«On nous sanctionne pour douze heures de retard, c’est ça la vérité»

«On nous sanctionne pour douze heures de retard, c’est ça la vérité»

Serge Duperret était remonté lundi soir en marge de la rencontre entre son FC Le Mont et Bienne. La raison? La décision de la SFL de ne pas lui accorder la licence III (Challenge League) en première instance. Le président montain regrette de devoir faire recours et estime qu’il ne s’agit que d’une formalité administrative. Interview.

Président, vous n’avez pas eu la licence, alors que tout semblait en ordre. Enfin, c’est ce qu’on croyait!

Mais tout est en ordre!

Visiblement pas…

Mais si! Je vais vous montrer. Regardez, ça, ce sont deux garanties bancaires de 25’000 et 30’000 francs. A côté, ce sont les promesses de dons de deux sponsors pour le même montant.

Oui, et?

Et la Swiss Football League nous refuse la licence parce que ces deux documents sont arrivés trop tard de… douze heures! Alors d’accord, il y a des règlements, on les connaît. Mais ces garanties bancaires, elles sont là, elles existent. Vous les voyez bien, là, devant vous!

On les voit. Bon, un retard de douze heures, soit. C’est tout?

On a trois points à améliorer en plus de ces garanties, qui sont désormais là. Je vais vous les donner tout de suite, mais vous ne pouvez m’empêcher de m’étonner. On ne parle pas de six ou sept millions de trou, là! On parle de garanties bancaires d’autres sociétés, de nos sponsors, arrivées douze heures trop tard. Elles devaient arriver le 22 sur le bureau de la SFL, ils les ont eues au courrier du 23. Il faut arrêter… Aujourd’hui, d’ailleurs, j’ai envie de tout arrêter. Je vous dis que si on coule, je retire l’équipe.

Arrêtez, on commence à vous connaître… Vous êtes fâché aujourd’hui, mais si on regarde bien, la situation n’est pas si grave. La licence, vous allez l’avoir en deuxième instance, non?

Je pense que oui, mais il faut recommencer, ça coûte du temps et de l’énergie. Aujourd’hui, je suis déçu et fâché de cette décision. S’ils ne veulent pas de nous, qu’ils le disent… Pour une formalité, un détail, une chicane administrative, on nous refuse la licence en première instance. Et tout le monde dit en voyant les titres des journaux: « C’est normal, Le Mont n’a rien à faire là… » Ça me rend fou. La vérité, c’est qu’on remplit toutes les conditions de la Challenge League. Nous, le petit Le Mont! Oui, on y arrive. Notre dossier est solide, on a un stade aux normes, un dossier financier qui tient la route. On a 270’000 francs de fonds privés, qui sont tous garantis bancairement. Et on nous sanctionne pour douze heures de retard… Vous avez vu les clubs de Promotion League? Combien ont eu la licence III?

Xamax, c’est tout.

Et ça veut dire quoi, selon vous?

Déjà que Xamax est la seule équipe à l’avoir demandée!

Exactement. Ça veut dire que personne ne peut monter. Alors que nous, le petit Le Mont, on y arrive. J’en suis fier. Mais aujourd’hui, je le dis: si on ne se maintient pas, j’arrête. Je retire l’équipe. Tous ces efforts pour rien, je dis non. Stop.

Bon, il y a ces garanties bancaires arrivées avec un jour de retard…

Avec douze heures de retard. Dites-les choses comme elles sont.

Soit. Et les trois autres choses?

Des broutilles.

Lesquelles?

Le secteur visiteur doit être équipé d’urinoirs fixes. Aucun problème.

Et les deux dernières?

On doit rehausser les projecteurs du stade. Là aussi, rien de grave. La dernière chose, c’est la licence UEFA-Pro de Claude Gross.

Mais il est en train de la faire!

Oui, mais il ne l’a pas encore, donc c’est à charge. Bon, voilà, il l’aura en cours de saison. Là aussi, c’est un détail.

Bon, donc si on résume tout, vous aurez la licence en deuxième instance et tout ira bien?

On l’aurait eue aujourd’hui, ça aurait bien été. Là, j’ai vraiment l’impression qu’on me lance un message qui est: vous n’avez rien à faire là. Et ça, je n’aime pas. Si Le Mont est en Challenge League, c’est que je n’ai pas tout fait faux depuis dix-huit ans. Ou alors on décide que le football est réservé à certains. Et ça non plus, ça ne plaît pas. Moi, je suis un mec venu du football de base, qui a tenu bon pendant toutes ces années et qui est monté petit à petit en allant jouer au moins une fois sur tous les terrains du canton. Pour moi, être arrivé en Challenge League, ça a de la valeur. Je veux m’y accrocher.

Voilà, vous avez déjà changé d’avis! Vous nous disiez il y a cinq minutes que vous vouliez arrêter!

Je veux qu’on se maintienne, c’est tout ce que j’ai à dire aujourd’hui.

Categories: Football d'élite

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