Les Azzurri 90 doivent vite évacuer les regrets

Les Azzurri 90 doivent vite évacuer les regrets

Il y a des rendez-vous, comme celui-ci, qui ont des allures de tournant d’une saison. Azzurri, qui fait si forte impression en 2014, avait l’occasion de marquer les esprits encore plus en s’imposant à Fribourg, et, surtout, de revenir à deux points de son adversaire du jour et des finales. Hélas, tout ce que l’on retiendra de ce déplacement, à la fin de la saison, sera ce match nul. Avec ce point pris à Saint-Léonard, Azzurri reste à cinq points du FCF. Le problème? Il ne reste que cinq journées pour les rattraper, et il s’agit donc bel et bien d’une occasion manquée. Et le scénario du match a de quoi laisser de vrais regrets aux Lausannois, comme le confirme Patrick Isabella, leur entraîneur: « On aurait mérité la victoire, au vu de la deuxième période. Mais on prend ce but tellement bête…. Maintenant, on n’a plus le choix: il faut tout gagner. » En effet.

Il faut 15 points en 5 matches, c’est tout

Tout gagner, cela semble possible, mais il faudrait aussi que Fribourg égare des points en route, ce qui semble probable dans ce championnat où tout le monde peut battre tout le monde. Mais Azzurri n’a désormais plus le choix. Son calendrier? Les réceptions de Terre Sainte, Guin et Yverdon, et deux déplacements à Monthey et à Naters. Clairement, il faudra quinze points, car Fribourg va bien trouver le moyen d’en faire dix dans le même temps face à des équipes toutes concernées par la lutte contre la relégation (Bavois, Lancy, Meyrin, Terre Sainte et Monthey).

Il faut vite tourner la page

Le plus dur pour Azzurri sera peut-être de ne pas vivre avec des regrets et de vite tourner la page, désormais. Mais ce match était tellement attendu que la déception et la frustration suite à ce match nul sont immenses, à la hauteur de l’espoir. La semaine d’entraînement avait été bonne, et l’équipe, motivée par la perspective de se rapprocher de Fribourg, était prête pour ce combat qu’est un match au sommet en 1re ligue Classic. Ce genre de matches où les grands joueurs se révèlent, et où chaque équipe ne veut pas lâcher un mètre de terrain. Le genre de chocs que tous les joueurs adorent. La bonne tension était palpable, la concentration aussi. La nervosité? Peut-être un peu, mais on a surtout vu une équipe sûre d’elle, et impatiente de défier son adversaire.

L’effectif? Quasiment au complet. Seuls manquaient à l’appel Toni Jankuloski (blessé) et Dren Basha (suspendu), ce qui n’est pas rien, mais qui n’est pas insurmontable pour une équipe qui vise la montée et se doit d’avoir un banc de qualité pour, justement, faire face à des absences.

Une formation sur la lancée de ce très bon début d’année

Patrick Isabella a donc pu aligner son « équipe-type » des derniers matches, en associant Edin Becirovic et Lyazid Brahimi en attaque, dans une sorte de 4-4-2 en losange. Hakim Khadrouche a pris place sur le banc pour ce choc, tout comme Dereck Isabella, auteur d’un doublé lors du match précédent face à Lancy, et encore utilisé comme joker, comme Khadrouche. David Jimenez, Nicolas Marazzi, Salou Galokho et Junior Montano ont été alignés au milieu. Derrière? Jean-Michel Monteiro et Charles Traoré sur les flancs et l’excellente paire Elefante-Scalisi dans l’axe. Du solide. Enfin, comme lors de tous les matches de championnat depuis le début de la saison, David Sugar a pris place dans les buts, Marco Grosso allant s’asseoir sur le banc. Pas de choix surprenant pour Patrick Isabella, qui a choisi fort logiquement de continuer sur la lancée des précédents matches. Azzurri en 2014 en championnat avant ce déplacement à Fribourg? 3 victoires et 2 nuls. Seuls le SC Guin et le FC Echallens ont fait mieux.

Une première mi-temps bloquée

Il y avait donc de quoi être optimiste, et le match l’a confirmé. Après 45 minutes équilibrées et sans réelle occasion de but, mise à part une frappe d’Arthur Deschenaux au dessus, alors qu’il était arrivé seul face à David Sugar, Azzurri a largement pris le dessus en deuxième période. Les occasions? Une immense d’entrée pour Lyazid Brahimi (47e, frappe dévissée), puis une situation chaude créée par ce même Brahimi pour Nicolas Marazzi (55e), dont la reprise en déséquilibre, très compliquée, aurait pu finir au fond avec un peu plus de réussite. Fribourg était étouffé par la maîtrise collective des Azzurri, qui ont ouvert fort logiquement la marque.

La patte magique de Nicolas Marazzi

Comment? Sur un coup de pied arrêté, magnifiquement frappé par Marazzi pour la tête de Roberto Elefante (65e). Un but splendide, pour qui aime les coups de pied arrêtés parfaitement tirés, tant le service de Marazzi était idéal. On ne le dira jamais assez, mais posséder dans ses rangs un tireur comme l’ancien joueur du LS est un avantage phénoménal, qui doit ramener au moins 15 points dans une saison. Ses frappes fouettées de l’intérieur du pied sont un régal et lui permettent de trouver des angles impossibles. Sur ce coup-franc là, clairement, le gardien n’a eu aucune chance. La balle est arrivée entre les cinq mètres et le point de penalty, trop loin pour intervenir dans les airs, et trop près de lui pour qu’il ait une chance d’intercepter le coup de tête d’Elefante. Du grand art, tout simplement, et rien que pour ces ballons-là, les joueurs d’Azzurri 90 peuvent dire merci à Nicolas Marazzi après chaque match.

