«On ne prend la place à personne, elle était libre»

«On ne prend la place à personne, elle était libre»

Le Mont se déplace à La Pontaise, lundi 4 août à 19h45. Claude Gross connaît bien les lieux, et espère avant tout en repartir avec les trois points.

Claude Gross, dans quel état d’esprit préparez-vous ce retour à Lausanne?

 

Sereinement. C’est clair qu’on a un énorme sentiment de revanche après notre prestation ratée dimanche dernier face à Schaffhouse, mais on croit en nos qualités.

 

Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné dimanche?

 

Je n’ai pas senti l’enthousiasme, l’envie d’aller de l’avant, la volonté habituelle de ce groupe. On était un peu paralysés et ça me déçoit un peu, parce que ce n’est pas l’image que l’on a montré depuis plusieurs mois. Le Mont doit être conquérant, mettre du cœur. Dimanche, on a joué avec le frein à main. Pour une première à domicile, ce n’était pas convaincant.

 

Mais là, vous avez une belle occasion de vous rattraper…

 

Justement. On a bien débuté à Chiasso, mais personne ne l’a vu, ou presque. Là, il y avait du monde qui attendait notre prestation, et on s’est ratés. Donc, jouer à La Pontaise, c’est l’occasion de montrer aux Vaudois qu’on mérite d’être là, qu’on a des qualités. On doit se rattraper.

 

Beaucoup de vos joueurs sont passés par le LS et n’ont pas été conservés. Allez-vous jouer sur ce sentiment de revanche?

 

Non, parce qu’il n’existe pas.

 

Sincèrement…

 

Je suis toujours sincère. Ils ont eu une carrière qui a été ce qu’elle a été, ils sont passés un moment par La Pontaise. Tout ce que je leur demanderai, et j’ai déjà commencé, c’est d’arriver là-bas sans sentiments, bons ou mauvais. On doit aller à Lausanne lundi pour faire un boulot. Ce boulot, c’est prendre un ou trois points.

 

Mais quand même, vos joueurs sont des êtres humains. Adrian Alvarez, Ibrahim Tall, Fabio Rego… Ils auront quelque chose à prouver lundi, non?

 

Bon, ils auront une performance à faire et un match de football à jouer. Tous les joueurs dont vous parlez, ils ont une histoire à Lausanne, qui s’est terminée pour différentes raisons. Et alors? Ils ont pris une autre route, voilà tout, et celle-ci les a menés au Mont, où ils retrouvent le LS aujourd’hui. Ca ne fait pas de ce match un combat, ça en fait un match intéressant pour tout le monde.

 

Pour vous aussi, d’ailleurs, puisque vous êtes passé par le LS. Vous y avez joué en Espoirs, avant de devenir l’assistant de John Dragani à la première, avant de prendre les M21 et de les mener en 2e ligue inter. On imagine que revenir à La Pontaise ne vous laisse pas indifférent…

 

Bien sûr que non. Je m’en réjouis. Mais je vois très bien où vous voulez en venir et je vous coupe: je suis parti en bons termes du LS. J’ai choisi de m’en aller des M21 et je reviens avec les meilleurs sentiments. Lausanne, c’est un club spécial pour moi, comme pour tous les Vaudois.

 

On a entendu autour des terrains que John Dragani était venu au Mont pour mettre son diplôme UEFA à disposition du club. Quelle est la part de vérité là-dedans?

 

Nulle. John est venu par amitié pour moi, pour me rendre la pareille. Le diplôme qui est déposé à la ligue est le mien. Vous pouvez demander à Yves Débonnaire, responsable de la formation.

 

Mais vous n’avez pas le diplôme UEFA, on se trompe?

 

Je vais le faire cette saison. Je commence au tout début de l’année 2015. En attendant, on a obtenu une dérogation et déposé une caution de 20’000 francs auprès de la ligue. On fait les choses en ordre, comme toujours. John est venu par amitié et pour apporter ses compétences. Il amène une plus-value au staff, dans lequel Yane Bugnard est bien sûr toujours là. Il continue l’aventure avec nous et j’en suis très heureux. 

