Les quinze qui ont fait le football vaudois en 2014

Les quinze qui ont fait le football vaudois en 2014

On les a aimé ou pas, mais ils ont fait parler d’eux durant l’année 2014. Souvent pour des bonnes raisons, parfois un peu moins, mais ils ont contribué, chacun à leur manière, à écrire l’histoire, grande ou petite, de notre canton durant l’année écoulée. On aurait pu en choisir 100 ou 1000, mais nous avons décidé de nous restreindre à quinze. Vous pouvez d’ailleurs tous les admirer dans notre diaporama ci-dessus, mis à part Jean-Michel Viquerat et Pierre-Albert Chapuisat, qui ont droit à leur « Panini » spécial.

Bonne lecture… que vous partagiez nos choix, ou non!

Vittorio Bevilacqua ne veut pas s’arrêter là

Il dit souvent qu’il n’a rien à faire en 1re ligue et on est évidemment d’accord avec lui. Cet homme-là devrait entraîner en Super League ou en Challenge League, mais, malheureusement pour lui, il n’y a que 20 places disponibles. En attendant, il incarne l’espoir d’Yverdon Sport de retrouver une catégorie de jeu plus en rapport avec son potentiel. On peut l’aimer ou pas, mais cela ne change rien à la qualité de son travail au quotidien et il s’en fout pas mal. Il tire le meilleur de chacun de ses joueurs et a refait d’Yverdon un club respecté. Son duo avec le président Mario Di Pietrantonio fonctionne bien, le feu et la glace pouvant s’avérer complémentaires. Si l’on parle du football vaudois en 2014, on est obligé de lui faire une belle place. Avec « Bevi », il se passe toujours quelque chose.

(www.paul-vaucher-com)

(www.paul-vaucher-com)

Jean-Michel Viquerat a une vision pour son FC Bavois

Le FC Bavois, c’est lui. Même s’il n’aime pas trop ce constat, on le fait pour lui. Ce qu’il a construit depuis des dizaines d’années au FCB force le respect. On se rappelle encore aujourd’hui de ce FC Bavois qui finissait dans le milieu de tableau de 3e ligue. Sous l’impulsion de son président-mécène, le club nord-vaudois est aujourd’hui un club respecté de 1re ligue et cela n’a rien d’un hasard. Bavois est monté méthodiquement, avec patience. Une preuve que le projet est solide? La relégation de 1re ligue en 2e ligue inter, à l’été 2010, n’a rien changé. Au contraire, la détermination de « JMV » a encore été renforcée et, pour le deuxième essai, il s’est assuré un maintien tranquille lors de la saison dernière. Bavois, 876 habitants, est aujourd’hui une adresse respectée du football romand. Grâce à son président? Il est la locomotive de ce projet, mais il a su s’entourer de nombreux bénévoles, qui partagent sa vision: celle de faire du FC Bavois un club ambitieux, mais sans folies. Le genre d’hommes qui font un bien fou au football vaudois.

Yannick Favre, tout ce que l’on aime dans le football amateur

Le capitaine du Pully Football symbolise, à nos yeux, tout ce que le football amateur a de meilleur. Il a tenté sa chance à Team Vaud, avant de revenir tout à fait logiquement dans son club formateur. Il n’en a plus jamais bougé, écoutant poliment les nombreux téléphones reçus chaque hiver et chaque été, mais refusant d’y donner suite. Il symbolise son club à merveille, se donnant à fond chaque week-end avec fair-play et détermination. Il marque des buts de fou, se bat sur chaque ballon, râle un peu, mais défend ses couleurs sans compromis. Il est apprécié de tous et s’implique à fond pour son club. Une preuve? Il entraîne des juniors, qui viennent le voir le week-end et s’identifient à lui et donc à leur club. Sur le plan sportif, il est l’un des tout meilleurs joueurs de 2e ligue, ayant amené son équipe tout près de la promotion en 2e ligue inter l’été dernier. Pour toutes ces raisons-là, il est l’un de nos « Vaudois de l’année ».