La sortie de Roberto Elefante, le tournant

A 0-1, dans le match de l’année, on imaginait les Azzurri défendre ce but d’avance comme si leur vie en dépendait. Ils y ont été encouragés par un président ultra-motivé et motivant, mais la sortie sur blessure de Roberto Elefante a déstabilisé le dispositif lausannois. « Je n’avais pas le choix, il avait des crampes. Il ne pouvait plus », a expliqué Patrick Isabella, qui n’avait pas énormément de solutions. Il a choisi celle qui s’imposait: décaler Charles Traoré dans l’axe, descendre Junior Montano comme latéral gauche, et faire entrer Dereck Isabella sur le couloir offensif gauche. « Il y a un temps d’adaptation, c’est normal, et Fribourg en a profité. Mais cela n’excuse pas le but que l’on prend… Un but bête comme celui-là, il ne dépend pas du dispositif tactique, ni d’un joueur en moins sur le terrain, c’est un coup du sort. »

Une égalisation rageante

Le 1-1 des Fribourgeois? Un corner raté, qui part au premier poteau tout lentement, est dévié par un attaquant, et termine dans les pieds de Mato Cutunic, qui ne peut pas vraiment dire qu’il s’y attendait. La poisse, à dix minutes de la fin. Azzurri, qui voulait vraiment cette victoire, a alors tout tenté, et a même réussi à inscrire ce fameux 1-2, mais Dereck Isabella, dont le coup de tête était parfait, a été signalé hors-jeu (84e). Justifié? Difficile à dire, mais rien de scandaleux en tout cas, et cela s’est joué au centimètre. Azzurri ne pourra pas se plaindre de l’arbitrage, et ne l’a d’ailleurs pas fait, d’autant que le FCF a lui aussi eu un but annulé quelques minutes plus tard, aussi pour hors-jeu et aussi, apparemment, sans aucun scandale.

Les Lausannois ont vraiment pressé jusqu’au bout, David Sugar montant même sur un dernier corner de Marazzi, mais son coup de boule a rencontré… le crâne de Karim Chentouf, complètement sonné sur cette action, plutôt que le ballon (voir dernière photo du diaporama)! Une preuve de l’engagement complet de Sugar sous ses nouvelles couleurs, comme sa colère à la fin de la partie, lui qui ne se contentait pas, avec son tempérament de gagneur, de ce point pris à Saint-Léonard.

Fribourg a eu ce qu’il voulait: un point

Il faudra vivre avec, pourtant, et ne pas ruminer des regrets. Ceux-ci, même légitimes, ne serviraient à rien et Azzurri peut se montrer satisfait de sa prestation, qui a été très aboutie. Sur le plan de la combativité, du jeu, de la maîtrise, les Lausannois étaient là, bien présents, et supérieurs à leur adversaire. Fribourg a eu moins d’occasions, a moins eu le ballon, mais a obtenu ce qu’il voulait: un point. A court terme, c’est bien vu, et à moyen terme sans doute aussi, mais les Azzurri doivent garder espoir: ils sont clairement dans une dynamique positive. Obtenir 15 points en 5 matches est une tâche trop compliquée? Les finales se méritent, c’est tout.

Les hommes du match

Enorme match de Roberto Elefante en défense centrale. Il a inscrit le but de l’espoir pour Azzurri, c’est vrai, mais il n’a pas fait que ça: il a éteint Karim Chentouf. L’Italien ne fait pas beaucoup parler de lui, mais c’est une erreur: il est vraiment une valeur sûre du collectif azzurro. Nicolas Marazzi mérite également une mention dans cette rubrique. Pour ses coups de pied arrêtés, bien sûr, mais aussi pour son implication dans le jeu. Seul bémol, ce coup-franc de la 89e, que l’on aurait bien aimé voir aller sous la latte et qui est passé plusieurs mètres au dessus. Là, vraiment, on attendait mieux. Mais sinon, il a été vraiment très bon, grâce à sa qualité de passe.

Les prochains rendez-vous

Azzurri recevra l’US Terre-Sainte, samedi 3 mai, à 17h, à Chavannes-près-Renens. Le même jour, à la même heure, Bavois accueillera Fribourg et Echallens recevra Yverdon. Belle journée de football en perspective dans le canton de Vaud!

Le plan fixe

FC Fribourg – FC Azzurri 90 LS 1-1 (0-0)
Buts: 65e Elefante 0-1; 78e Cutunic 1-1.

Arbitres: Un trio norvégien, en stage à l’UEFA.
Fribourg: Brenet; Déglise, Bondallaz, Bourquenoud, Bruhlart; Zaugg, Charrière (80e Jelassi), Neuhaus (75e Mason); Ouattara (64e Cutunic), Chentouf, Deschenaux.
Entraîneur: Philippe Perret.

Azzurri: Sugar; Monteiro, Scalisi, Elefante (74e D. Isabella), Traoré; Jimenez, Marazzi, Junior Montano, Galokho; Brahimi, Becirovic (76e Khadrouche).
Entraîneur: Patrick Isabella.

Notes: Saint-Léonard, 320 spectateurs.

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