Montcherand gâche un peu la fête du FC Cossonay

Montcherand gâche un peu la fête du FC Cossonay

Se rendre à Cossonay pour y affronter le club qui accueille, le même jour, la tant attendue finale de la Coupe Vaudoise et qui, par la même occasion, joue vraisemblablement sa dernière cartouche dans l’optique d’une participation aux finales de promotion en 4e ligue. Voilà qui avait tout d’une tâche très compliquée pour Montcherand. Pourtant, le FCM n’avait pas vraiment le choix: une défaite et celui-ci restait sous la barre, tout en voyant son adversaire du jour revenir à deux longueurs. Avec une fin de championnat aussi périlleuse que celle qui les attend, les hommes d’Alexandre Domingues ne pouvaient tout simplement pas se permettre de ramener moins qu’un match nul. Et le FCC ne leur a pas rendu la vie facile.

Cossonay voulait enchaîner un troisième gros coup

Les hommes de Laurent Dupuis sont eux, justement, sur une dynamique un peu particulière. Ils ont, d’une part, atomisé Rances puis Orbe II, le leader invaincu jusqu’alors en 16 confrontations, puis, d’autre part, perdu des plumes face à Vaulion (trois points en 17 matches), Ependes et Venoge II. Ce qu’il faut retenir de tout ça? Que, pour Montcherand, cela faisait au moins deux bonnes raisons de se méfier. Déjà, en laissant des points ici et là, Cossonay s’est mis dans une situation difficile, où chacun de ses matches peut être vu comme celui de la dernière chance. Cela n’a pas manqué aujourd’hui, les locaux devaient gagner pour garder la barre à portée. Et, surtout,  le FCC sait se sublimer face aux meilleures équipes. 4-0 face à Rances, 4-1 contre Orbe, et avec le contexte qui entourait ce match, le tour de Montcherand semblait être venu.

Le FCC tape la latte d’entrée de jeu

«On était au courant de leurs récents résultats et de leur envie de remonter au classement pour disputer les finales. On s’attendait à un match compliqué, d’autant plus qu’on a dû faire avec plusieurs joueurs de la II. Week-end prolongé oblige, il y avait pas mal d’absents». Alexandre Domingues nous avait lu, il y a quelques semaines, lorsqu’on annonçait le retour au premier plan du FC Cossonay, et avait prévenu ses joueurs. Cet après-midi, il faudrait se montrer fort! Alors lorsque les locaux heurtaient la barre transversale après une poignée de secondes de jeu, le banc visiteur a dû ressentir quelques sueurs froides, et il y avait de quoi. Comme à leur habitude, les hommes de Laurent Dupuis avaient envie de jouer au ballon et, lorsque c’est le cas, à ce niveau-là, peu de monde est capable de rivaliser avec ce FCC.

Cossonay-Montcherand2

Montcherand n’a pas la deuxième meilleure défense de 4e ligue pour rien

Paniqué, le FCM? On ne peut plus serein, oui! Les visiteurs n’ont pas viré de bord, continuant dans leur plan de jeu habituel, en se basant, très logiquement, sur leur principale force: frustrer l’adversaire par leur maîtrise défensive et profiter des brèches lorsque l’occasion se présente. Avec la deuxième meilleure défense de 4e ligue (15 buts en 17 matches) – seul Pully IIB fait mieux à l’heure actuelle (14/17) -, il faudrait être fou pour ne pas procéder ainsi. «On joue avec nos atouts, se défend le coach. L’autre jour, on en a mis quatre à Croy, notre record cette saison, je pense que ça a fait du bien à toute l’équipe. Malgré tout, on sait que ce n’est pas notre force, alors on s’appuie nos qualités. Aujourd’hui, on a réussi à embêter l’adversaire, à les frustrer en les empêchant de marquer. Et derrière, on voit que ça libère des espaces».

Mario Parente juste avant la pause, Silvain Cochard juste après

Aussi habile puisse-elle être balle au pied, cette équipe de Cossonay commet aussi, forcément, des erreurs. Celle de se casser la tête face au mur «rouge et jaune» est à mettre en grande partie au crédit des visiteurs, parfait sur ce plan-là du jeu. Et lorsque les locaux se sont découverts, ce qui devait fatalement arriver, Kevin Gonçalves et ses coéquipiers savaient exactement ce qu’ils devaient faire. Au final, c’est presque comme un fruit mûr que tombait l’ouverture du score de Mario Parente, juste avant la mi-temps. Sans être impressionnant (Mario Parente transformait quasiment la première occasion nette des siens), le FCM avait presque fait tout juste, et le voir repartir aux vestiaires avec un but d’avance n’était même pas vraiment un scandale.

Une autre preuve que leur plan fonctionnait parfaitement? Pas tout à fait de retour sur le terrain avec les idées claires, le FCC se faisait à nouveau surprendre par une action qui n’avait l’air de rien, alors qu’on jouait à peine depuis trois minutes en seconde période. Silvain Cochard se jouait parfaitement d’une défense trop laxiste sur ce coup-là, passait en revue son défenseur d’un crochet, puis le gardien, et donnait deux longueurs d’avance à ses couleurs.

