Mike Scire Barbosa, l’atout jeunesse de Romanel

Mike Scire Barbosa, l’atout jeunesse de Romanel

« Pourquoi lui? Tout s’est joué à la première impression. Ce gamin-là, il a quelque chose, je l’ai perçu tout de suite. Il ne le sait pas encore, donc n’allez pas écrire ça à la première ligne de votre article, mais on compte sur lui pour l’avenir. Quel que soit le classement à la fin de la saison. » Thierry Henry, président du FC Romanel-sur-Lausanne, a été conquis au premier regard par Mike Scire Barbosa. A 26 ans, ce vrai Lausannois s’est donc vu confier la première équipe du club, en grand danger de relégation à la trêve. « Il n’avait rien à voir avec notre club, mais après avoir parlé un moment avec lui, je n’ai eu aucune doute: il a les épaules, ça se voit tout de suite », continue le président.

Huit arrivées cet hiver pour un seul objectif: le maintien

Il est vrai que Mike Scire Barbosa (« Mon nom de famille? Je suis à moitié italien et à moitié brésilien! ») a le contact facile et, surtout, les idées claires. Pas de grandes phrases qui ne veulent rien dire, pas de concept fumeux: que des faits. « Pour l’instant, on a 0 point. Romanel, aujourd’hui, c’est ça. On veut s’en sortir le plus vite possible et pour ça, on a renforcé l’équipe. » Quasiment aucun départ n’a été à déplorer cet hiver, mais une bonne demi-douzaine de joueurs sont arrivés, tout amenés par le nouvel entraîneur. A 26 ans, il vit sa première expérience en actifs, mais le défi ne l’effraie pas. « J’avais les A inter d’Espagnol Lausanne avant de venir ici, un groupe qui a de la qualité, mais pas forcément facile au niveau du caractère. Du coup, en ce qui concerne la gestion, je n’ai pas peur d’une équipe de 4e ligue », sourit-il. Le fait que des joueurs soient plus âgés que lui? « Pas un problème. Je sens du respect. Moi, de toute façon, ce que je veux, c’est remonter l’image de Romanel. Pour les joueurs de Lausanne, c’est un peu trop loin, c’est déjà la campagne… Mais moi, je respecte cela, à fond! Je veux leur montrer qu’ici, on joue au foot, et qu’on y joue bien. Déjà, j’ai envie qu’on ait de beaux équipements, un esprit d’équipe au top et l’envie de progresser sur le terrain. Pour moi, c’est un tout. »

Déjà le diplôme B, à 26 ans!

Le parcours de joueur de ce supporter de la Juventus et de Flamengo, origine double oblige? « Sans grand intérêt. Toujours dans la région de Lausanne, dans les ligues inférieures ». Comme entraîneur, il a gravi les échelons à Espagnol, finissant donc avec les A Inter. Et, surtout, il a déjà le diplôme B! A son âge, plutôt rare, non? « Non. Je ne suis pas une exception. Juste un gars qui veut entraîner, qui a ça en lui. » Se voit-il plus haut, plus tard? « Vous me parlez de quoi? De 1re ligue? Là, j’ai une équipe qui a 0 point en 4e ligue. Je suis désolé de le répéter, mais je vois que ça a de la peine à entrer chez vous », rigole-t-il. Et sinon, plus sérieusement? « Bien sûr que j’aimerais bien. Mais je ne suis pas fou, je sais comment se construit une carrière. Si on arrive à se maintenir avec Romanel, il y a trois ou quatre personnes qui vont en parler. Si l’an prochain, on se bat pour les finales, il y en aura une dizaine qui connaîtront mon nom. C’est comme ça, le foot. Il faut faire ses preuves, il n’y a pas d’autre vérité. »

Thierry Henry: « Ici, on a tout ce qu’il faut »

Thierry Henry, son président, est, lui, sûr d’avoir trouvé l’homme qu’il lui fallait. « On veut construire sur le long terme. Miguel Soares, l’entraîneur du premier tour, est toujours au club. Il fallait apporter de nouvelles idées, mais on veut vraiment progresser avec tout le monde. Ici, à Romanel, on a tout ce qu’il faut au niveau des installations. Le problème, si j’ose dire, c’est qu’on est un peu coincé entre Cheseaux, Prilly et Le Mont, sans oublier Crissier qui n’est pas loin. Les juniors, aujourd’hui, préfèrent aller là-bas, mais cela peut aller vite pour ramener une dynamique positive. Il faut qu’on ait des bons résultats, que les parents se disent que c’est sympa chez nous et on pourra construire avec cette jeunesse. L’engagement de Mike va dans ce sens », continue un président conquis.

0 point au compteur, mais la barre n’est pas si loin

Le premier résultat de l’année? Un vilain 10-2 enregistré contre Dardania, en match en retard du premier tour. Mais, si le score était largement déficitaire, la manière a été appréciable en première période. On le sait, on y était. Mike Scire Barbosa, lui, est un peu plus pragmatique que nous… « Vous me dites que la manière était bonne? Moi je vous dis que je rêvais d’autres débuts! Comment voulez-vous que je sois heureux, avec le score qu’on vient de ramasser? » La situation, si elle n’est pas catastrophique, est néanmoins sérieuse sur le plan comptable. Ollon II a 8 points et Ecublens II en a 3. C’est-à-dire qu’en un match, Romanel pourrait repasser sur la barre.

« Il faut briser cette série de défaites »

« C’est vrai, mais il faut briser cette série de défaites! Dans la tête des joueurs, cela pèse lourd. Plus lourd même qu’on ne peut le croire… Ce n’est même pas qu’il y avait un match nul de temps en temps, c’est qu’il n’y a eu que des défaites au premier tour! », continue Mike Scire Barbosa. Ce week-end, justement, un gros match attend le FC Romanel, samedi sur le terrain du FC Ollon II. L’occasion de frapper un grand coup et de montrer à tout le monde que le FCR est enfin entré dans ce championnat. Trop tard, à la fin du mois de mars? Disons que ce serait juste à temps.

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