Sonny Kok, le nom le plus prononcé autour des terrains du canton

Il se passerait bien d’entendre son nom partout, même (et surtout?) quand il n’est pas là, mais il sait pertinemment qu’il ne peut rien faire contre. Ce jeune ‘homme, qu’on a la chance de connaître un peu, est à des kilomètres de son image. Quand il joue « à son niveau », en Challenge League ou Promotion League, on dit qu’il est arrogant et insupportable pour ses adversaires. Quand il décide de quitter le monde semi-professionnel pour se consacrer à son travail, on dit qu’il est hypocrite, même quand il fait monter Chêne Aubonne à lui tout seul ou presque. Alors quand il signe pour le FC Saint-Sulpice du sulfureux Jean-François Gerzner, évidemment que ses oreilles sifflent autour de tous les terrains du canton. Il s’en fout pas mal, il laisse braire. Mais au fond de lui-même, on se doute bien qu’il en souffre un peu, lui qui est largement plus sensible qu’il ne le laisse paraître. En 2015, quel que soit le club dont il défendra les couleurs, on est sûr d’une chose: il mettra des buts de tous les côtés et il fera encore parler de lui.

Claude Gross, l’homme qui a mené Le Mont en Challenge League

Lorsqu’il est devenu entraîneur du FC Le Mont-sur-Lausanne, le club du président Serge Duperret se traînait en 1re ligue. Trois ans plus tard, il n’est pas relégable en Challenge League, après avoir enchaîné deux promotions. Pour l’heure, il a rempli absolument tous ses objectifs et confirmé sa réputation d’entraîneur à succès. Il est très exigeant et sous ses ordres, ses joueurs progressent, même si leurs oreilles ramassent parfois quelques secouées. La renaissance de Ridge Mobulu et son départ en Super League? Il en est le principal artisan. La réussite du FC Le Mont est évidemment une réussite collective et, sans son président Serge Duperret, rien ne serait arrivé. Mais sans Claude Gross non plus. Il savait que le monde du football vaudois était sceptique, mais il a fait taire tout le monde. On ne voudrait pas s’avancer et parler à sa place, mais on est sûr que ça lui fait plaisir.

Jean-Luc Rapin a ramené le Stade Payerne à sa place

Il ne pouvait pas rêver partir sur une meilleure note. Il avait annoncé son départ de la président du Stade Payerne quelques mois avant et ses joueurs, ainsi que son entraîneur Patrice Renevey, lui ont offert une montée en 2e ligue inter et une victoire en Coupe vaudoise! Du très bon travail, qui est venu récompenser un homme fou amoureux de son club, qui a donné énormément de son temps pour refaire du Stade le club numéro 1 de la Broye. Il reste proche du club, mais n’y exerce plus aucune fonction officielle sinon celle de grand ordonnateur du repas de soutien, ce qui est déjà important en soi. Jean-Luc Rapin, réputé pour ses coups de gueule et son caractère entier, a même été honoré par l’ACVF en tant que « dirigeant de l’année ». Un choix que l’on partage, tant il a été l’un des grands messieurs de l’année écoulée dans le football vaudois. Il a, de plus, réussi sa transition, en passant le flambeau à Frédéric Danzi.

Mickaël Castejon, héros et traître à la fois

Lui aussi a fait parler de lui cette saison, mais, contrairement à Sonny Kok, il adore ça. Il aime faire le show avant, pendant et après les matches, et ne laisse personne indifférent. Si le nom de l’ancien gardien du LS a été prononcé autour de toutes les pelouses durant cette année 2014, c’est d’abord en raison de la promotion du Stade Lausanne en 1re ligue. Il a fait quelques boulettes et ses relations avec Andrea Binotto étaient orageuses, mais il est juste de dire qu’il a largement contribué au retour du SLO dans une ligue qu’il connaît bien. Son fort caractère et son sentiment d’injustice exacerbé l’ont amené à quelques clashes et la manière dont il a géré son propre mercato estival a fait sourire. Il a d’abord expliqué son intention d’arrêter le football, avant de s’engager avec Azzurri 90, le grand rival de Stade-Lausanne. C’est évidemment peu de dire que son attitude a été diversement appréciée, mais il est resté fidèle à sa ligne de conduite, expliquant avoir rejoint Azzurri pour une question « d’état d’esprit plus compatible ». Il a raté le match aller à Vidy, étant suspendu, mais ne devrait pas avoir d’excuse au retour. Avec l’ancien gardien de l’AJ Auxerre, Patrick Isabella sait qu’il peut compter sur un des meilleurs gardiens de la ligue, mais l’énergie mise à cadrer ses excès a aussi un prix.

