Nyon doit se débarrasser d’une mauvaise habitude

Nyon doit se débarrasser d’une mauvaise habitude

Nyon a égaré ses premiers points à Colovray de la saison! Après quatre victoires en autant de matches à domicile, il s’agit d’un premier coup de frein pour la troupe de Vittorio Bevilacqua, face à un adversaire qui semblait pourtant nettement à sa portée. Si cette défaite face à Zurich M21 change quelque chose au début de championnat de haut vol des Nyonnais? En aucune manière, non! Et puis, avec les contre-performances de Kriens (2e) et de Rapperswil-Jona (3e) dans le même temps, les Nyonnais restent seuls en tête avec deux longueurs d’avance sur leurs poursuivants. Cependant, il faut bien avouer que les Stadistes, en flagrant manque d’inspiration, sont passés à côté de leur samedi après-midi et ne pourront pas se permettre de reproduire cette performance, sous peine de laisser filer bien plus que quelques points. Et, surtout, une tendance semble se dégager depuis le début de l’exercice chez les Nyonnais.

Nyon part bien trop souvent avec un handicap

Mené au score par Bavois, YF Juventus, Rapperswil-Jona, Tuggen et, maintenant, Zurich II, le Stade Nyonnais a pris la mauvaise habitude de partir avec un handicap dans chacune de ses confrontations. Cela a déjà été le cas à cinq reprises cette saison, sur les neuf rencontres disputées jusque-là. Un bilan équilibré et logique? Lorsqu’on joue le milieu de classement, cela ne fait aucun doute, mais pas quand on est leader.

La preuve de sa force de caractère

Sur ces cinq parties, trois fois les hommes de Vittorio Bevilacqua ont renversé la vapeur pour remporter, au final, au moins, un point, dont le 5-1 infligé au FC Bavois en ouverture de championnat (lire ici). Aucun doute, la force de caractère, les pensionnaires de Colovray l’ont, et ils ne sont pas en position préférentielle pour atteindre la Challenge League pour rien. De toute façon, avec l’Italien sur le banc, difficile de ne pas donner son maximum de la première à la dernière seconde.

«On ne prend pas nos matches à la légère»

Toujours est-il que les Nyonnais ne se facilitent clairement pas la tâche en partant, bien trop souvent, dos au mur et menés au score. Surtout que le phénomène semble durer et que même Guillaume Golay, le capitaine, ne semble avoir de réponses: «C’est difficile à expliquer… Aujourd’hui, on peut invoquer la fatigue, l’accumulation des matches, mais ce n’est pas vraiment une excuse et c’est la même chose pour tout le monde. On a tendance à être un peu démobilisés en début de match, même si on n’en est absolument pas conscient. On ne prend pas nos matches à la légère, loin de là. Ça arrive, c’est tout, et c’est vrai que c’est une très mauvaise habitude».

Zurich est venu jouer le nul, et s’est retrouvé en tête

Mené après seulement trois minutes de jeu sur la seule occasion zurichoise de la période, on a longtemps cru que cette rencontre allait s’apparenter au derby face à Bavois pour Nyon. D’autant plus que, 14e avant le coup d’envoi, le FCZ n’impressionnait pas vraiment sur le papier. Dès lors, Nyon, largement supérieur dans le jeu, s’est montré patient, a mis le pied sur le ballon et a attendu son heure pour se montrer dangereux, face à un hermétique rideau suisse-alémanique qui n’avait pas fait le déplacement de Colovray pour jouer autre chose que le match nul. Ce but après une poignée de secondes était donc la pire chose, et de très loin, qu’il pouvait arriver aux locaux.

De retour dans le canton, Anthony Favre n’a pas fait de cadeaux

«On s’est créé des occasions, de quoi revenir dans la partie, c’est vrai, mais pas assez à mon goût», avouait Guillaume Golay. C’est vrai que de ce côté-là aussi, on en attendait un peu plus de la deuxième meilleure attaque de Promotion League. Et dire qu’Anthony Favre, titulaire dans les cages du FCZ, a sorti le match de sa vie serait un mensonge. Bien sûr, l’ancien portier du LS a été excellent, et a effectué à merveille le travail qu’il a reçu, mais le Vaudois n’a pas, non plus, à forcer son talent pour garder ses filets intacts.

Des Nyonnais empruntés et sans idée

Il s’est montré autoritaire face à Alexandre Valente, dont le déboulé côté droit avait clairement le poids du 1-1, et n’a pas bronché sur les frappes de Stipe Simunac et Guillaume Golay, qui resteront comme les principaux faits d’armes des Nyonnais avant le thé. «C’est vrai qu’on a été gênés par leur façon de jouer, expliquait le très bon capitaine. C’est la première fois cette saison qu’on tombe face à une équipe qui évolue dans un système de jeu de ce genre. On n’a pas trouvé les solutions et il faut bien avouer qu’on n’a été moins bons que d’habitude. En face, ils ont parfaitement joué selon leur plan et ça a payé pour eux».

Le bloc zurichois était trop compact

Rebelote après la pause, Karim Chentouf décroisait d’un rien trop son coup de tête et Anthony Favre allait chercher le coup franc de Xavier Hochstrasser dans sa lucarne, en signant sa plus belle parade de l’après-midi. Les photographes l’en remercieront! Pour conclure une journée qui n’était décidément pas celle des Vaudois, la réserve du FC Zurich portait le coup final sur le crâne des locaux, en criant manque d’idées pour mettre à mal la défense adverse, en parachevant sa très solide performance défensive sur deux réussites en contre-attaque. Les Zurichois ont été dominés durant 90 minutes, mais ont montré une sérénité affolante. Score final 0-3! Un match à oublier au plus vite, sachant que le prochain adversaire du Stade se nomme La Chaux-de-Fonds, et que le néo-promu est en train de réussir une superbe entame d’exercice.

«Si on doit être promu, ce ne sera pas en survolant le championnat»

Toutefois, et malgré toute l’impuissance, la frustration et la déception qu’on pouvait lire sur les visages nyonnais au moment de regagner le vestiaire, tous, à l’image de leur capitaine, sont parfaitement conscients que le leader se nomme toujours le FC Stade Nyonnais, et qu’une défaite ne va certainement pas briser la belle dynamique dans laquelle se trouve le club à l’heure actuelle. «Perdre aujourd’hui, c’est aussi la preuve qu’il n’y aura aucun match facile si on veut pouvoir espérer monter, et c’est bien notre but. Zurich nous l’a prouvé aujourd’hui et on le remarque chaque week-end. Je pense toujours qu’on peut le faire, clairement, mais si cela devait nous arriver, on sait bien que ça ne sera pas en ayant survolé le championnat. On va devoir se battre sur tous les terrains, c’est une certitude», conclut Guillaume Golay.

Un compte-rendu de Florian Vaney

Categories: Promotion League

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