ai pris mon temps pour accepter. Au début, je ne vous cache pas que je n’étais pas vraiment chaud.

Pourquoi ça?

En fait, c’est vraiment bizarre, mais j’avais décidé cet été de mettre mes rêves de football professionnel de côté. Le Mont a accédé à la Challenge League, comme tout le monde le sait, et j’ai été un des premiers à dire que l’aventure là-bas était terminée. Je voulais vraiment me consacrer à mes études, et le FC Bavois était l’endroit parfait pour moi. Un bon club, et la possibilité de concilier mes études à 50% et un boulot à 50%. Le FC Bavois m’offrait ça, donc j’étais heureux ainsi.

Et là, cette proposition turque arrive…

Oui, et j’ai bien réfléchi. Comme je vous l’ai dit, je n’étais pas très chaud, mais mes parents m’ont poussé, mon entourage aussi un peu. Tout le monde m’a dit que c’était ma dernière chance de vivre du football. J’ai fini par y aller et je peux vous dire que je ne regrette pas mon choix.

Le FC Bavois l’a bien pris?

Non, et je peux les comprendre. Ils comptaient sur moi, je venais de plus haut… Bien sûr que cela ne leur a pas fait plaisir, surtout que le championnat avait déjà commencé. Je me mets à leur place, mais je pense qu’ils peuvent aussi se mettre à la mienne et qu’avec le temps, tout le monde va comprendre que c’était une opportunité formidable pour moi. Je pars plus haut, jouer comme professionnel… Ce n’est pas tous les jours. Après, comme je vous l’ai dit, je comprends et j’accepte qu’il y ait de la déception.

Vous avez signé pour combien de temps?

Deux ans. Ils m’en proposaient trois, mais j’ai préféré m’engager pour deux saisons, afin de pouvoir éventuellement me libérer plus vite. C’est mon agent qui me l’a conseillé, me disant qu’une fois qu’on se trouvait en Turquie, les contacts se faisaient plus vite. Le plus difficile, c’est d’entrer dans ce championnat, mais une fois qu’on y est, ça peut aller vite.

Vous êtes donc professionnel à 100%?

Oui, complètement. Entraînement le matin, repas à midi, entraînement le soir…

La vie de rêve!

Oui, et c’est encore plus fou que je ne m’y attendais absolument pas, comme je vous l’ai dit.

Vous avez déjà joué?

Ma licence est arrivée un peu tard, donc je n’ai pas commencé le championnat tout de suite. J’ai commencé par jouer 15 minutes, puis j’ai été titulaire en Coupe de Turquie. Ensuite, lors du troisième match, je suis entré à la 15e, donc quasiment un match entier. Et lors de la dernière partie, j’étais convoqué, mais je ne suis pas entré en jeu.

La concurrence est rude?

Oui, très! Nous sommes 28 dans l’effectif, donc être dans les 18, c’est déjà chaud! Mais j’ai confiance en mes qualités et je vais travailler dur pour m’imposer, comme je l’ai toujours fait.

Les conditions de travail sont idéales, on imagine?

Ah oui, vraiment. En plus, notre entraîneur n’est pas n’importe qui. Il s’agit d’Ümit Özat, ancien capitaine de Fenerbahce et joueur de l’équipe nationale. Sincèrement, il y a tout pour bien faire.

L’objectif, c’est la remontée en première division turque?

Bon, ils viennent de tomber, donc forcément un peu. Mais on va surtout faire le point à Noël, voir où on en est.

Expliquez-nous pourquoi trois jeunes formés en Suisse viennent de partir pour la Turquie. Il y a eu Ahmet Özcan, puis Önur Yildiz, puis vous… Il y a une raison particulière?

Bon, je pense que la formation en Europe est bonne et que les Turcs y sont attentifs. Vous savez, chaque équipe a droit à trois étrangers en deuxième division, donc ils aiment bien avoir des jeunes comme nous, qui ont été formés ailleurs mais ont un passeport turc. C’est surtout ça, je pense.

Onur Yildiz est d’ailleurs à Elazig, comme vous, non?

Oui, mais il a reçu sa licence trop tard pour le premier tour. Il ne sera qualifié que depuis Noël, donc il ne fait que s’entraîner.

Vous-même, vous avez grandi en Turquie?

Non, non, je suis né en Suisse. Mon père est turc, ma mère italienne, donc j’ai les trois passeports.

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