Sébastien Le Neün, impact immédiat

Lorsque Vevey a annoncé son arrivée, à l’été 2013, on est allé tout de suite voir ses références sur les différents sites crédibles d’information. Immédiatement, on a vu que l’homme était un sacré client, habitué de la CFA. D’entrée, il a confirmé en effectuant de très solides prestations avec le VS 05. Les dirigeants veveysans peuvent être fiers d’eux: ils ont flairé le bon transfert et lui ont donné les moyens de se mettre en valeur. Après une très bonne saison de 2e ligue inter, Stade-Lausanne l’a fait venir en 1re ligue et il est tout simplement excellent. Il ne passe jamais à travers, n’a pas besoin de temps d’adaptation et n’a qu’un seul petit défaut: ses prises de risque parfois excessives. Il s’emploie à le corriger et n’a peut-être pas fini son ascension dans le football suisse. S’il monte chaque année, il a encore du potentiel, puisqu’il n’a que 26 ans…

Edin Becirovic a fait taire toutes les critiques

Les doutes? Il les balaie. Les critiques? Il adore ça. Edin Becirovic a 34 ans et il a inscrit 11 buts durant ce premier tour, un total complètement fou pour un joueur que tout le monde condamnait à la 2e ligue. Lui a continué à se préparer physiquement et joue son jeu comme il l’entend, sans se soucier de ce que l’on peut dire de lui. Il a tiré Yverdon Sport vers le haut durant ce premier tour et semble réellement se sentir bien au Stade Municipal. Il a beaucoup changé de clubs durant sa carrière, mais il est peut-être sincère quand il dit qu’il se verrait bien finir à YS, avant, peut-être de jouer un rôle important dans l’organigramme du club. En attendant, il a encore beaucoup à offrir sur le terrain et sait qu’il doit s’améliorer sur un point précis: le nombre de cartons reçus dans une saison. Ce serait bête de rater des finales pour une accumulation de jaunes, voire pour un rouge inutile.

Alexandre Comisetti, servir et disparaître

Personne ne s’y attendait, que ce soit du côté du LS, de la structure Team Vaud ou des simples observateurs. En pleine Coupe du Monde au Brésil, où il officiait comme consultant pour la RTS, Alexandre Comisetti a fait savoir qu’il ne serait plus l’entraîneur des M21. Un départ surprenant, d’autant qu’il venait d’obtenir la promotion en 1re ligue, attendue depuis plusieurs années. Son travail était apprécié et ses compétences unanimement reconnues, mais il souhaité prendre du recul. Après avoir passé sept ans dans le cadre de Team Vaud, il a ressenti ce besoin-là et personne ne peut évidemment le lui reprocher. Jean-Yves Aymon lui a succédé, avec un certain succès pour l’instant, mais l’héritage laissé par Alexandre Comisetti est immense. On se réjouit déjà de voir où il va rebondir dans les semaines, mois ou années à venir. En attendant, il reste la RTS pour l’entendre parler de football.

(Panini 1976)

(Panini 1976)

Pierre-Albert « Gabet » Chapuisat, un homme qui fait parler de lui

Il ne changera pas. Pas maintenant, alors qu’il a tant vécu, tant donné au football suisse. « Je ne comprends pas pourquoi dès que je fais un écart tout le monde m’appelle. Je suis le seul entraîneur à m’engueuler parfois avec les arbitres? Non! Cela arrive tous les week-ends. Mais celui que vous mettez chaque fois en avant, c’est Gabet », nous a-t-il reproché une fois, avec le sourire. Il le sait bien, Monsieur Chapuisat, qu’il n’est pas un entraîneur comme les autres en 2e ligue. Il est une personnalité, une grande gueule, un très grand footballeur et une personne dont la voix porte. Alors, oui, quand il est suspendu, on en parle et on lui donne la parole afin qu’il puisse s’exprimer… tout en sachant que l’article qu’on s’apprête à écrire sera un des plus lus du mois en cours. Gabet Chapuisat dit toujours ce qu’il pense, quitte à se brouiller avec des membres de sa famille, et a trouvé un moyen très habile de combler sa suspension jusqu’au 31 décembre 2014, devenant… correspondant au journal « La Côte ». Chaque semaine, il y livre sa vision des championnats régionaux, avec une certaine efficacité. Son seul problème? Il l’avoue lui-même: il n’a jamais assez de signes pour écrire tout ce qu’il voudrait. Gabet a tellement de choses à dire que 1800 lettres, c’est un peu trop peu…

