Numa Lavanchy: «On a la chance de vivre quelque chose d’exceptionnel»

Numa Lavanchy: «On a la chance de vivre quelque chose d’exceptionnel»

Le Lausanne-Sport s’est entraîné vendredi matin, juste avant les premières chutes de neige sur la Pontaise. Le match de dimanche (15h) face à Xamax aura-t-il lieu? Tout le LS l’espère, puisque le club vaudois a déjà eu un match renvoyé lundi dernier à Schaffhouse, ayant fait le voyage en car pour rien. Juste avant d’aller prendre son repas de midi avec ses coéquipiers vendredi, Numa Lavanchy a accepté de s’arrêter quelques instants vers nous. Au programme des discussions, notamment la progression globale de l’ancien junior du FC Vignoble. Né à Grandvaux, il a ensuite intégré Vevey, puis le Team Vaud Riviera à la création de celui-ci. Depuis, il n’a cessé de gravir les échelons jusqu’à devenir indiscutable sur le côté droit de la défense lausannoise, lui, l’ancien ailier. Interview avec un jeune homme qui monte, dans tous les sens du terme.

Numa, racontez-nous ce voyage pour rien à Schaffhouse lundi…

Ah ben, ça ne fait jamais plaisir! En plus, on ne s’y attendait vraiment pas. Quand on est sortis de l’hôtel en fin d’après-midi, il neigeait un tout petit peu, mais vraiment rien de bien méchant. Et puis, tout s’est accéléré et le match a dû être renvoyé. Franchement, je pense que la décision est correcte, c’était injouable. S’il avait neigé plus tard et qu’on avait pu s’échauffer, je pense que ça aurait pu jouer, mais là, c’était impossible. Donc, retour en car. Pas le choix!

Et entraînement le lendemain matin à 10h!

Oui, exactement. On a fait un match interne, de trois fois vingt minutes, pour garder un peu le rythme. On a fait une bonne semaine d’entraînement et on espère vraiment jouer dimanche.

Jouer contre Xamax, c’est un match à part dans la saison? C’est un match plus excitant que les autres?

Non, pas vraiment, même si c’est un joli derby, c’est clair. Ils ont une belle équipe et ça donne toujours de beaux matches, c’est vrai. Et au niveau statistique, ils sont meilleurs que nous cette saison, donc c’est une motivation de plus pour nous!

Xamax est en effet la seule équipe à vous avoir battu deux fois au premier tour!

C’est clair! Les deux matches étaient bien différents, mais les deux fois on est repartis battus. On sait qu’on a les qualités pour les battre, c’est sûr, et on part confiants ce dimanche.

Lors du match aller à Neuchâtel (défaite 1-0), vous aviez vraiment dominé et auriez mérité de gagner. Mais lors du retour à la Pontaise (défaite 2-3), Xamax vous a bien bougés. Si on vous dit qu’il s’agissait du moins bon match du LS au premier tour, vous êtes d’accord?

On n’avait pas été bons ce jour-là, c’est vrai. En fait, autant à l’aller on les avait ultra-dominés, autant au retour on n’avait pas su profiter des failles dans leur jeu et on était passés à côté. Cette semaine, on a passablement travaillé par rapport à cela, pour éviter que cela se reproduise.

Fabio Celestini vous a montré des vidéos sur eux?

Pas encore, ce sera sûrement le cas samedi. Non, on a travaillé directement sur le terrain, par rapport à ce que notre entraîneur pense d’eux. Mais bon, attention, ça dépend surtout de nous! Comme je vous l’ai dit, on a toutes les qualités pour prendre le meilleur sur eux ce dimanche. On ne fait évidemment aucun complexe par rapport à Xamax, malgré nos deux défaites de 2015. Après, c’est sûr qu’on se méfie. Ils restent sur cinq matches sans défaite, si on compte le dernier match de l’année dernière. On s’attend à une belle opposition.

Lors du dernier match, Freddy Mveng vous avait fait très mal. Vous aviez joué avec lui en M21, juste?

Oui, et un petit peu avec la première équipe, aussi. Bon, surtout en M21, d’accord. Avec la I, on était plus souvent assis sur le banc que sur le terrain à l’époque (sourire). Freddy, je l’apprécie beaucoup, c’est un super joueur et je suis content de voir ce qui lui arrive aujourd’hui.