Cossonay a besoin d’émotions

C’est donc menés de deux buts que devait commencer la folle remontée des hommes de Laurent Dupuis, celle qui devait permettre au club, après un an de préparatifs, de passer la plus mémorable des journées, à commencer par ce match. Le talentueux Martin Perez l’avait compris mieux que personne. Il fallait quelqu’un pour prendre les choses en main, pour redonner espoir à une équipe qui semblait quelque peu entraînée vers le fond par la tournure des événements, il l’a fait. Pas le temps de se laisser abattre, le fringant attaquant de pointe reprenait victorieusement d’une tête croisée un centre venu des pieds de Johann Schwab. Ce n’était plus que 1-2, il n’en fallait pas plus pour remotiver ses troupes. L’attractif FC Cossonay, celui qu’on avait perdu de vue l’espace des quelques minutes, était de retour. À l’image d’Alain Charbonnet, un garçon capable du meilleur lorsque tout va pour le mieux, ce groupe fonctionne énormément au mental, aux émotions, à la vérité du moment. Ainsi, ils ont marqué le coup en première mi-temps, voyant que rien ne leur réussissait, mais ils ont aussi su redresser la barre au premier signal positif, et de quelle manière!

Martin Perez, un atout exceptionnel

À force de pousser, le FCC a été récompensé. Ce même Alain Charbonnet trouvait… Martin Perez dans la profondeur. Le contrôle et la frappe étaient parfaits. En un quart d’heure, Perez avait remis ses couleurs sur la pente ascendante. Un point n’étant toutefois pas suffisant, le numéro 7 a donné de sa personne pour ramener la victoire dans ses rangs. Des coups, il en a subi, Montcherand ayant compris que le danger numéro 1, c’était bien lui. Individualiste? Il l’a été un peu, en fin de rencontre, c’est vrai, mais cela traduisait surtout toute son envie de bien faire et son amour du maillot, lui qui pourrait sans problème évoluer à plus haut niveau. Toutefois, les jambes de l’attaquant commençaient à peser, pas franchement aidées par les jolies semelles qu’elles ont rencontré, et l’assise défensive des visiteurs, déjà pas habituée à en prendre deux dans le même match, leur suffisait pour préserver ce précieux point, si durement acquis. 2-2, score final.

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Comme un air de déjà vu…

Au fond, on pourrait résumer cet affrontement à une équipe qui pousse, qui se retrouve menée au score en ayant pourtant les meilleures occasions, qui joue le mieux au ballon mais qui finit par se casser la tête sur la solidité défensive et l’état d’esprit impeccable de l’adversaire. Un adversaire qui, justement, ne cesse jamais de jouer son jeu, décourageant même jusqu’au meilleur attaquant en face, celui-ci auteur d’un doublé.

Une certaine ressemblance avec la finale de la Coupe Vaudoise qui suivait, vous dites? Précisément! Et si le résultat peut paraître différent, il n’en demeure pas moins que c’est bien Cossonay qui quittait le terrain la tête basse et Montcherand le sourire aux lèvres.

Alexandre Domingues: «Avec le calendrier qu’il nous reste, on ne pouvait pas perdre»

Le sourire, Alexandre Domingues, co-entraîneur du FCM aux côtés de Nelson Alves, l’avait aussi à l’issue du match: «C’est un bon point de pris, clairement, au terme d’un match nul plutôt logique. En face, on savait qu’ils n’étaient pas finis, et qu’ils seraient revenus à deux points en cas de victoire. De plus, on se devait de prendre au moins une longueur d’avance sur Rances, qui possède un meilleur classement fair-play que nous. C’était notre premier gros match de l’année, on se devait d’être prêts et on l’a été. Maintenant, il reste neuf points en jeu, on compte absolument sur notre prochaine confrontation face à Vaulion pour en ramener trois, puis il restera Rances et Orbe II pour finir. Espérons qu’Orbe nous fasse un petit cadeau, comme ils sont déjà assurés de terminer en tête du groupe (rires). Les finales? C’est l’objectif. Après la 5e place de l’année dernière, on savait qu’on pourrait regarder un peu plus haut cette saison. Maintenant, pas de pression inutile, si on doit arriver en finale, on en profitera un maximum, mais l’objectif n’est pas de monter absolument».

Un compte-rendu de Florian Vaney

Les prochains rendez-vous

Dimanche 22 mai, à 10h, Cossonay se déplace à Suchy. Le même jour, à 11h30, Montcherand reçoit Vaulion.

FC Cossonay – FC Montcherand 2-2 (0-1)

Buts: 45e Parente 0-1; 48e Cochard 0-2; 52e et 66e Martin Perez 2-2.

Cossonay: Becher; Schwab, Tiago Da Silva, Bapst, Blaser; Fischer, Helio Alves, Charbonnet, Gacond; Martin Perez, Posse.

Sont entrés en jeu: Veljic et Mayoraz.

Entraîneur: Laurent Dupuis.

Montcherand: Vallotton; Vidal, Creste, Carvalho, Leuba; Gonçalves, Lima, Parente, Micael Pereira, Cochard, De Matos.

Sont entrés en jeu: Uch, Lourenço et Gut.

Entraîneurs: Nelson Alves et Alexandre Domingues.

En Marche, Cossonay. 90e, expulsion de Tiago Da Silva, deuxième avertissement.

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