Un match nul qui arrange la II d’Iliria

Un match nul qui arrange la II d’Iliria

« Il faut déjà commencer par féliciter notre gardien. Aujourd’hui, on aurait pu perdre 100 fois. » Bruno Vialatte s’est montré fair-play à l’heure de commenter la performance d’Yverdon Sport II, dimanche matin au Terrain des Ouches de Nuvilly. Une équipe a en effet dominé, et largement, dans le choc au sommet du groupe 1 de 5e ligue, et il s’agit bien d’Iliria Payerne II, solide leader. Mais les Yverdonnois, solidaires et courageux, ont bien résisté, et peuvent, en effet, dire merci à leur gardien Yves Engeler. Celui-ci, parfait durant 90 minutes, a sauvé un point pour son équipe, celui de ce 1-1. C’est bien simple, il n’a été battu qu’une fois, sur penalty. Sinon? Il a tout sorti. La II d’Iliria aurait donc mérité mieux, mais se contentera de ce point, qui l’arrange bien. YS II reste à six points derrière, avec un match en moins et tout le monde s’accorde là-dessus: ça sent la promotion, du côté d’Iliria, à cinq journées de la fin.

Iliria file tout droit vers la promotion directe

Pourquoi? Parce que cette équipe compte 43 points en 15 matches, prend peu de cartons (16 points fair-play) et que les deux confrontations directes face à Yverdon sont désormais passées. Mertur Pajaziti reconnaît que son équipe est tout près de la montée: « Normalement, on va y aller. Il fallait bien négocier ce match, et on l’a fait, et je veux féliciter Yverdon. C’est une très bonne équipe, la meilleure de ce groupe avec nous, bien sûr. C’était un bon match, et je suis fier de mon équipe. On aurait dû marquer le but de la victoire, mais c’est le football, c’est comme ça. » A noter, et c’est important, que ce match s’est déroulé dans un état d’esprit remarquable.

M. Kadric n’a sorti que deux cartons, pour une petite altercation entre Shlirim Krasniqi et Samba Sow, qui se sont bien vite calmés, même si Sow aurait pu voir rouge sur un gros tacle un peu plus tard. M. Kadric, très psychologue, lui a simplement demandé de se calmer et Bruno Vialatte, très sagement, a choisi de le rappeler sur le banc. Bravo à M. Kadric, qui a arbitré ce choc au sommet de 5e ligue comme il le fallait, avec le sourire et beaucoup de dialogue.

Le 0-1 de Dario Patricelli, du bon travail

Les Yverdonnois lui en ont voulu un peu, pourtant, pour le penalty de la 8e minute, sifflé pour une faute de main réelle, mais involontaire. Qui a raison ou tort? Dans ces cas-là, impossible à dire, tant la décision relève de l’interprétation. Iliria en a profité pour égaliser à 1-1, après une entame de match tout en faveur des Yverdonnois. Ceux-ci devaient absolument gagner, on l’a dit, et ont ouvert la marque grâce à une merveille d’action de Dario Patricelli. On sait que ce jeune homme a du talent, et il l’a encore prouvé dimanche matin. Après 100 secondes de jeu, il reçoit un ballon à 30 mètres, il élimine son défenseur d’un crochet et il frappe de 16 mètres, dans le petit filet. Du bon travail.

Les Yverdonnois ont mangé tous ensemble samedi soir

Enfin, on dit de 16 mètres, mais on ne peut pas en être vraiment sûr, tant la petite taille du terrain de Nuvilly (et les gouilles devant les buts) a fait sourire les Yverdonnois, dont Bruno Vialatte. « Ca fait des dizaines d’années que je suis dans le foot, mais un terrain comme ça, je n’avais jamais vu! », a-t-il souri.

Au fait, pourquoi l’ancien ailier d’YS, membre éminent du club, était-il entraîneur en ce dimanche matin? Tout simplement parce qu’Alex Soussi s’était… bloqué le dos pendant la nuit! « Il m’a réveillé à 7h30 ce matin, en me disant que je devais coacher! Moi qui pensais me lever à 9h pour venir voir le match tranquillement… » Les plans du dimanche matin ont vite été chamboulés, comme le confirme le gardien Yves Engeler: « On est arrivés, et on a vu qu’il n’y avait pas de coach! Ca nous a surpris, parce qu’on avait encore fait le samedi soir tous ensemble… »

Alex Soussi, connaissant le goût de ses jeunes joueurs pour la folle vie nocturne yverdonnoise, avait en effet décidé d’organiser une « mise au vert » samedi soir. « Mais on n’a pas dormi à l’hôtel, attention! On a mangé tous ensemble, c’était sympa, avant de tous rentrer à la maison », rigolait Yves Engeler.

Les nombreuses occasions d’Iliria

Mais au final, c’est Bruno Vialatte qui les a coaché dimanche matin. Et ça a fonctionné, toujours selon l’excellent gardien yverdonnois: « Oui, il a su trouver les mots. Sur ce terrain, il fallait se battre, et on l’a fait. » YS s’est en effet montré solidaire, et a arraché ce point avec réussite. Iliria a eu 10 occasions, au moins de l’emporter. Victoir Espin a sauvé sur sa ligne une frappe de Shlirim Krasniqi (14e), Sadri Sefaj a frappé sur le poteau de 25 mètres (34e), Engeler a sauvé devant Krasniqi (40e), une tête de Gazmen Gas a été sauvée sur sa ligne par un défenseur yverdonnois, encore (45e), Arton Ademaj a envoyé un coup-franc de peu à côté (48e), Gazmen Gas s’est heurté à la bonne sortie d’Engeler (70e), et la dernière occasion a été pour Krasniqi, encore (90e). Et encore, on ne parle que des meilleurs occasions, tant le nombre de situations chaudes a été élevé.

