Mathias Béguin offre trois points à Chavornay

Mathias Béguin offre trois points à Chavornay

« Le match aurait pu basculer d’un côté ou de l’autre. Je le disais pendant le match: celui qui marquait prendrait un avantage définitif ». Luc Lenoir avait vu juste, et l’entraîneur de Chavornay pouvait se montrer satisfait du résultat, vendredi soir. Le FCC s’est imposé 1-0 face à Genolier-Begnins grâce à un but de son avant-centre Mathias Béguin au tout début des arrêts de jeu. Un centre-tir puissant d’Aleksandar Bozic était repris par Béguin, dont la reprise était touchée par Antoine Bechet, le jeune gardien des Canaris. Autogoal ou but de Béguin? « Non, non, c’est moi qui marque », souriait le buteur du jour. On le croit bien volontiers, d’autant qu’Aleksandar Bozic confirmait avec le sourire. « Le but est pour lui, aucun souci. Il en a plus besoin que moi, de toute façon! », rigolait-il. « N’écrivez pas ça, c’est une blague! » Trop tard.

Mathias Béguin, la classe

L’arrivée de Mathias Béguin, auteur déjà de son deuxième but de la saison, est une des bonnes idées de ce mercato estival du côté de Chavornay. On n’en a pas trop parlé pour l’instant, mais ce jeune homme est un vrai buteur. Ayant commencé très jeune à Valmont, en 2e ligue, où il a notamment joué aux côtés de son père Alain, il s’est construit une jolie carrière régionale, marquant de nombreux buts à Bavois II, sans être appelé avec la première équipe. Il a choisi de rejoindre le FCC cet été, où il s’est rapidement intégré en faisant ce qu’il maîtrise à la perfection: marquer des buts. Humble, travailleur et déterminé, son impact est déjà indéniable. Vendredi, il n’a pas été flamboyant dans le jeu, ne recevant pas énormément de ballons, mais il a été percutant. Comment? Avec le but de la victoire, mais aussi en touchant deux fois les montants de Genolier-Begnins en première mi-temps. Un joueur à suivre et que l’on a du plaisir à voir jouer, on ne s’en cache pas.

Six joueurs offensifs sur le terrain pour Chavornay!

Chavornay a donc fini par gagner ce match, et on ne peut pas reprocher à Luc Lenoir de ne pas avoir aligné une équipe offensive. L’entraîneur des Corbeaux avait en effet décidé d’aligner… six joueurs offensifs au coup d’envoi! Sa composition? Un 4-4-2, avec Mathias Béguin et Aleksandar Ristíc en attaque, Mamadou Cissé et Jean-Luc Besson (deux attaquants) sur les côtés, Aleksandar « Misko » Bozic en 10 et… Milos Pekic en 6! Autant dire qu’il y avait « du ballon » sur le terrain et que les latéraux étaient priés de ne pas trop monter, de peur de laisser les deux défenseurs centraux seuls au monde. Si « Lucky » Lenoir avait fait ce choix, c’était autant par conviction que par nécessité. Valentin Mottaz, Luc Lavanchy et Tiago Palma étaient absents, Kevin Gonçalves suspendu et sa dernière recrue Adrien Müller, un pur milieu défensif, n’est pas encore prête. Chavornay était donc un peu à court de contingent, mais cela n’a visiblement pas trop gêné les onze titulaires. Evidemment, on a un peu souri en entendant Luc Lenoir crier en première mi-temps: « Les 6, vous êtes où? », en sachant qu’il n’en avait tout simplement… pas mis sur le terrain! On exagère un peu, parce que Milos Pekic a énormément couru au milieu, dans un rôle qui n’est pas le sien d’habitude, mais le pari offensif de l’entraîneur du FCC est tout de même à relever.

Trop d’absents pour les Canaris

Si Genolier n’a pas su en profiter, c’est que la troupe de Marc Studer paie ses nombreuses absences. Vendredi, ce sont cinq cadres qui n’étaient pas là. Julien Jemmely, le meilleur buteur de 2e ligue, est en vacances. Stéphane Girardet et David Vez n’ont pas pu se libérer du travail et le gardien Joakim Elmer, tout comme Yvan Bolay, sont légèrement blessés. Ces cinq joueurs-là sont des titulaires et des joueurs importants. Même si Marc Studer, très classe comme toujours, n’a pas souhaité en faire une excuse, on le dit pour lui: GB n’était pas suffisamment armé pour gagner ce match. Avec ses très jeunes joueurs, le FC Genolier-Begnins manque d’expérience et, dans une fin de match où il aurait pu faire la différence, le club de La Côte a craqué le premier. Cela s’appelle les petits détails qui font la différence, tout simplement.

