Metin Karagülle: «La 2e ligue inter, c’est du sérieux»

Metin Karagülle: «La 2e ligue inter, c’est du sérieux»

Le FC Aigle est leader du groupe 1 de 2e ligue inter après quatre journées. Avec dix points au compteur et une victoire de prestige la semaine dernière sur le terrain du FC Meyrin, tout va bien pour le FCA, néo-promu. Le club surfe sur la vague de ses finales victorieuses, et son entraîneur Metin Karagülle ne veut pas s’arrêter là. Interview.

 

Coach, le FC Aigle va-t-il monter en 1re ligue?

Ce n’était pas l’objectif du début de saison et ce n’est pas celui d’aujourd’hui. On visait une place dans la première moitié de classement. On est dans les temps.

Vous êtes surpris de vous retrouver là?

Non, pas plus que ça. On travaille bien et tout le monde est en train de comprendre que la 2e ligue inter, c’est du sérieux. Cette semaine, on va s’entraîner cinq fois, par exemple.

Tous les soirs?

Non. On s’entraîne deux fois le matin, à 11h.

On a mal compris. Vous pouvez répéter?

Je vous dis qu’on s’entraîne deux fois le matin, vous avez un problème aux oreilles?

En semaine?

Oui et ces séances sont bien suivies. Ce matin, on était dix, dont 7 ou 8 titulaires. Vous savez, on est amateurs, mais comme je dis à mes joueurs, on ne perd rien à s’inspirer des pros, bien au contraire.

Mais vos gars travaillent, non? Et vous aussi!

On s’entraîne de 11h à 12h30, on fait du spécifique. Et comme ça le soir, on peut faire des oppositions. Bien sûr que j’ai ma carrosserie à faire tourner, mais je suis indépendant depuis plus de vingt ans. Ca me fait aussi du bien de penser à autre chose, comme quand je m’occupais du FC Baulmes. Ca me sort du boulot une heure ou deux le matin et les joueurs adhèrent. Tous ne peuvent pas, bien sûr, mais ils apprécient. Ils savent que nos bons résultats viennent aussi de là.

On est soufflés, là…

Je vois ça (rires). Il n’y a rien de particulièrement nouveau. De nouveau, on est à un niveau sérieux et on se donne les moyens de bien travailler. Si on est allés gagner à Meyrin, c’est aussi grâce à ça.

Il y a eu des changements de statut au sein de votre équipe cet été. On pense par exemple à Stéphane Siggen et Toti Barbaro, deux des piliers de la montée, qui ne sont plus des premiers choix… Comment gérez-vous cela?

Par la franchise. Stéphane a fait des finales formidables, il a été royal. Mais à 33 ans, en 2e ligue inter, j’y croyais moins. Je le lui ai dit en face, je lui ai signifié qu’il était le quatrième choix en défense. Il est parti à Troistorrents, en 3e ligue valaisanne.

Et Barbaro?

Toti, je l’adore, mais il est parti en vacances, a manqué le premier match officiel et n’est pas revenu en forme. Il n’y a pas de passe-droits, il doit me prouver qu’il mérite de jouer d’entrée. Aucun cadeau, pour personne, même pas pour lui. S’il mérite, il joue. Pour l’instant, il est sur le banc.

Personne n’a sa place assurée?

Ils se l’assurent par leurs performances. On va prendre le cas de Kingsford Aboagye, arrivé de Sion cet été. Il s’est rendu indiscutable par ce qu’il montre, mais tout peut changer très vite. Steve Saffioti, par exemple, a fait un match exceptionnel à Meyrin, je ne l’avais jamais vu jouer à ce niveau depuis deux ans. Il nous a apporté les deux points de la victoire, alors qu’un nul aurait peut-être été plus juste. C’est ce que j’attends des gars, qu’ils prennent conscience que la 2e ligue inter, c’est un niveau où on ne peut pas venir sur le terrain pour s’amuser comme certains matches en 2e ligue.

Vous avez encore recruté deux joueurs, Yamadou Keita et Mohamed M’Sabeg. Vous avez une sacrée armada!

Oui, ils seront qualifiés pour ce week-end. Bien sûr que c’est fort, les places vont devenir très chères. Tant mieux. Momo, je ne comprends pas que personne ne l’ait appelé une fois qu’il était libre, c’est un milieu récupérateur avec la hargne, comme je les adore. Et Yamadou a joué en Europa League, ça veut tout dire.

Votre recrutement est-il terminé?

Il peut y avoir encore une surprise de dernière minute, on verra.

Franchement, Metin, vous allez vous y accrocher à cette première place, non?

Vous savez, j’ai connu le FC Aigle en 1re ligue il y a quelques années. Bien sûr que j’ai cette vision, quelque part dans ma mémoire ou dans ma tête, mais il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour y arriver, sur et en dehors du terrain. Pour moi, finir dans les cinq premiers, voire dans les trois, ce serait déjà énorme. Plus qu’énorme, même.

 

Categories: 2e ligue inter, Interviews

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