Alain Gendron, élégance et efficacité

Cet homme-là est l’élégance incarnée. Il pourrait jouer James Bond et il serait encore plus crédible que Timothy Dalton ou Daniel Craig dans le rôle de l’espion britannique le plus classe. Un monsieur, un vrai, qui n’a pas eu besoin de temps d’adaptation pour sauver le FC Echichens d’une relégation qui lui semblait promise. Par sa seule présence, il a changé l’état d’esprit d’un groupe à l’écoute et qui a tout de suite adhéré à son discours.  Il ne critique jamais personne, ne trouve pas d’excuses (bonnes ou mauvaises) lorsque son équipe vient de perdre un match et recherche toujours le positif. On ne voit pas de limites dans son management, tant son calme et sa ligne de conduite stricte lui permettent d’avoir le respect de ses joueurs sur le long terme. La classe à la parisienne. L’ACVF ne s’y est d’ailleurs pas trompée en lui décernant le prix d’entraîneur vaudois de l’année. On ne pouvait pas viser plus juste. Et s’il emmène le FC Echichens à la promotion, ou même en finales, on ne sait même pas quel genre d’article on devrait faire à ce moment-là…

Marco Simone, une star sur le banc du LS

S’il faut reconnaître un mérite à Jean-François Collet, c’est peut-être celui-ci: être arrivé à convaincre deux fois Marco Simone de s’asseoir sur le banc du Lausanne-Sport. De par ses relations privilégiées avec l’Italien, le patron de Grand Chelem Management a su trouver les mots et les bons arguments pour permettre cette arrivée que l’on n’hésitera pas à qualifier de spectaculaire. L’argent? Sans doute pas, non. Marco Simone a joué au Milan AC, au PSG et à Monaco, où il habite encore aujourd’hui et sa magnifique Bentley, que l’on aperçoit parfois devant La Pontaise, vaut sans doute plus d’argent que la moitié de l’effectif du LS… Avoir cet homme-là dans le championnat suisse, et encore plus en Challenge League, est une chance énorme. Sportivement, son bilan est contrasté, car il n’a pas réussi à sauver le LS de la relégation la saison dernière, mais il ne faudrait pas oublier qu’il a permis au club lausannois de revenir tout près de Sion, avant de lâcher dans le match décisif. Depuis son retour, Lausanne va mieux, mais ne fait pas encore figure de candidat numéro 1 à la promotion. Cela peut changer dès cet hiver, connaissant la rigueur et la qualité des préparations de l’Italien. Les Lausannois qui étaient là l’hiver dernier peuvent en témoigner: avec trois séances parfois, les journées d’entraînement étaient très, très longues…

Marcos Carballo, l’homme qui a sauvé Concordia

4 points à Noël. Dans beaucoup de clubs, un tel constat suffirait à tirer la prise et à préparer déjà la saison suivante. Pas à Concordia. Le président David Clément a lancé une « opération commando » et confié les clés de la première équipe à Marcos Carballo, jeune entraîneur dont il s’agissait de la première expérience en actifs. Le résultat? Mitigé au tout début, avant une remontée de feu et un sauvetage inoubliable sur terrain neutre face à Donneloye. Marcos Carballo a fait une entrée fracassante dans le monde du football vaudois et confirme cet automne qu’il ne s’agissait pas juste d’une série remportée « à l’énergie ». Son Concordia joue bien au football, est discipliné, et est toujours en course pour les finales de promotion. Ce n’est même pas un miracle, c’est juste la logique et la récompense d’un travail bien fait.

Bernardo Hernandez porte le Stade Nyonnais sur ses épaules

« La Côte » en a fait un article très complet il y a quelques jours, relatant la situation financière extrêmement compliquée du Stade Nyonnais. Le club accomplit pourtant un parcours admirable en Promotion League, s’installant tranquillement en milieu de tableau avec un effectif composé uniquement de jeunes joueurs et de deux cadres, Oliver Maric et Sébastien Gormond. Si le club nyonnais se porte aussi bien sur le terrain, c’est en très grande partie à Bernardo Hernandez qu’il le doit. L’entraîneur français du Stade maintient la première équipe en vie, en convainquant les joueurs de rester malgré l’incertitude financière régnant à Colovray. Son travail de formation est impressionnant, mais ce qui est encore plus fort, c’est qu’il ne se contente pas de faire confiance à de jeunes joueurs, un peu contraint et forcé, mais qu’il arrive à obtenir des résultats avec eux. Sans se soucier des à-côtés, tout simplement en parlant de football. Le plus impressionnant? Il reçoit des offres chaque été, mais préfère rester à Nyon, se sentant un devoir moral d’aider le club à redresser la barre. Sur le terrain, il fait des miracles. Mais en dehors, la situation ne dépend pas de lui…

Categories: Divers, FC Pully-Football

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