YS vise la place de meilleur 2e

De l’autre côté? YS aurait pu créer l’exploit par Marco Barra (coup-franc à la 25e) et surtout par Dario Patricelli (frappe trop croisée, 52e), toujours dangereux à la pointe de l’attaque yverdonnoise. « On aurait pu le faire, c’est vrai, mais on ne va pas se plaindre avec ce bon point », terminait Engeler. Celui-ci, pourtant, condamne YS à la 2e place et les Yverdonnois ne pourront monter que comme meilleur 2e, ce qui semble possible. De toute façon, c’est clair: dans un autre groupe, ils seraient premiers, sans aucun problème.

Iliria Payerne? On aime

Mais dans ce groupe 1, Iliria est le plus fort, surtout avec la dynamique de club qui est la sienne actuellement. La I est toujours en course pour les finales en 3e ligue, deux ans après la création du club, et la II va monter, c’est sûr. Pour l’instant, c’est du 100% de réussite, un peu comme Bosna Yverdon il y a dix ans. Et pour ceux qui en doutaient, Iliria Payerne amène une atmosphère bien sympathique autour des terrains vaudois. Ses supporters se déplacent en nombre, que ce soit pour applaudir la I à Portalban ou la II à Nuvilly, mais aussi à l’extérieur, et l’ambiance est virile, mais sympathique. Pendant le match, ça parle, ça chambre, ça donne son avis, ça explique à l’arbitre s’il y a hors-jeu ou pas. Bref, ça vit. Franchement, on le dit, on aime bien ce club et l’image qu’il véhicule depuis sa création. A la fin de la partie de ce dimanche matin, les bières se sont enchaînées, les Pljeskavica aussi (de la viande dans du pain, à manger absolument), et on n’a pas trop osé renifler la goutte qui se trouvait dans les verres de certains supporters, mais il doit sûrement être possible de faire démarrer une voiture avec. Bref, une vraie ambiance de foot, et on le dit: Iliria, on aime.

Au fait, pourquoi ce match le dimanche matin? Mertur Pajaziti sourit: « Nos adversaires nous convoquent à cette heure-là, alors pourquoi pas nous? On voulait essayer, et la I a joué hier soir. » Ce qui a permis de récupérer trois ou quatre bons joueurs pour ce choc. Pas de quoi irriter Bruno Vialatte: « On a bien vu qu’ils avaient des joueurs trop forts pour la 5e ligue. Et alors quoi? J’ai dit aux gars à la mi-temps qu’on devait les serrer de près, et ça nous rend encore plus fiers de notre performance. » Le fair-play, un art de vivre.

YS vise la 3e ligue à moyen terme

Au final, 1-1, et un excellent dimanche matin de football. Ces deux belles équipes se retrouveront sans aucun doute en 4e ligue l’an prochain, les deux dans une approche globale de club. YS n’est pas encore la réserve de la I, l’écart est trop grand (même si Vittorio Bevilacqua a déjà appelé Matias Andelic sur le banc), mais est une équipe de « copains », qui jouaient aux Azzurri, avant de partir dans divers clubs et de revenir au début de l’année pour créer cette équipe. Ils ont le niveau de 3e ligue sans aucun souci, et c’est d’ailleurs le but avoué d’Alex Soussi d’ici à quelques années. Il sera alors temps de penser à de vraies synergies avec la première équipe, pour devenir une vraie réserve. Pour l’heure, entre la 1re ligue Classic et la 5e ligue, l’écart est trop grand.

Les hommes du match

Du côté d’Iliria, Shlirim Krasniqi était partout et aurait pu en mettre trois ou quatre. Il se contentera d’un penalty, mais il a montré une partie de son talent. Accélérations, grosses frappes, duels gagnés: un vrai attaquant. Excellent match aussi du défenseur central Sadik Rexhaj. Techniquement il est au top, dans la relance aussi, et il défend très bien.

Yves Engeler a survolé ce match et multiplié les miracles. Jésus-Christ n’aurait pas pu faire mieux dix jours après Pâques, sauf, peut-être, en arrêtant le penalty, mais ça aurait fait trop pour un seul homme. Au moins, il avait une raison d’être fatigué dimanche après-midi, et il n’est pas loin d’avoir été le joueur qui a touché le plus de ballons. Et le pire, c’est qu’il était diminué! Touché à une cheville, il ne pouvait pas faire les dégagements en six mètres… Victor Espin a aussi été très fort. Si Yverdon n’a pas pris de but, c’est aussi largement grâce à lui. Défenseur central très élégant, il est allé au charbon dans les moments chauds, a gagné ses duels et sa science du placement a fait merveille.

Les prochains rendez-vous

Iliria a congé le week-end prochain, tandis qu’Yverdon accueillera Combremont (8e), le samedi 3 mai, à 18h30 au Stade Municipal. A l’aller, YS s’était imposé 12-1, avec onze buteurs différents…

Le plan-fixe

FC Iliria Payerne II – Yverdon Sport II 1-1 (1-1)
Buts: 2e Patricelli 0-1; 8e S. Krasniqi, pen. 1-1.
Arbitre: M. Kadric.

Iliria: Murati; Hajzeraj, Rexhaj, Paulo Fernandes, Metaj; Gas, S. Sefaj, Bytyqi, Mavraj, S. Krasniqi, A. Ademaj.
Est entré en jeu: K. Sefaj
Entraîneur: Mertur Pajaziti.

YS: Engeler; Sow, Genovese, Espin, M. Andelic; De Campos, Barra, Gobet, Osman; P. Andelic, Patricelli.
Sont entrés en jeu: Etamba et Manikavasagar.
Entraîneur: Bruno Vialatte (Alex Souissi absent).

Notes: Terrain des Ouches, Nuvilly.

Auteur