«On a commencé ensemble, on finira ensemble»

«On a commencé ensemble, on finira ensemble»

On avait quitté Antonio D’Attoli furieux après la défaite de son équipe face à Stade-Lausanne, samedi (lire ici). Contacté plus tard dans le week-end, le président d’Azzurri 90 avait, très poliment, décrété le « Silenzio stampa », que ce soit de sa part, de celle de ses joueurs ou de son staff. « Personne ne parlera jusqu’à mercredi, même pas moi. J’ai besoin de faire le point », nous avait-il dit. Ses joueurs ont eu congé lundi et mardi et tout le monde s’est retrouvé dans les vestiaires de Chavannes-près-Renens mercredi, à 18h. « Je vous appelle après », nous avait-il dit. Promesse tenue.

Président, vous venez de parler à vos joueurs, c’est juste?

Exactement.

Que leur avez-vous dit?

Je leur ai dit en face ce que je pensais. Vous savez, ce n’est jamais bon de parler à chaud. On a laissé passer deux jours et ce soir, je leur ai dit que j’avais une entière confiance en eux. Ces joueurs-là, je les ai choisis, tous. Ils ont des qualités, c’est pour cela qu’ils sont à Azzurri. Ils ont prouvé qu’ils les avaient, ces qualités, en étant en tête pendant 17 journées.

Mais ils ne sont plus en tête, ou plutôt Azzurri 90 n’est plus en tête…

Oui, mais nous sommes toujours finalistes. Si le championnat s’arrête aujourd’hui, Azzurri est en finale.

Vous n’allez pas nous dire que tout va bien, quand même…

Ce n’est pas ce que je dis. Je dis que j’ai confiance en ce groupe et en son entraîneur, Patrick Isabella. Vous savez, dans ma situation, beaucoup de présidents auraient changé d’entraîneur.

Pas vous, apparemment.

Pas moi, en effet. J’aurais pu, bien sûr. Il y a de très bons entraîneurs qui frappent à la porte. J’aurais pu remplacer M. Isabella par un grand entraîneur. Mais je considère que le grand entraîneur, je l’ai déjà. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’a pas fait d’erreurs, attention. Après, on peut tout me dire, il est trop ceci, il est trop cela, il est trop gentil… Oui, il est trop gentil, c’est vrai. Et alors? Qui est parfait? Je considère que si l’on n’a pas eu les résultats escomptés ces derniers temps, il a une responsabilité de 30%.

Et la responsabilité des 70% restants?

Ce sont les joueurs qui la portent. Ce soir, je leur ai rappelé ma confiance, mais je leur ai demandé de se rappeler, eux, qu’ils doivent du respect à Azzurri et à eux-mêmes. Ils doivent comprendre qu’à Azzurri, le patron, c’est moi. Un joueur, aujourd’hui, il doit jouer en premier pour lui, en deuxième pour son président et en troisième pour son entraîneur. Qu’ils montrent de la fierté et qu’ils aillent chercher ces finales.

Vous irez jusqu’au bout avec Patrick Isabella?

Oui. On a commencé une aventure ensemble en juillet et on ira jusqu’au bout ensemble. De nouveau, tous ceux qui sont là, je les ai choisis. En automne, je suis allé chercher Michele Morganella. Ensuite, cet hiver, Micael Martins, Ayoub Rachane et Raphael Walther. Certains me disaient: « Pourquoi lui? Ne le prends pas ». Moi, je réponds que tous, je les ai choisis et que je suis convaincu qu’ils vont amener Azzurri en finale. Après, on verra bien si je me suis trompé ou pas.

Ce qui veut dire?

Qu’en juin, si on ne fait pas les finales, je me serai trompé dans le choix des joueurs. Cela voudra dire que j’ai eu tort dans le recrutement et que ces joueurs-là, les 19 de l’effectif, ne sont pas assez forts pour jouer des finales de 1re ligue.

Ce que vous nous dites, c’est que cela aurait été facile de changer d’entraîneur…

Très facile. Je rappelle juste que M. Isabella avait deux objectifs en début de saison: qualifier Azzurri pour la Coupe de Suisse et atteindre les finales.

Il a déjà atteint le premier…

Ce qui est historique. Jamais Azzurri n’avait joué un tour principal de Coupe de Suisse. Et en ce qui concerne le deuxième objectif, il est dedans pour l’instant.

C’est un signal fort que vous donnez.

Vous savez, ce soir, j’ai convoqué tout le monde à 18h dans les vestiaires. Les joueurs et le staff, tout le monde. Jusqu’à 18h, personne ne savait ce que j’allais faire ou dire, pas même M. Isabella.

Vous ne l’avez pas appelé ces derniers jours?

Non. Je vous dis que personne ne savait rien. Il est arrivé au vestiaire avec son sac et je lui ai dit qu’il pouvait laisser son sac dans la voiture. La même chose pour son assistant, Bruno Imondi.

Mais non?

Je voulais parler à tout le monde d’une même voix. Pas que les joueurs disent une chose dans le dos ou que sais-je… J’avais tout le monde face à moi et j’ai réaffirmé ma confiance à tout le monde, joueurs et staff. Ensuite, M. Isabella et son assistant sont allés chercher leurs affaires dans leur voiture et ils ont donné l’entraînement.

Vous vouliez montrer qui était le patron?

Il n’y en a qu’un seul à Azzurri et c’est celui qui vous parle. Je suis à fond derrière mon équipe, mes joueurs et mon staff. On va aller chercher ces finales tout ensemble. Je ne suis pas quelqu’un qui utilise les gens et qui les jette. Si vous êtes correct avec moi, je le serai avec vous. J’ai choisi les gens avec lesquels je travaille et je leur accorde toute ma confiance, même quand ils ne font pas tout juste. De nouveau, on fera les comptes au mois de juin et on verra si j’ai eu raison de penser que les joueurs que j’ai choisi étaient les bons.

Categories: 1re ligue, Interviews

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