Marc Studer, cela tombe bien, est d’accord avec nous: « Je suis un peu triste pour les joueurs, car ils ne déméritent pas. On fait jouer des jeunes qui ont encore l’âge des juniors et ils font leurs matches. Je n’ai absolument rien à leur reprocher, ils sont sérieux, disciplinés, ils écoutent et ils mettent en pratique. Après, on s’aperçoit que cela ne suffit pas encore tout à fait pour gagner un match de 2e ligue. » A court terme, peut-être pas, mais à moyen et long terme, cela ne peut évidemment pas être contre-productif.

Genolier-Begnins: quatre matches, trois points

Reste que les Canaris ont raté leur début de saison d’un point de vue comptable, ne gagnant qu’une partie, à Renens, là où leur II se serait également imposée. Les trois autres matches? Deux défaites à domicile face à Prilly et Terre Sainte II et, donc ce revers à Chavornay. Quatre matches, trois points. Voilà qui ne donne pas à penser que GB est un candidat crédible aux finales, si? « On ne voit pas aussi loin. Mais je rappelle juste que la saison dernière, on avait quatre points en quatre matches », souligne Marc Studer. Et Genolier-Begnins était resté en course pour les finales jusqu’à la dernière journée.

Que valent réellement ces deux équipes?

Difficile de dire ce que valent réellement ces deux équipes, en fait. Le FCGB a trop d’absents pour que l’on puisse tirer des conclusion et Chavornay est vraiment trop court en effectif pour que l’on puisse imaginer Gary Moret (à nouveau excellent) et ses coéquipiers être de vrais candidats aux finales. Un premier enseignement pourra être tiré mardi, avec la réception de Pully. Si Chavornay gagne ce match-là, avec la manière, trois jours après avoir battu Genolier-Begnins à la maison, il faudra commencer à noter dans un coin que le FCC a une chance. Pour le moment, on s’abstient de le penser et de l’écrire.

Les hommes du match

Du côté de Chavornay, mention très bien à Jean-Luc Besson. En tant que milieu droit dans un 4-4-2, il ne marquera pas 25 buts cette saison, mais son sens du sacrifice est remarquable. A 36 ans, il pourrait très bien avoir des exigences, mais il se met au service du collectif, défendant de la première à la dernière minute, dans l’ombre. Et il est tellement fort que ses gestes sont évidemment justes, ses passes parfaites. Qui sait mieux servir un attaquant que lui? Il a tellement mis de ballons au fond durant sa carrière qu’il sait mieux que personne ce qu’un buteur attend comme service. Remarquable, tant dans l’attitude que dans le jeu. Johann Monnier est l’un des points forts de cette équipe, tout le monde le sait. Vendredi, alors que le match aurait pu basculer des deux côtés, ses arrêts ont permis au FCC de faire la différence. Une valeur sûre. Très sûre.

A « GB », Greg Jemmely a été très bon. Il était partout, a tout intercepté et a gagné la  majeure partie de ses duels avec Aleksandar Ristíc. La défense qu’il dirige n’a plié qu’une fois, à la 90e, mais il est à créditer d’une très bonne partie. Avec tous ces jeunes autour, il a montré l’exemple, ce que Marc Studer attendait de lui. Le latéral gauche Sébastien Martin n’a pas grand chose à se reprocher, mis à part une ou deux relances aléatoires. Solide dans le duel, bon dans l’intervention.

Les prochains rendez-vous

Chavornay reçoit Pully, mardi 9 à 20h, en match en retard. Genolier-Begnins n’aura pas le droit à l’erreur face à Chêne Aubonne, dimanche 14 septembre, à 15h à Genolier.

FC Chavornay Sports – FC Genolier-Begnins 1-0 (0-0)

But: 90e Béguin 1-0.

Arbitre: M. Aguiar.

Chavornay: Monnier; Lima, Minger, Moret, Hajda; Pekic; Besson (76e Da Silva), Bozic, Cissé (87e Sulejmani); Ristíc, Béguin.

Entraîneur: Luc Lenoir.

GB: Bechet; Roch, Leonel, G. Jemmely, Martin; Mennet, Favre; Monnier, Cloux, Gervaix; Perez (60e Selimi).

Entraîneur: Marc Studer.

En Courte-Raies.