Omar Bellagra, l’arme fatale de Dardania

Omar Bellagra, l’arme fatale de Dardania

Des accélérations de feu, une première touche toujours dirigée vers l’avant, un sens du collectif exacerbé et un sang-froid impeccable face au but: Omar Bellagra a toutes les qualités d’un grand attaquant, ce pourquoi il a toujours travaillé. Arrivé cet hiver à Dardania Lausanne (2e ligue), sa moyenne y est déjà de plus d’un but par match (il en est à sept réalisations), sans oublier de nombreuses passes décisives. Intégration parfaitement réussie, donc, mais comment en douter au vu des qualités et du parcours de cet attaquant racé? Formé à Blois, chez lui, il intègre la première équipe, en CFA, au terme d’une saison ponctuée par une relégation. En CFA 2, le jeune homme explose, terminant meilleur buteur du championnat. La récompense? Un transfert en première division portugaise, à Naval, à 22 ans.

Après le Portugal, l’Algérie

« J’étais content de mon intégration là-bas, tout se passait bien. J’étais arrivé comme troisième attaquant, mais je me suis vite retrouvé premier choix à l’aile. Remplaçant face à Porto, je devais jouer le match suivant, mais me suis blessé juste avant. Et lorsque je suis revenu, changement d’entraîneur… et nouvelle blessure. Là, je n’ai pas eu de chance, vraiment. » Après cette expérience portugaise, direction le Maghreb, pour deux saisons en première division algérienne, le pays de ses origines. « Une expérience mitigée. J’ai joué, et marqué, mais je n’ai pas été respecté, notamment financièrement. J’ai préféré partir. »

Et effectuer un essai à Dubaï, où l’entraîneur des gardiens, un Français, le met en contact avec un agent actif en Suisse. Après quelques pérégrinations habituelles dans le milieu du football, il est donc mis en contact avec Dardania et Paolo Diogo. « J’ai fait le trajet en voiture depuis Blois, j’avais vraiment envie de venir ici », glisse-t-il, s’avouant heureux d’avoir rencontré l’ancien Servettien. « C’est une bonne personne et un grand entraîneur. Il m’a parfaitement accueilli, comme d’ailleurs tous mes coéquipiers. Il y a de bons joueurs ici, on a de quoi faire. » L’objectif de Dardania et de son effectif de qualité est bien sûr de monter en 2e ligue inter et Bellagra sait pourquoi il a été engagé. Etre décisif, ce qu’il a été tout de suite.

Un buteur efficace, qui sait faire briller ses coéquipiers

Ses premiers exploits? A Dorigny, face au LUC, où son deuxième but a marqué les esprits. Parti du milieu de terrain, seul face à la défense lausannoise, il a pris tout le monde de vitesse, avant de conclure très proprement. Un but spécial, pour un attaquant lui aussi spécial. Très malin, il sait gagner des duels face à des défenseurs plus costauds, et possède une double qualité essentielle à ce niveau: il est autant passeur que buteur, comme face à Gland (trois passes décisives et un but). Et ça, forcément, ses coéquipiers apprécient. « Si on doit monter, ce sera ensemble. Mais on doit être solidaire. A Morges, par exemple, on perd le fil et on perd 4-3. On avait une bonne équipe en face, c’est vrai, mais on doit être plus forts », sait-il pertinemment. Dardania, avec ses quatre Bulgares, son ossature albanaise et son attaquant français, doit trouver une cohésion qui est peut-être plus évidente à Pully, pour parler de son poursuivant immédiat. Mais les grands joueurs se trouveront toujours, s’ils font les efforts nécessaires. Attention toutefois, Dardania est capable du meilleur comme du pire. Un cliché? Une vérité, surtout.

Travailler dur et laisser faire le destin

L’avenir? Omar n’y pense pas trop, pour l’instant. Travailler dur, laisser faire le destin et avoir confiance en l’avenir, aime-t-il répéter. « Il ne faut rien forcer, ne pas être envieux de ce qu’à ton voisin », souffle-t-il. Ses qualités devraient cependant le mener vite vers les plus hautes sphères du football suisse. Les recruteurs vont-ils se tourner du côté de Chavannes pour le voir jouer? Cela, il ne veut pas y penser, respectueux de Dardania, de ses coéquipiers et de son staff. Demain, c’est loin, et profiter du présent est une valeur bien présente dans la vie de cet attaquant à la carrière atypique. Le centre de la France, le Portugal, l’Algérie, Lausanne. Loin des siens, loin de ses rêves d’adolescent, peut-être, mais proche de ses valeurs. « Il y a des gens qui sont plus mal lotis. Tous les matins, je me lève pour jouer au football, je suis en bonne santé. J’ai pas mal voyagé, j’ai vu ce qu’était le monde. »

A quel niveau que ce soit, Omar Bellagra se sent bien sur le terrain, mais aussi en dehors. Avec une pensée pour les siens, toujours, même à des centaines de kilomètres. « Une pensée à Kalyah. Elle se reconnaîtra. » Omar Bellagra est un grand attaquant. Et un homme de valeur. Ce soir, en demi-finale de Coupe vaudoise, sur le terrain de Vevey, s’il marque, il aura une pensée pour ses proches, c’est sûr. Mais cela ne va pas l’empêcher d’aller en marquer un deuxième. Etre attaquant, c’est aussi un état d’esprit. Travailler dur, laisser faire le destin, et avoir confiance en l’avenir.

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