 

C’est-à-dire que si on vous suit bien, vous auriez pu simplement mettre le diplôme UEFA de John Dragani et vous devenir assistant, mais vous avez préféré jouer la carte de la vérité? Vous auriez pu facilement faire une «Atamaniuk-Simone», en fait?

 

Nous aurions pu, c’est vrai, mais les choses sont claires: on travaille les deux ensemble, comme on l’a toujours fait, et je vais faire mon diplôme UEFA.

 

Mais le diplôme UEFA, c’est un boulot de dingue! Vous allez cumuler son passage avec votre travail à 100% dans le civil, votre vie de père de famille et la tâche d’entraîneur de Challenge League? Vous voulez décéder dans six mois?

 

Je vous remercie de m’encourager (rires). Ca va être une année chargée, c’est sûr, mais je ne pense de loin pas que c’est impossible.

 

Avec le diplôme UEFA, vous pourrez ensuite entraîner n’importe où dans le monde au niveau professionnel. C’est aussi pour cela que vous avez décidé de le passer?

 

Non, pas vraiment. C’est un challenge pour moi, j’ai envie de le faire, mais le métier d’entraîneur est trop aléatoire pour que je prenne le risque de partir à l’étranger et quitter mon boulot.

 

Ce n’est pas votre rêve d’entraîner à haut niveau?

 

Je ne suis pas un rêveur, vous savez. Je suis plutôt quelqu’un de pragmatique. Bien sûr que vivre du football, ce serait l’idéal, mais je ne vais pas balancer mon travail pour un hypothétique challenge je ne sais où.

 

Et si le Dynamo Kiev vous offre cinq ans de contrat?

 

Je constate que vous n’êtes pas quelqu’un de très en phase avec la réalité… Moi, si, désolé(sourire).

 

Bon, la réalité de cette semaine, c’est ce match à La Pontaise. Vous avez un plan pour gagner là-bas?

 

J’ai des idées, bien sûr. On va devoir profiter de chaque opportunité, jouer les coups à fond, être très solides défensivement. Je ne m’attends pas ce qu’on ait le ballon tout le temps, pour tout vous dire.

 

Si vous gagnez, vous revenez à hauteur de Lausanne…

 

Si on gagne, on prendra trois points, c’est tout. Notre but, il est clair, c’est de laisser une équipe derrière nous dans ce championnat. Et si possible pas Lausanne.

 

Ce serait quand même étonnant, ça, non?

 

Quoi?

 

Que vous finissiez 9e et Lausanne 10e. Pour le coup, c’est vous qui n’êtes pas très réaliste!

 

Ce serait étonnant, je vous l’accorde. Mais bon, chacun son championnat, chacun ses objectifs. Je ne souhaite que du bien au LS, mais tout ce que je veux, c’est terminer en tout cas 9e. On n’est pas là pour embêter Lausanne, comme je l’entends souvent. Il faut arrêter avec ça!

Il y a quand même une rivalité, non?

Mais non! Vous savez pourquoi Le Mont est en Challenge League aujourd’hui?

Par une ambition sportive extrême?

Pas seulement. Le FC Le Mont, aujourd’hui, c’est une deuxième plateforme pour les jeunes joueurs qui sortent de Team Vaud. Si on n’était pas là, où jouerait Signori Antonio?

En M21?

Exactement. Le Mont est en Challenge League, donc, lui, qui aurait été remplaçant au LS, il peut jouer à ce niveau aujourd’hui. Nous, on ne prend la place à personne, elle était libre. On n’a pas empêché Nyon, Yverdon ou d’autres clubs vaudois d’être là, mais nous, on y est arrivés. Voilà aujourd’hui à quoi on sert et tant mieux. Sans nous, il y aurait 20 joueurs qui pourraient jouer en Challenge League dans le canton de Vaud. Avec nous, il y en a 40. Je ne vais pas vous refaire la liste de tous les joueurs formés à Team Vaud qui jouent chez nous, vous la connaissez et vos lecteurs aussi. Il faut sortir de ce discours qui nous voit comme un club qui veut faire de l’ombre au LS. Evidemment que ce n’est pas le cas. On l’a dit mille fois, dans l’idéal, le LS joue en Super League et nous en Challenge League.

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