Montreux a eu très chaud samedi

Montreux a eu très chaud samedi

Montreux est promu en 2e ligue inter, mais que ce fut chaud! Une semaine après leur victoire 0-3 à Pully, Lionel Erard et ses coéquipiers se sont inclinés 1-3 à la maison, dans leur stade de Chailly. Au final, ils ont atteint leur objectif de la saison, mais ont énormément souffert. Yannick Favre, en inscrivant le 1-3 à la 90e, a offert des arrêts de jeu de folie au public et Pully est vraiment passé tout près de réaliser un exploit incroyable. Sans succès.

Alain Baré, le président du MS, a vécu ce match avec intensité et a gentiment accepté de répondre à nos questions, dimanche en fin de matinée.

Alain Baré, vous êtes passé par toutes les émotions hier soir, non?

Ah oui! On a eu chaud aux fesses jusqu’au bout, ça c’est clair. Tout le monde nous voyait déjà promu, et vous avez beau répéter tous les jours aux joueurs que ce n’est pas fait, ils ont de la peine à y croire… Ils n’étaient pas dedans, que ce soit en défense, devant… On a fait un non-match. Vraiment, on n’a pas été bons et on a souffert jusqu’au bout. Moi, toute la semaine, je préparais les festivités, pour que ce match soit magnifique, mais j’ai failli l’avoir très mauvaise. On m’a dit: « C’est bon pour le suspense… » Oui, d’accord, mais je vous assure que j’aurais préféré un autre scénario!

Comment expliquer ce non-match?

Il y a peut-être eu trop de décontraction, comme je l’ai dit. Sincèrement, on se disait que Pully devait venir en mettre quatre pour passer et que s’ils attaquaient, on allait forcément avoir des contres. On se disait aussi que si Pully n’attaquait pas, ils n’en marqueraient jamais quatre ici, donc on était assez confiants, peut-être trop. J’ai juste dit aux joueurs qu’il fallait gérer l’arbitre. C’est-à-dire ne pas prendre de carton bête et se retrouver à dix. Là, on aurait eu un problème, mais c’est bien le seul que je voyais.

Et Pully a frappé fort!

Oui, on prend le 0-1 quasiment d’entrée, sur une balle arrêtée, et le 0-2 après 19 minutes. Là, on a commencé à se dire qu’il y avait un problème! Heureusement, on a bien réagi et on a inscrit le 1-2 sur un penalty que j’appellerais de compensation. Le leur était un peu forcé, avec un joueur très malin, mais il faut bien dire que le notre n’est pas non plus une évidence. On va dire que ça s’est équilibré. En deuxième mi-temps, on était mieux dans le match, on a eu quelques occasions, mais on ne marque pas. Pully a fait son match, ils ont été bons.

Et arrive le 1-3 à la 90e…

Oui et là. ça a été chaud! Il restait les arrêts de jeu, et on a passé de très très longues minutes. Et on a été tellement naïfs… Eric Rameau, que j’adore, part en contre et au lieu d’aller au poteau de corner gérer la fin du match, il essaie d’aller au but. Sur le contre, Pully rate une montagne, avec le joueur qui frappe au dessus alors qu’un plat du pied aurait suffi…

Vous avez failli mourir à ce moment-là?

Moi, j’aurais eu l’air malin avec mes bouteilles de champagne dans la main, surtout! Quand j’ai vu ça, je les ai reposées, je me suis dit: « Non, c’est pas possible! On va pas perdre tout le bénéfice du travail d’une année sur un match! On n’a pas le droit! » J’étais fâché, en colère, déçu, tendu, stressé, inquiet… Donc, oui, je suis passé par toutes les émotions, comme vous l’avez dit au début!

Vous auriez pu revendre les bouteilles de champagne à Pully, s’ils avaient marqué le 1-4, non?

Je les aurais cassées par terre de rage, surtout (rires)! Je crois d’ailleurs bien que j’en ai cassé une pendant les arrêts de jeu, quand leur attaquant a frappé au dessus! Sérieusement, si on n’était pas montés, je crois que j’aurais fait une dépression. Il n’aurait plus fallu me parler de foot pendant un bon moment!

Vous avez quand même fêté un peu, non?

On avait tout prévu, les feux d’artifice, les sorties, donc les joueurs en ont profité, oui.

Pas vous?

Non, mais moi j’ai passé l’âge (rires). Vous savez, quand j’étais entraîneur, j’étais le premier à emmener tout le monde en sortie. Mais président, c’est un peu différent! Ce ne sont plus « vos » joueurs, plus votre groupe. Je suis rentré tôt, en famille, et aujourd’hui je profite du lac à Saint-Gingolph. C’est sympa aussi!

