L’esprit du Jorat a encore frappé

L’esprit du Jorat a encore frappé

« Ils sont fous, mes gaillards! Fous! » Patrick Müller avait de la peine à se remettre du scénario incroyable de la partie entre son FC Thierrens et La Tour/Le Pâquier, samedi soir. Menés 0-2 à la 55e, les Thierranais se sont imposés 3-2, grâce à une réussite de Thibaud Chevalley, à… dix secondes de la fin du temps supplémentaire. Le FCT ne fait décidément rien comme tout le monde, et il règne bien un état d’esprit spécial dans le Jorat. A force, on ne devrait même plus être surpris, mais rien à faire: cette équipe nous épate à chaque fois par la force de son mental. A ce stade, ce n’est même plus un métal en acier, c’est de l’uranium renforcé.

La Tour est arrivé 2h30 avant le match à Thierrens!

La Tour/Le Pâquier, relégable dans ce groupe 2 de 2e inter, est venue à Thierrens avec un état d’esprit conquérant. Le match était fixé à 19h, et les Gruériens sont arrivés à Thierrens à… 16h30! Autant dire qu’au coup d’envoi, ils étaient prêts. Guillaume Pasche, le milieu de terrain du FCT, confirme: « J’ai rarement vu une équipe entrer dans le match aussi fort. Ils nous ont vraiment rentré dedans en première période. » 45 minutes initiales qui se sont conclues sur le score de 0-1, grâce à un penalty. « Je les ai secoué à la mi-temps. C’était soit on continuait à les regarder jouer et on prenait une valise, soit on réagissait et on mettait enfin le pied », expliquait Patrick Muller. Et Thierrens a mis le pied. « En fait, on était tous un peu excités à la mi-temps, mais on s’est aussi dits que ce n’était pas possible qu’ils refassent 45 minutes comme ça », continuait Guillaume Pasche.

Le pied droit d’Eddison Pineda, du caviar

La Tour a pourtant marqué le 0-2 à la 50e, avant que l’esprit du Jorat, comme très souvent, ne vienne souffler sur le terrain du Grand Marais. Le grand artisan de la révolte a été l’Equatorien Eddison Pineda. Il peut parfois être irritant, surtout quand il ne défend pas, mais il peut aussi être génial et faire la différence grâce à une inspiration ou à un coup de patte magique. Il est insupportable pour ses adversaires, notamment grâce à sa manie de parler durant 90 minutes, mais aussi grâce à sa technique, d’une finesse remarquable. Le genre de joueur qui peut vous placer un petit pont et un chambrage verbal dans la même seconde, forcément ça énerve un peu. Bref, la qualité du pied droit d' »Eddy », et sa précision sur coup de pied arrêté, a permis à Thierrens de revenir au score à la 55e, déjà. Un coup-franc rentrant du n°10, juste dévié par Adrien Geinoz, et le FCT n’était déjà plus mené que 1-2. Et La Tour commençait à baisser de pied…

Le doublé de Thibaud Chevalley, pour sa première à domicile

Thierrens a alors compris que l’exploit était possible, et un but splendide de Thibaud Chevalley a permis aux maîtres des lieux d’égaliser. L’ancien joueur du FC Echallens armait une frappe magnifique, de 20 mètres, dans le petit filet. Inarrêtable, et 2-2! Et alors que La Tour reculait à chaque minute, Thierrens obtenait le coup-franc de la 93e, excentré sur la gauche des buts gruérien. Eddison Pineda s’en chargeait, et frappait une balle magnifique, qui longeait le but. Thibaud Chevalley, oublié au deuxième poteau, rabattait la balle dans le but vide, malgré un angle très compliqué. 3-2! Le double buteur du soir n’avait plus qu’à se jeter dans le kop rouge, entre le but et la buvette, vite rejoint par l’entier de ses coéquipiers eut du staff. Une marée humaine, qui pouvait savourer cette victoire magnifique, qui propulse Thierrens à la 5e place du classement! Le FCT (qui est la meilleure équipe du groupe au classement fair-play, qui plus est) n’est qu’à un point de Colombier, 4e.

Un ouragan en pleine face

Mais quelle demi-heure de feu les joueurs de Patrick Müller ont offert à leurs supporters! Même sans Nelson Longo, suspendu, Thierrens a marqué trois fois, et fait vibrer ses supporters, qui n’attendaient que ça. Et on a beau savoir qu’un FC Thierrens mené au score peut revenir à tout moment, on se prend à douter à chaque fois, en se disant que, quand même, 0-2 face à un FC La Tour aussi impressionnant, le FCT ne reviendra pas… On oublie à chaque fois l’esprit du Jorat, lequel est bien une réalité. Et c’est La Tour/Le Pâquier qui a pris l’ouragan en pleine face!

Categories: 2e ligue inter

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