Tout comme ce qui vous arrive à vous! Il y a une année, vous étiez en 1re ligue à Team Vaud et aujourd’hui, vous voilà une quinzaine de matches de la Super League…

J’ai le sentiment d’avoir passablement progressé ces derniers mois, c’est clair. Le passage au Mont m’a fait du bien et m’a permis de véritablement me montrer à ce niveau.

Vous êtes devenu un des meilleurs latéraux de Challenge League. On l’écrit souvent, mais, ce qui est mille fois plus important, vous avez été élu dans l’équipe-type de 2015 par la SFL. Pourtant, vous avez été formé comme ailier, on se trompe?

Non, c’est vrai. Le premier qui a eu l’idée de me reculer, c’est Laurent Roussey. Il m’a utilisé comme ailier en Super League, mais c’est lui qui m’a dit que j’avais peut-être plus d’avenir comme latéral. Après, Marco Simone est arrivé et lui, il m’a utilisé comme…. comme rien en fait!

Ah bon?

Oui, j’ai joué en pointe, sur l’aile, latéral… Bon, ça ne m’a dérangé plus que ça, mais c’est vraiment au Mont que je me suis fixé comme latéral. J’ai débuté le premier match comme ailier, à Wil, avec Gilberto Reis derrière moi, mais il s’est ensuite blessé et j’ai fini la saison derrière à droite.

Et depuis, vous n’avez plus bougé.

Exactement, mais je dois encore beaucoup progresser tactiquement. Je suis nouveau à ce poste, si je peux dire, et j’ai encore des réflexes d’ailier. Et ce n’est pas vraiment la même chose! Comme joueur offensif, vous pouvez aller presser le latéral et vous jeter: s’il passe, il y a encore du monde derrière. Tandis qu’en tant que latéral, vous n’avez pas le droit à l’erreur. Ce sont des adaptations importantes et Fabio Celestini me parle beaucoup et me corrige. Défendre, c’est quand même la priorité à ce poste (sourire).

Mais vous êtes tout le temps devant!

Ah oui, on a une totale liberté de ce point de vue! Notre entraîneur nous autorise vraiment, nous les latéraux, à pousser vers l’avant, que ce soit à droite ou à gauche. Alors on profite! Mais après, il faut être rigoureux derrière et là, comme je vous l’ai dit, j’ai encore une marge de progression.

Vous êtes sous contrat jusqu’à la fin de cette saison, avec une option pour une année supplémentaire… Cela veut-il dire que vous pensez à un départ?

Non, je n’y pense pas. Je vais être clair: je mets cela complètement de côté. On a la chance de vivre quelque chose d’exceptionnel cette saison dans le vestiaire. On a tous conscience que c’est rare dans une carrière d’être ainsi une bande de potes. A midi on va souvent manger dans un restaurant proche du stade et il arrive régulièrement qu’on soit des tables de dix, douze ou quinze. On veut profiter de ces moments-là.

Parce que ce ne sera pas toujours ainsi dans votre carrière…

Justement! Des joueurs comme Arnaud Bühler et Xavier Margairaz, ils ont accompli des choses magnifiques et ils ont une très belle carrière, mais je pense que si vous leur demandez s’ils ont souvent vécu des ambiances comme celle de cette saison, ils vous répondront non. C’est notre force, on le sait très bien, mais tout se fait naturellement.

On va formuler la question différemment: vous êtes à 15 matches de la Super League avec le LS. Est-ce un objectif concret sur le plan personnel?

Je veux progresser, comme tous mes coéquipiers, donc oui, j’ai l’ambition de jouer un jour en Super League. Mais, de nouveau, ce n’est pas le moment d’y penser.

Avec huit points d’avance et un match en moins, forcément, vous en parlez dans le vestiaire?

On veut gagner tous les matches, donc à la fin, si ce sera le cas, on sera promus (sourire). On ne regarde pas aussi loin, je vous assure, ce ne sont pas des paroles en l’air. En fait, on prépare le prochain match pour le gagner. On se dit: « Celui-là, on le gratte, il est pour nous. » Et une fois que c’est fait, on relance la machine pour le match suivant. Et pour celui d’après. On ne fait pas de plans au-delà, que ce soit sur le plan personnel ou collectif. Et on constate que ça marche, donc on n’a pas trop de raisons de changer cette manière de faire!

Categories: Football d'élite

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