Pas un petit tour en boîte de nuit?

Les joueurs y sont allés, on avait réservé une table, j’ai payé quelques bouteilles. Je vous assure qu’ils ont passé une bonne soirée! Je viens de croiser Cédric Faivre, leur entraîneur, il m’a dit que c’était sympa. Je n’en doute pas (rires).

Il paraît que la fin de match a été un peu chaude, vous confirmez?

Oui, il y a eu 3-4 minutes assez tendues. Cédric Faivre s’est fait expulser après le match pour avoir répondu à des provocations. Il y a eu des paroles de notre côté, du leur. Bon, voilà, il y avait de la tension, mais ça a fini par se calmer.

Au fait, vous avez bu un verre avec Dominique Blanc, comme promis ici?

Oui, il était là. On a trinqué, discuté de tout et de rien. On a même parlé de foot, vous voyez (rires)!

Vous n’aurez plus à faire à l’ACVF, suite à cette promotion, puisque demain, ce sera la 2e ligue inter. Avec quelles ambitions?

On ne va pas faire de folies, pas s’enflammer. La dernière fois qu’on était montés, on s’était un peu lâchés, mais là, non. On va viser la première moitié du classement, tranquille, et on va essayer d’intégrer des jeunes des Team Vaud, tout en gardant l’ossature du groupe qui est monté. On va perdre Fatah Ahamada, ce qui sera un coup dur, mais je ne lui en veux pas du tout. Il m’a averti, il veut aller plus haut, il a fait les choses bien et je comprends son choix. Sinon, j’espère bien garder le groupe qui est monté. Vous savez, en 2e ligue, vous êtes obligé de construire une grosse et belle équipe, si vous voulez monter. En 2e ligue inter, on sera moins obligé, vu qu’on ne cherchera pas la promotion.

Avec le même entraîneur, Cédric Faivre, qui entraîne et joue?

Oui, je ne vois pas de raisons de changer. De toutes façons, il ne sera pas augmenté, il devait gagner la Coupe vaudoise pour ça (rires). On doit se voir cette semaine pour discuter de la nouvelle saison, des transferts, des renforts, et on n’a pas encore parlé de sa situation personnelle, mais je pense qu’on va continuer ensemble. Cette semaine, il m’a dit en riant qu’il allait partir. Je lui ai dit: « Tu peux y aller, je reprends l’équipe » (rires).

Le groupe sera sympa, avec Vevey, Sierre, Saxon, peut-être Bulle…

Oui, ça c’est un point positif aussi. Comme déjà dit, on espère être dans le haut du classement, mais sans faire de folies. Je suis président maintenant, plus entraîneur, je dois faire attention au budget (rires).

Elle vous a coûté cher, cette promotion?

Il y a des primes, bien sûr, et j’ai fait un petit effort, mais on va boucler le budget tranquillement et partir pour l’année prochaine sur les mêmes bases. Il y aura un peu plus de frais de déplacement et d’arbitrage, on va le prendre en compte.

A titre personnel, c’est une victoire, non? Vous revenez à Montreux, vous prenez la présidence et une année après, vous montez…

Oui, bien sûr. Je le sais, je ne suis pas aimé de tous. Qui l’est, d’ailleurs? Mais je suis celui qui est devant, qui prend les coups, qui tire le club. On peut me dire ce qu’on veut, mais le bilan est là: on est montés et Montreux retrouve un niveau plus conforme au standing du club.

Le plan-fixe

FC Montreux Sports – Pully Football 1-3 (1-2)
Buts: 7e Gulfo 0-1; 19e Favre, pen. 0-2; 40e Faivre, pen. 1-2; 90e Favre 1-3.
Arbitre: M. Matni, assisté de M. Hofmann et de M. Selimovic.

MS: Erard; Maliqi, Cheminade, Mammone, Abaidia; Clerget (15e Tafaj), M Sabeg (46e Moatameni), Faivre; Custodio, Rameau (94e Mbambi), Ahamada.
Entraîneur-joueur: Cédric Faivre.

Pully: Russo; Mbemba, Gulfo, Petrovic, Martinez; Caregnato (71e Gulizia), Panda Kalala, Favre; D’Aquino (60e Bengono), Cea, Schwyn.
Entraîneur: Mario Fontana.

Notes: Chailly.

Categories: 2e ligue, Interviews

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