« Depuis peu, on est arrivé chez les E. C’est inquiétant »

« Depuis peu, on est arrivé chez les E. C’est inquiétant »

Président de la Commission jeu et fair-play de l’ACVF, Christophe Chaillet a du boulot. Avec ses deux camarades de jeu, Michel Girardet et Dominique Fillettaz, il s’alarme devant certains agissements dans la catégorie des plus petits.

La vie de Christophe Chaillet, 51 ans, est bien remplie. Dans le désordre, il travaille à la Fondation du sport vaudois en tant que secrétaire du secrétaire général, Philippe Rupp qui a succédé, il y a peu, à Marcel Parietti. Il est aussi municipal à Servion. Et depuis quelques années, il est Président de la commission jeu et fair-play de l’ACVF (Association cantonale vaudoise de football. « C’est un hobby. Mon champ de vision (ou d’actions) va de la 2e à la 5e ligue, hommes et dames. Ma commission ne traite que les cartons rouges, les expulsions, les cas spéciaux, les matchs arrêtés, etc. », précise-t-il en gras. Avec lui aux rapports, deux autres personnes sont assises à la même table : Michel Girardet (ex-basketteur à Nyon, il est le seul non footballeur du trio), et Dominique Fillettaz, qui a été président de l’entente Bursins-Rolle et Perroy. « Tous deux « s’occupent » des juniors et des seniors ».

80 à 100 nouveaux dossiers chaque semaine

Chaque semaine, 500 matchs se jouent dans le canton, mais ça dépend des week-ends. Quand ils se retrouvent le mardi, pour la première fois, une pile de dossiers les attend. « En moyenne, il y a 80 à 100 nouveaux dossiers ». Un carton rouge coûte des sous. « De 50 à 120 francs, cela varie en fonction de la gravité de la faute engendrant l’expulsion ». Il existe un tarif, idem pour les avertissements, communiqué aux clubs, qui est respecté pour une bonne et saine équité. « Chacun d’entre nous travaille selon sa catégorie. Le fait qu’on soit trois permet de maintenir une ligne de conduite. Nous discutons beaucoup, surtout quand on a des gros cas, des cas spéciaux. On n’oublie pas qu’il y a, outre l’amende, les rencontres de suspension et surtout les points fair-play (un ratio intervient, tenant compte des matchs joués), ces derniers étant déterminants en cas d’égalité de points entre deux ou plusieurs équipes au terme du championnat. En tête comme en queue de classement ».

Les rapports des arbitres, leurs commentaires, sont lus. « Quand une situation n’est pas claire nous leurs téléphonons, pour une meilleure visualisation de la scène qui a valu l’expulsion », ajoute Christophe Chaillet. « On s’interroge. Il est important qu’on se pose des questions. Exemple : est-ce une voie de fait ou pas ? Est-ce un jeu grossier ? D’où le coup de fil à l’arbitre pour davantage de clarté ». La palette est large, qui va de l’insulte aux coups. Des rapports ne disent pas tout. Un coup de fil s’impose, pour un aveu, une révélation. « Il arrive qu’on apprenne qu’il y a eu des menaces de mort ou de violences. Du style : je sais où t’habites, c’est là que je te retrouverai ».

Aucun recours depuis le début de la saison

Chaque année, le montant des amendes s’élève à, grosse modo, frs 480´000.-. « Notre souhait, c’est que cette somme diminue ; hélas, on ne va pas dans le bon sens ». Un exemple, qui inquiète. Il se loge chez les très jeunes. Après les A, les B, les C et les D ? « Depuis peu, on arrive chez les juniors E, les tout petits », déplore Christophe Chaillet. « Les matchs sont arbitrés par des juniors du club recevant. Récemment, l’entraîneur de l’équipe adverse s’en est pris à l’arbitre, à un jeune, manifestant un comportement irrespectueux. Il a été sévèrement sanctionné à la suite de ses réprimandes et d’une enquête menée par notre commission. Et dire qu’on est chez les E.… »

À la suite d’une sanction, un club qui reçoit une amende peut s’inscrire dans une reprise de considération. « On reçoit un courriel, qui doit être détaillé. Après sa consultation, on téléphone à l’arbitre du match, pour des éclaircissements. Puis, on reconsidère le cas. La sanction, qui est toujours la nôtre, est maintenue ou diminuée ».

Depuis le début de la présente saison, aucun recours à ce jour n’a été déposé. C’est relever le bon boulot de la commission jeu et fair-play de l’ACVF.

 

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